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Pénurie médicaments Covid-19 : "Les patients risquent de mourir en souffrant"

 
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Santé, bien-être, alimentation, vaccinations, scandales médicaux
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Marine
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PostPosted: Tue 7 Apr 2020 - 21:07    Post subject: Pénurie médicaments Covid-19 : "Les patients risquent de mourir en souffrant" Reply with quote

Dans une tribune parue mardi 7 avril, 113 personnalités et 32 organisations appellent le gouvernement à répondre aux alertes des soignants sur les pénuries de tests, de matériel médical et de médicaments vitaux utilisés en réanimation et soins palliatifs.

La société civile monte au front pour soutenir les soignants, ces héros de la crise Covid-19. Annie Ernaux, Vikash Dhorasoo, Virginie Efira, Bertrand Tavernier, Bertrand Bugalat, Philippe Martinez... 113 personnalités de tous horizons et 32 organisations demandent au gouvernement de prendre des mesures d’urgence pour répondre aux alertes lancées depuis dix jours par des personnels hospitaliers. Après les équipements de protection, les tests, et les respirateurs, manquent à présent des molécules essentielles dans les services de réanimation et de soins palliatifs. L’explosion de la demande liée à la pandémie de Covid-19 raréfie, d’une façon inquiétante, les hypnotiques, sédatifs, et antibiotiques indispensables aux soins des malades atteints du coronavirus et des patients en fin de vie. “Sans ces médicaments, les patients vont mourir en souffrant, d’étouffement par exemple. Toute dignité sera piétinée”, s’inquiètent les 130 personnalités et organisations, dans une tribune parue aujourd’hui, à l’initiative de l’Observatoire de la transparence des politiques du médicament (OTMeds), une ONG qui alerte les pouvoirs publics depuis le 26 mars sur la question. En vain.

Les soignants réclament un vrai plan de guerre
Si les signataires de la tribune concèdent que “ l’ampleur de l’épidémie de Covid-19 a pu prendre les autorités de cours”, ils estiment que “les pénuries actuelles témoignent surtout de problèmes dénoncés de longue date : la privatisation et la délocalisation de la production des biens de santé”, et demandent des mesures d’urgence telles qu’”une programmation des besoins, l’identification de l’origine des matières premières des médicaments et réactifs, la réquisition des lignes de production, la réaffectation des productions non essentielles aux produits vitaux, l’importation en urgence de composants aux producteurs disponibles, une coordination européenne”. En bref, ils s’associent aux soignants pour réclamer un vrai plan de guerre.

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Il faut relancer la production de médicaments sur notre territoire

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“La France importe ses médicaments principalement de Chine et d’Inde. La matière première (les principes actifs) est produite en Chine, puis exportée en Inde ou ailleurs, où ils sont transformés en médicaments”, explique Pauline Londeix, co-fondatrice de l’OTMeds. L’inquiétude est de voir se répéter le scénario de la pénurie des masques produits en Chine, cette fois-ci pour les médicaments. “La Chine a pu relancer sa production, après la vague épidémique, mais l’Inde a fermé ses frontières à l’exportation de nombreux médicaments. Avec la crise du Covid-19, d’autres pays peuvent fermer leurs frontières. Il faut agir dès maintenant pour relancer la production sur notre territoire.” Problème : les ramifications des circuits de production, de fabrication et de distribution du médicament sont extrêmement complexes, à l’échelle mondiale. “Des producteurs de matières premières ou de médicaments génériques ont-il été contactés? Avez-vous commandé des matières premières en Chine? Avez-vous recensé les moyens au niveau national pour voir quelle ligne de production de médicament pourrait être réquisitionnée?” Autant de questions de l’OTMeds, adressées par courrier à Edouard Philippe, Olivier Véran, et l’Elysée, le 26 mars, qui sont restées sans réponse.

