OnNousCacheTout  " LE FORUM " Forum Index

OnNousCacheTout " LE FORUM "
Faits de société, politique, pouvoir, conspirations, mensonges et vérités...

 FAQFAQ   SearchSearch   MemberlistMemberlist   UsergroupsUsergroups   RegisterRegister 
 ProfileProfile   Log in to check your private messagesLog in to check your private messages   Log inLog in 

"Nous", le roman qui a inspiré Huxley, Orwell et Terry Gilliam Dans son roman Nous, Evgueni Zamiatine dresse un portrait angoissant de la societe du XXVIe siecle.

 
Post new topic   Reply to topic    OnNousCacheTout " LE FORUM " Forum Index ->
Les forums
-> Livres, revues et citations
Previous topic :: Next topic  
Author Message
Marine
Administrateur

Offline

Joined: 11 Mar 2014
Posts: 6,542
Féminin Cancer (21juin-23juil) 蛇 Serpent
Point(s): 471
10: 4.03

PostPosted: Sun 29 Mar 2020 - 13:02    Post subject: "Nous", le roman qui a inspiré Huxley, Orwell et Terry Gilliam Dans son roman Nous, Evgueni Zamiatine dresse un portrait angoissant de la societe du XXVIe siecle. Reply with quote

Son nom ne vous dit sans doute rien, mais Evgueni Zamiatine a écrit en 1920 un ouvrage d'anticipation (réédité aujourd'hui) sidérant d'acuité.


consiste à décrire froidement le monde dans lequel « nous » nous apprêtons à vivre.

Un univers futuriste, à l'époque où Zamiatine écrit son roman, mais qui ressemble aujourd'hui à une allégorie de notre époque.

Tout le monde (ou presque) a oublié son nom. L'écrivain russe Evgueni Ivanovitch Zamiatine est pourtant un auteur majeur. Né le 1er février 1884 à Lebedian, une petite ville à 300 kilomètres au sud de Moscou, d'un père pope orthodoxe et d'une mère musicienne, cet architecte naval n'a que peu publié. Son œuvre compte moins d'une vingtaine de romans, recueils de nouvelles et pièces de théâtre. Si le nom de Zamiatine est passé à la postérité, c'est comme scénariste de Jean Renoir. Il a, de fait, signé l'adaptation des Bas-Fonds de Maxime Gorki, un an avant de mourir à Paris, à l'âge de 53 ans, le 10 mars 1937.

Son roman le plus remarquable, écrit en 1920, est aujourd'hui republié aux éditions Actes Sud dans une nouvelle traduction d'Hélène Henry. Et il faut absolument le lire ! Son titre, « Nous » (« Мы » en russe), résume son propos. Il consiste à décrire froidement le monde dans lequel « nous » nous apprêtons à vivre. Un univers futuriste, à l'époque où Zamiatine écrit son roman, mais qui ressemble aujourd'hui à une allégorie de notre époque.

Qu'on en juge… Nous sommes au XXVIe siècle et la Terre sort de deux cents ans de guerre où se sont affrontés deux mondes : celui de la campagne et celui de la ville. Le héros, D-503 (les hommes ont perdu depuis longtemps leur identité au profit d'un matricule), est ingénieur. Il travaille sur le chantier de construction d'un vaisseau spatial surnommé l'Intégral. Cet engin est destiné à entrer en contact avec des civilisations extraterrestres dans le but de coloniser leurs planètes et de les convertir au « bonheur » terrestre. Mais il fait aussi figure de bateau de sauvetage pour l'humanité tant notre monde ressemble à un enfer.

Journal intime
Régie par un « État unitaire » despotique qui ne tolère chez ses sujets aucun secret, la plus grande partie du globe est recouverte par une immense cité, composée de grandes tours de verre transparent où tout un chacun vit au vu et au su de tout le monde. (Snowden, es-tu là ?). Les seuls moments d'intimité tolérés consistent en ces brefs instants où les habitants ont pour mission de procréer afin d'assurer la perpétuation de l'espèce humaine. Et encore… pour être autorisé à tirer le rideau, encore faut-il avoir obtenu un sésame : en l'espèce un ticket rose, parcimonieusement distribué aux sujets les plus obéissants. La rencontre de D-503 avec une jolie femme, I-330, va bouleverser son existence en lui faisant découvrir qu'une autre vie est possible où il est loisible d'avoir des secrets. Et, encore mieux, de jouir de liberté, même si cela rime avec imprévisibilité et précarité.

