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Le CNRS n’a pas à propager d’idées reçues sur Darwin

 
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Marine
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PostPosted: Sat 11 Jan 2020 - 23:21    Post subject: Le CNRS n’a pas à propager d’idées reçues sur Darwin Reply with quote

La politique prônée par le PDG du CNRS est connue. Elle est déjà appliquée dans plusieurs pays, où elle produit une science-spectacle et engendre beaucoup de fraudes scientifiques. Une politique de manipulation institutionnelle des chercheurs. Elle ne peut que détourner de la carrière scientifique les esprits libres. Il a le droit de la défendre en son nom, mais pas au nom de Darwin. 
  

 
  
 
  
Le PDG du centre de recherches, Antoine Petit, appelle à une loi «inégalitaire» et «darwinienne» pour la recherche. Le naturaliste est pourtant le pire exemple que l’on puisse trouver pour illustrer une politique fondée sur une compétition féroce. 



 
 Le CNRS n’a pas à propager d’idées reçues sur DarwinTribune. Dans son Dictionnaire des idées reçues, Gustave Flaubert rappelle ce commentaire convenu sur Darwin : «Celui qui dit que nous descendons du singe». Des années après, le succès définitif de la théorie de l’évolution et l’hommage exceptionnel rendu à Darwin lors de son enterrement en 1882 auraient pu inspirer cet autre commentaire : «Celui dans lequel la bourgeoisie industrielle projette sa foi dans le progrès par la compétition».
Le président-directeur général du CNRS, Antoine Petit, a réutilisé le vieux poncif d’un darwinisme illustrant la compétition bec et ongles en déclarant aspirer pour la recherche à une loi «ambitieuse», «inégalitaire» et «darwinienne». Je ne discute pas ici ses options sur la gestion de la recherche, mais l’usage de métaphores de capitaine d’industrie chez un responsable censé défendre la science. Certes, il reprend des images qu’il n’a pas lui-même inventées. Mais le dirigeant du premier organisme de recherche français ne saurait entretenir la confusion en galvaudant une grande théorie scientifique. Sans doute pense-t-il que le darwinisme est une vieillerie du XIXe siècle. Ce faisant, il dénigre toute une communauté scientifique, celle des chercheurs engagés dans la lutte pour la sauvegarde de la biodiversité. L’adaptation des espèces par la sélection naturelle est un facteur majeur de la résilience des écosystèmes face au changement global. La théorie darwinienne est pour eux le plus actuel des cadres de travail, comme pour d’autres la théorie de la relativité ou la tectonique des plaques.

Tentatives de récupération idéologiques
Plus proche de nous que Darwin, il écorne la mémoire de Georges Teissier, directeur de ce même CNRS de 1946 à 1950, pionnier de la génétique en France et de la synthèse évolutive dans le monde (la forme contemporaine de la biologie évolutive). Il affronta sa vie durant les préjugés contre la théorie darwinienne : c’est lui qui la réhabilita en France.
Des décennies après lui, la recherche française en écologie est devenue un leader mondial dans son domaine. Une université française est première au classement international de Shanghai en écologie, et quatre autres se placent dans les 35 premières de la planète. C’est au moins pour elles un gage de visibilité internationale. Cette communauté s’est sentie trahie par les paroles du responsable français.
Certes, le darwinisme avait été soumis aux tentatives de récupération des idéologues de son siècle. Spencer et Marx l’ont courtisé. Après qu’il a été utilisé comme métaphore du progrès libéral, la gauche a agité l’épouvantail du darwinisme social, l’emprisonnant encore dans une polémique étrangère à la science. Jamais Darwin n’avait soutenu les interprétations sociales de sa théorie. Il avait toujours enseigné que l’évolution était un phénomène excessivement lent (le «gradualisme») aux antipodes de la frénésie capitaliste.
Une science-spectacle
Le paradoxe est que Darwin était le pire exemple que l’on pouvait trouver pour illustrer une politique de recherche basée sur une compétition féroce. Rappelons les grandes lignes de sa vie. Il termine ses études à 22 ans. Il ne fera pas de carrière universitaire et n’enseignera jamais. Il aime les excursions naturalistes dans la campagne anglaise, ne rêve que de Humboldt, et accepte d’être pendant cinq ans le naturaliste de bord d’un navire géographique faisant le tour du monde, ramassant et expédiant des spécimens pour les savants londoniens. A son retour, la parution de son journal, un chef-d’œuvre de la littérature d’exploration, vaut à ce jeune homme une renommée qui lui ouvrira tous les cercles. Il s’installe à la campagne pour soigner une maladie tropicale très invalidante, et pour conduire ses réflexions, s’adonnant à l’étude de la nature dans son jardin, à des expériences sous sa véranda, et à une abondante correspondance avec des savants du monde entier.
Pendant vingt ans, il sera surtout connu comme géologue, avec des moments lumineux et des ratés. Il participe à la naissance de la géologie moderne, selon laquelle le temps œuvre lentement, selon des lois générales invariables. Il peaufine certes des théories ambitieuses en biologie, mais, prudent, n’en publie rien avant de les avoir soumises à une critique silencieuse pendant deux décennies. Parvenu à 50 ans, il en fera dix gros livres. Il a alors accumulé un énorme manuscrit sur la transformation des espèces qu’il publie en plusieurs ouvrages, de ses 50 à 63 ans. Son livre majeur, l’Origine des espèces, n’en est qu’un premier abrégé. Il publie simultanément des livres sur la reproduction et les mouvements des plantes, étalés sur quatorze ans. Quelques mois avant de mourir, à 73 ans, il publie son travail le plus long, celui sur le rôle des vers de terre dans la transformation des sols. Une préfiguration de l’écologie moderne.
Avec ses projets dispersés qu’on ne voit pas aboutir, le jeune Darwin n’aurait guère plu au CNRS, et surtout pas tel que le voit Antoine Petit. Ambition intellectuelle. Refus du spectaculaire. Réflexion patiente à l’écart de l’acharnement compétitif. Certes, nous ne sommes plus à l’âge des rentiers et il n’y a plus de place au XXIe siècle pour un gentleman-scientist. Mais c’est de l’éthique de Darwin qu’il est question, et non du confort dont il jouissait, et sa conception de la recherche est aux antipodes de celle qui nous est proposée aujourd’hui.


https://www.liberation.fr/debats/2020/01/08/le-cnrs-n-a-pas-a-propager-d-id… 


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PostPosted: Sat 11 Jan 2020 - 23:21    Post subject: Publicité

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