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Les stocks sont si réduits que nous n'avons plus accès à certains médicaments

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Sur le terrain, les personnels hospitaliers respectent de nouvelles recommandations liées à l’usage rationalisé des médicaments. Les anesthésistes doivent limiter au mieux les doses et évaluer la sédation des patients au plus près. “C’est un peu limite et cela demande encore plus de vigilance”, commente Sophie Crozier, neurologue et responsable des urgences cérébraux-vasculaires à la Pitié-Salpêtrière (Paris). Sur certaines molécules, les stocks sont si réduits qu’elles sont exclusivement réservées à la réanimation, ce qui impacte l’ensemble des services standards. “Depuis vendredi dernier, nous ne pouvons plus utiliser le midazolam. Ce puissant sédatif est utilisé de façon constante en réanimation, pour endormir les patients. Mais nous l’utilisons aussi pour soulager certains symptômes chez des patients anxieux ou en fin de vie, ou encore pour faire entrer le patient en sédation profonde, notamment quand il y a une asphyxie. C’est problématique car nous sommes amenés à prendre en charge des patients en fin de vie dans tous nos services, dont les patients Covid, qui ont des symptômes respiratoires.”

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Nous prenons le risque de surdoser ou de sous-doser le patient

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Même retour du Dr Anne Gervais, gastro-entérologue et hépatologue à l’hôpital Bichat (Paris) et Louis-Mourier (Colombes). “Pour un patient atteint d’un cancer du pancréas en phase terminale, on n’a déjà plus droit au midazolam depuis huit jours, à Louis-Mourier. Associé à la morphine, le midazolam permet d’apaiser, d’enlever l’impression de suffoquer. On arrive toujours à gérer en remplaçant par du Valium ou par une autre benzodiazépine, mais c’est moins bien pour les patients. C’est aussi plus stressant pour les soignants, qui se retrouvent contraints d’administrer le produit sans pousse-seringue, un matériel en pénurie réservé à la “réa”. On prend ainsi le risque de surdoser ou de sous-doser le patient.” Le médecin rapporte aussi que les dérivés morphiniques sont très en tension, dans les services de réanimation. “A Louis-Mourier, la “réa” n’avait plus de Fentanyl, la semaine dernière. On a dû le leur réserver et on s’est retrouvé sans morphine injectable.”

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Ne pas avoir de matériel de protection est aussi scandaleux que de manquer de médicaments

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Ces deux praticiennes, du collectif inter-hôpitaux, créé le 10 octobre dernier pour “sauver l’hôpital”, sont très inquiètes. Si le flux d’hospitalisations augmente un peu moins, le nombre de patients admis en réanimation augmente chaque jour. Hier, le ministre de la Santé en recensait 7072. Et les stocks de médicaments fondent. “La consommation médicamenteuse de ces patients est monstrueuse”, explique le Dr Crozier. Elle a été multipliée par 20, comme l’a indiqué le ministre Olivier Véran. Cela s’explique par le fait que la grande majorité d’entre eux restent entre deux et trois semaines en réanimation. “Je ne suis pas d’une nature anxieuse, mais là les signaux ne sont pas bons sur les possibilités de répondre à la demande. Tout est peut-être sous contrôle, mais on n’a pas du tout ce sentiment”, confie-t-elle. “Ne pas avoir de matériel de protection est aussi scandaleux que de manquer de médicaments. Récemment, une de mes collègues est tombée malade et a contaminé toute sa famille. Vous imaginez sa culpabilité? Elle a dû en plus revenir travailler au bout de sept jours”, proteste le médecin.

“Notre énorme surprise, c’est l’impréparation ! Dès le moment où il a été prévu de doubler le nombre de lits en “réa”, on savait que la consommation allait bondir chez des patients qui ont tous besoin de la même prise en charge médicamenteuse”, réagit le Dr Anne Gervais. “J’étais dans une colère noire, la semaine dernière. On s’est enfin décidé à fournir un anesthésique vétérinaire au service de réanimation. C’est un petit pas, mais c’est mieux que rien.”