I-330, « résistante » au système (elle boit, fume et fait l'amour à qui lui plaît), parviendra-t-elle à le faire s'évader de cet État totalitaire pour rejoindre la dernière parcelle de nature qui se dissimule derrière un grand mur vert ? Les deux amoureux échapperont-ils à la sinistre police du « Bienfaiteur », comme s'est autoproclamé le tyran qui règne sur l'État ? Composé comme un journal intime, découpé en quarante chapitres, où D-503 expose tour à tour son quotidien, ses fantasmes et ses états d'âme, Nous gardera jusqu'au bout les réponses à ces questions.

Algorithmes

On l'aura compris : ce roman est une dystopie, comme on nomme les contre-utopies cauchemardesques en science-fiction. On ne s'étonnera pas qu'Aldous Huxley ait puisé dans l'univers dysfonctionnel de Zamiatine l'inspiration du Meilleur des mondes, tout comme George Orwell celle de 1984. Ce roman a également beaucoup influencé Kurt Vonnegut pour son Pianiste déchaîné et Terry Gilliam : plusieurs scènes de Brazil semblent tout droit tirées de ce livre. Interdit de publication par Moscou qui y voyait, à juste titre, une dénonciation du régime bolchevique, Nous, paru initialement en 1924 en Grande-Bretagne où Zamiatine avait vécu quelques mois sur le chantier de construction de navires-brise-glace (dont l'Intégral semble la transposition SF), avait été traduit en français en 1929 sous le titre de Nous autres (Gallimard). Il n'est sorti en URSS qu'en 1988.

Critique acerbe de la société pré-stalinienne, cet ouvrage ne saurait cependant être réduit à son anticommunisme, car, même s'il était un adversaire de Trotski, Zamiatine n'en avait pas moins été un compagnon de route des révolutionnaires léninistes. S'il résonne encore aujourd'hui, c'est surtout parce que ce roman singulier décrit une modernité broyant les individus sous le poids de la technologie et de la science. À commencer par ces algorithmes prédictifs, censés apporter le bonheur aux hommes en gommant toutes les aspérités que nous appelons le hasard. Cela ne vous rappelle rien ?

https://www.lepoint.fr/pop-culture/livres/nous-le-roman-qui-a-inspire-huxle…


Back to top
Visit poster’s website
Publicité






PostPosted: Sun 29 Mar 2020 - 13:02    Post subject: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Back to top
Marine
Administrateur

Offline

Joined: 11 Mar 2014
Posts: 6,542
Féminin Cancer (21juin-23juil) 蛇 Serpent
Point(s): 471
10: 4.03

PostPosted: Sun 29 Mar 2020 - 13:03    Post subject: "Nous", le roman qui a inspiré Huxley, Orwell et Terry Gilliam Dans son roman Nous, Evgueni Zamiatine dresse un portrait angoissant de la societe du XXVIe siecle. Reply with quote

Nous autres, roman écrit en 1920 par le Russe Eugène Zamiatine, est le prototype de l'anti-utopie : il nous décrit une société qui, sous prétexte de promouvoir le bonheur des gens, fonctionne en rigoureux système oppressif. L'anti-utopie est un genre littéraire qui (qu'il se soit réclamé ou non de la science-fiction, et ait été par elle récupéré ou non) a fleuri pendant toute la première moitié de notre siècle, succédant à de longs siècles d'utopies tout court... Il y a à cela deux raisons : d'une part le fait que le XXe siècle a vu se développer particulièrement les régimes totalitaires « objectifs » (le fascisme) et les régimes appelés totalitaires par leurs adversaires — c'est-à-dire les diverses formes de communisme ; d'autre part, le fait que certains penseurs ont commencé à se rendre compte que les lumières de la science pouvaient bien éclairer des horizons, pas toujours glorieux, et des lendemains qui ne chanteraient pas.
Aujourd'hui, l'anti-utopie s'est délayée dans des sous-genres annexés par la SF, comme la politique-fiction (ou la fiction spéculative) et certaines tendances sociologiques du space-opera classique. Je pense qu'il faut cependant s'attendre à la voir renaître dans les mois et les années qui viennent, sous une forme très particulière, et qui sera centrée sur la description de la Terre en proie à la pollution. (Barjavel, que j'ai rencontré en mai dernier, m'a dit être en train de travailler à un roman sur ce sujet.) Voie toute tracée pour une imagination à peine prospective, puisqu'il apparaît bien que, si notre civilisation tout entière (et par-delà les systèmes politiques existants) ne fait pas marche arrière rapidement, la dégradation de notre biosphère sera devenue irréversible avant vingt ans ; dans vingt ans, ou trente, ou quarante, nous crèverons tous, (ou nous nous adapterons, ce qui serait pire) : voilà un terrain propice à ce qui sera, pour un court temps, le roman d'imagination, avant de passer rapidement au simple reportage journalistique...
L'univers de Zamiatine, son « Etat Unique », relève naturellement d'une tout autre préoccupation. L'écrivain a tracé le tableau d'un monde (qu'il sentait probablement se profiler dans la société soviétique de l'époque), où la population de la Terre, unifiée sous la férule du Grand Bienfaiteur (entouré de ses flics-Gardiens), coule des jours mornes et « heureux » dans des cités de verre entourées par une forêt planétaire où nul ne se hasarde plus. Tout est planifié dans cette société parfaite, tout est réglé par la Table des Heures : le sommeil, le travail, les repas, sans oublier les deux « Heures Personnelles » quotidiennes, où les « numéros » (c'est-à-dire les gens — mais on ne dit plus « les gens »....) peuvent se livrer à des occupations libres : lire, écrire, se promener ou faire l'amour — bien que ce soit là encore une activité réglée par des carnets à souches roses (« N'importe quel numéro a le droit d'utiliser n'importe quel autre numéro à des fins sexuelles » : p. 34). Les numéros habitent des villes construites entièrement en verre, afin que chacun puisse surveiller autrui (des rideaux peuvent tout de même être tirés autour des cellules pendant l'heure sexuelle), et au-dessus des rues transparentes, où mugissent à toute heure les hymnes à l'Etat Unique retransmis par haut-parleurs, un ciel perpétuellement bleu étale son plafond nettoyé de toute souillure inorganisée...
Dans ce décor atrocement réglé, se place la confession de D 503, un mathématicien qui est le constructeur. de l'Intégral, un vaisseau cosmique qui va être lancé à la découverte de planètes nouvelles :
« Il nous appartient de soumettre au joug bienfaisant de la raison tous les êtres inconnus, habitants d'autres planètes, qui se trouvent peut-être encore à l'état sauvage de la liberté. S'ils ne comprennent pas que nous leur apportons le bonheur mathématique et exact, notre devoir est de les forcer à être heureux » (p. 15).
Confession, parce que D 503 livre ses pensées indiscrètes et confuses à des carnets qui doivent être emportés par l'Intégral, comme témoignage de l'intelligence humaine, poème à la gloire de l'Etat Unique, symphonie mathématique à destination d'hypothétiques créatures de l'espace. Mais confession aussi et surtout parce que, dans les rouages bien huilés du cerveau de D 503, des pensées grinçantes viennent se glisser, qui peu à peu l'amènent à douter de la cohésion de son univers. Nous autres, on l'aura deviné, c'est l'histoire d'une prise de conscience, d'une révolte et d'un renoncement. Et c'est naturellement une femme, I 330, qui, par son amour, dessillera les yeux du mathématicien, lequel sera un temps décidé à saborder l'Intégral et à rejoindre les rangs des sous-humains libres et velus qui vivent à l'extérieur des villes, au-delà du « Mur Vert ».
(« Ils partirent nus pour la forêt et s'y couvrirent de poils au contact des arbres, des animaux, du soleil. Ils se couvrirent de poils sous lesquels courait un sang chaud et rouge. Votre sort fut pire : vous vous êtes couverts de chiffres, qui rampent sur vous comme des poux. Il faut vous en débarrasser, et vous chasser nus vers la forêt » : (P — 168.)
Mais le mouvement de révolte de D 503 est de courte durée ; ce n'était qu'un petit incident de parcours dans une destinée préétablie. Comme les autres numéros, il subira l'Opération. qui doit lui extirper du cerveau cette ancestrale et funeste tare qu'est l'imagination. Et tandis que les révoltés, parmi lesquels I 330, sont envoyés à la désintégration dans la Machine du Bienfaiteur, D 503, lavé de ses doutes, ayant rejoint le troupeau des numéros dociles, termine ainsi ses carnets : « ...je suis sûr que nous vaincrons, car la raison doit vaincre ».