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Partout en France, nos collègues font part du manque de matériel et de médicaments

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Le 30 mars, les collectifs inter-hôpitaux et Inter-Urgences, la CNI (Coordination nationale infirmière), Act Up-Paris, Adelico, et l’OTMeds ont saisi le Conseil d’Etat pour demander “au nom du droit à la dignité humaine, des réquisitions nécessaires face à la pénurie de matériel et de médicaments”. “Des mesures d’urgence doivent être prises si on ne veut pas courir à la catastrophe”, s’alarme le Dr Crozier. “L’Agence nationale du médicament (ANSM) n’est pas très rassurante sur le stock global en France. Nous n’arrivons pas à avoir une idée au niveau national, cela reste opaque. Dans notre collectif, nous sommes plus de 20 000, et nous avons des remontées d’infos de la France entière. Partout, on parle du manque de matériel de protection et de médicaments!” Mais le 1er avril, le Conseil d’Etat a rejeté la requête des associations de soignants. “En gros, notre procédure a été jugée recevable, mais on considère qu’il n’y a pas de manque! Cela devient compliqué de prouver qu’il y a pénurie puisque nous nous adaptons, nous faisons tout pour gérer et pallier le manque”, observe le médecin.

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Dès que nous aurons le sentiment que c'est nécessaire, il sera procédé à des réquisitions

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Si les pouvoirs publics estiment qu’il n’y a pas de pénurie “à proprement parler”, ils concèdent qu’il existe des tensions très fortes sur les produits utilisés en réanimation, compte tenu de la flambée de la demande mondiale. Lors d’un point presse, le 28 mars, Edouard Philippe et Olivier Véran ont assuré qu’elles seraient réglées en assurant “la circulation et la coordination de ces produits sur le territoire et en encourageant notamment l’augmentation de la production nationale”. Quid des réquisitions de stocks et des lignes de production en France? “Dès que nous aurons le sentiment que la réquisition est nécessaire, il sera procédé à des réquisitions”, a répondu le Premier ministre. “Nous avons de quoi tenir durablement (...) mais nous savons que nous devons faire attention”, déclarait-il encore, le 1er avril, devant les députés à l’Assemblée nationale.

“On se dit toujours qu’on va trouver des solutions, mais si l’épidémie dure et qu’il y a rupture sur d'autres médicaments, ça risque de devenir très compliqué”, craint de son côté le Pr Rémi Salomon, néphrologue pédiatrique à l’hôpital Necker et représentant de la communauté médicale de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Le spécialiste monte au créneau depuis quinze jours pour alerter tous azimuts sur le risque imminent de pénurie de médicaments. Le Pr Salomon ne doute pas que l’industrie pharmaceutique est mobilisée et que tous les acteurs sont conscients que la situation est très tendue, mais il regrette le manque de transparence du gouvernement sur le médicament.

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Il est impératif que l'Europe joue sa part dans la guerre commerciale mondiale qui arrive

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S’il est en contact permanent avec le ministère de la Santé, le courrier qu’il a adressé le 31 mars, avec Martin Hirsch, directeur de l’AP-HP de Paris, dans le cadre de l’Alliance des hôpitaux universitaires européens, n’a pas reçu de “réponse formelle” du gouvernement. “Il faut une coopération des Etats et de l’industrie pharmaceutique pour concentrer les efforts face à cette crise qui va durer encore des mois, voire plus. Il faut absolument relocaliser de la production en Europe. Il est impératif que l’Europe joue sa part dans la guerre commerciale mondiale qui va se livrer dans les prochains mois, tant pour les équipements que pour les médicaments et les tests. C’est une priorité pour les citoyens!”

Lire aussi.Pénurie de masques et Covid-19 : la fin du déni

“En ville comme à l’hôpital, nous avons besoin d’un plan de guerre avec un ministère de l’approvisionnement et du ravitaillement ”, estime le Dr Anne Gervais. “Nous ne supportons pas l’idée qu’un jour, nous ne puissions plus soulager les patients en fin de vie. C’est de la responsabilité du gouvernement d’anticiper”, renchérit le Dr Sophie Crozier.

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/pénurie-médicaments-covid-19-les…


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PostPosted: Tue 7 Apr 2020 - 21:07    Post subject: Publicité

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