Cette fin secrètement ironique, et sèche comme un coup de sabre, on ne pouvait l'imaginer autre. Le livre de Zamiatine est un ouvrage foncièrement pessimiste, et même plus que cela : foncièrement désespéré. Il est difficile à son sujet de parier de message ; c'est plutôt un poème, un poème noir et en même temps fulgurant, qu'on reçoit comme on recevrait un météore opaque, à la dureté minérale.
Le malheur est que ce météore nous parvient trop tard, et que la force de son impact en est naturellement diminuée. On a déjà tant vu, tant lu !... (il serait cependant très intéressant de connaître les réactions d'un lecteur qui aurait pris connaissance de l'ouvrage en 1929, date de sa première édition en français.) Lu aujourd'hui, le livre semble avoir mal vieilli. La responsabilité principale revient à l'écriture, pleine d'images, de métaphores boursouflées. qui à la longue produisent un effet lassant, bien éloigné de la « poésie » que l'écrivain a certainement voulu coudre dans la trame de sa prose. Il faut aussi reconnaître que la traduction du russe est un exercice périlleux, et que peut-être M. B. Cauvert-Duhamel est un peu trop littéral, et eût dû alléger certaines tournures de phrases ; mais ce n'est qu'une supposition : je suis là en pleine terra incognita !
L'autre raison tient bien sûr au fait que nous connaissons d'autres anti-utopies qui, bien que parfois très postérieures à celle de Zamiatine, nous sont parvenues bien avant. Je pense naturellement au Meilleur des mondes (écrit en 1927) et surtout à 1984 (écrit en 1949). Ces deux romans, du simple point de vue de la construction, sont infiniment plus complexes, et donc plus prenants. plus vraisemblables, que celui de Zamiatine, dont le moins qu'on puisse dire est qu'il pêche par simplisme et naïveté. Il n'en est pas moins probable que, si Nous autres n'avait pas vu le jour, ni Huxley ni Orwell n'auraient peut-être eu l'idée d'écrire leurs oeuvres. Une telle supposition est sans doute gratuite, mais l'auteur du Meilleur des mondes n'a jamais cité ses admirations, Orwell, quant à lui, a en son temps justement rendu hommage à l'écrivain soviétique, dont le roman, quel que soit le degré d'empoussiérage perceptible à un oeil de 1971, mérite amplement d'être lu.
Il est peut-être bon, pour terminer, de préciser quelle fut la vie de Zamiatine et, corollairement, d'essayer de répondre à cette question : pourquoi cet écrivain, bolchevik convaincu pendant sa jeunesse (il naquit en 1884) qui rompit avec le parti en 1917, écrivit-il un tel roman trois ans après le succès de la Révolution soviétique ? En vérité, la vie de Zamiatine ne peut guère apporter de réponse, ou alors il faudrait en savoir plus que ce que nous en rapporte Jorge Semprun dans sa préface. Persécuté par la bureaucratie, empêché de publier dans son propre pays (où Nous Autres, aujourd'hui. reste inédit), il parvient à obtenir de Staline la permission de quitter l'URSS ; il s'établit à Paris en 1931 et y meurt en 1937, après avoir notamment adapté Les bas-fonds de Gorki pour Renoir, qui en fit un de ses chefs-d'oeuvre.
En fait, Jorge Semprun voit en Zamiatine l'exemple-type de l'écrivain empêché de s'exprimer par les tracasseries d'un régime socialiste autoritaire, dirigiste, centralisateur (comme aujourd'hui Soljenitsyne). Et pourtant, note Semprun, Marx avait bien écrit : « L'écrivain ne considère pas ses travaux comme un moyen. ils sont des buts en soi, ils sont si peu un moyen pour lui-même et pour les autres qu'il sacrifie au besoin son existence à leur existence ».
Et Semprun en profite pour faire le procès des bureaucrates, que « l'infini de la Révolution effraye », et qu'un homme comme Zamiatine vient de temps à autre réveiller en sursaut. Si cela n'est pas faux, la question des motivations du livre reste posée. Aurait-il été écrit au cours des années 30 qu'en toute bonne conscience nous pourrions effectivement dresser à Zamiatine un autel à la mémoire de cette victime de la bureaucratie stalinienne... Mais il a été écrit en 1920, en pleine guerre révolutionnaire, et alors que la société soviétique n'avait pas encore subi les indices de la sclérose progressive qui allait s'instaurer après la mort de Lénine et l'expulsion de Trotsky. Zamiatine serait-il alors un contre-révolutionnaire, un Blanc, un « bourgeois » ? Il ne faut pas conclure si vite. La bourgeoisie capitaliste comme le socialisme à la soviétique (mais ce dernier contraint et forcé par les circonstances historiques et économiques), se rejoignent dans la célébration du travail comme vertu capitale... Or, ne lit-on pas, sous la plume de Zamiatine, cette parabole édifiante :
« Trois numéros, en matière d'expérience, se virent privés de travail pendant un mois ; ils pouvaient aller où ils voulaient, faire ce qu'ils voulaient. Les malheureux errèrent autour de leur lieu de travail, qu'ils contemplaient avec des yeux affamés. Ils firent dans le vide, pendant des heures entières, les mouvements qui, à certaines heures étaient devenus un besoin pour leur organisme : ils scièrent et rabotèrent, ils frappèrent sur des clous invisibles avec des marteaux également invisibles. Enfin, le deuxième jour, n'y tenant plus ils se prirent par la main et, aux sons de 1a Marche, entrèrent dans le fleuve jusqu'à ce que l'eau mit fin à leurs tortures... » (P. 198.)

Cette discrète ironie (on pourrait croire qu'elle a influencé Chaplin pour ses Temps modernes) laisse supposer que l'écrivain, loin d'avoir survolé en esthète les problèmes de la vie dans une société révolutionnaire, en avait au contraire prévu (et avec un talent de visionnaire qui donne à ses écrits un brûlant aspect contemporain) les dangers les moins évidents. D'ailleurs, les références faites au « Grand Taylor » 1 sont là pour nous éclairer : dans cet Etat Unique d'essence communiste, c'est bien à un économiste capitaliste qu'on se réfère (donc à une méthode capitaliste d'exploitation des travailleurs) — et cela préfigure l'évolution actuelle de l'URSS, soeur jumelle des USA !
Aussi ne sera-t-il pas difficile de déceler finalement, en la personne d'Eugène Zamiatine, un écrivain fortement influencé par les idéaux anarchistes, et que le règne montant de l'Ordre et de la Raison effrayait si fort, et sans doute à juste titre. On comprend alors pourquoi il fut persécuté. Dans ses oeuvres, Staline (que je m'excuse de citer de mémoire, car il n'a jamais fait partie de mon chevet) écrit à peu près ceci : « Le pire ennemi du communisme, ce n'est pas le capitalisme, c'est l'anarchisme ; car, alors que le communisme se préoccupe des masses, l'anarchisme se préoccupe uniquement de l'individu... »
Méprisable « individu », Zamiatine a donc laissé fuser en 1920, sous forme de roman, un cri prophétique. Mais, dès 1866, Bakounine écrivait : « L'Etat despotique » (mis en place par le communisme d'Etat, donnerait naissance à) « une classe exploitante et privilégiée : la bureaucratie ». On a toujours un prophète derrière soi.
Et à quoi servent les prophètes ?
https://www.noosfere.org/icarus/livres/niourf.asp?numlivre=2146594738


Back to top
Visit poster’s website
Display posts from previous:   
Post new topic   Reply to topic    OnNousCacheTout " LE FORUM " Forum Index ->
Les forums
-> Livres, revues et citations
All times are GMT + 2 Hours
Page 1 of 1

 
Jump to:  

Portal | Index | Create a forum | Free support forum | Free forums directory | Report a violation | Cookies | Charte | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group