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L'invention des dieux

 
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Marine
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PostPosted: Thu 12 Dec 2019 - 13:19    Post subject: L'invention des dieux Reply with quote

L'invention des dieux 
 
Pascal Boyer, Robert Laffont, 2001, 360 p., 21,20 €.


 Pascal Boyer, anthropologue, directeur de recherche au CNRS, professeur à la Washington University (Saint-Louis, État-Unis) 
 
JEAN-FRANÇOIS DORTIER 
 
 








Ce ne sont pas les dieux qui ont inventé l'homme, mais l'inverse. Si on admet ce postulat, reste à savoir pourquoi et comment les humains en sont venus à croire en ces êtres surnaturels qui peuplent l'histoire des religions. 
 
 
 
 
 
 
Niels Bohr (1883-1962), prix Nobel de physique (1922) et un des fondateurs de la théorie quantique, avait accroché, dit-on, un fer à cheval au-dessus de sa porte. A un ami qui lui demandait un jour « comment, tu ne va pas me dire que tu es superstitieux ? », N. Bohr répondit : « Non, mais il paraît que ça porte bonheur même à ceux qui n'y croient pas ! »  Razz Mettre un fer à cheval sur sa porte, éviter d'être treize à table... La superstition fait partie de ces croyances que l'on peut juger absurdes, mais auxquelles on se plie volontiers. Au cas où... La plupart des croyances religieuses relèvent, tout comme la superstition ou la sorcellerie, de conceptions « bizarres » au regard des lois du monde ordinaire : il existerait des êtres surnaturels (dieux, anges, démons, esprits animaux, âmes des ancêtres) qui rôderaient quelque part dans un « au-delà » ; et ces esprits pourraient agir sur notre vie, en provoquant des malheurs (sécheresse, maladie, guerre...) ou, au contraire, en nous protégeant des mêmes maux. Pour cela, il faut pratiquer des rituels particuliers (prières, formules incantatoires, cérémonies, sacrifices). Voilà le fond commun de toutes les religions, instituées ou non en Eglises. Dans son livre Et l'homme créa les dieux, Pascal Boyer prétend apporter une réponse globale à la question « pourquoi les religions ? » : « L'explication des croyances et des comportements religieux est à rechercher dans la façon dont fonctionne l'esprit des hommes. »

Selon l'auteur, la récurrence des croyances religieuses est liée à une configuration de l'esprit humain, qui serait prédisposé à adopter certains types de croyances.


Les religions seraient une « bonne histoire ». Elles se transmettraient facilement au sein des groupes humains parce qu'elles seraient en correspondance avec l'organisation de notre cerveau. La thèse de P. Boyer s'appuie sur les acquis de la psychologie évolutionniste, courant de pensée développé surtout aux Etats-Unis, pour lequel une grande partie de nos capacités mentales sont héritées de notre passé évolutif. Ce cerveau n'est pas une cire molle qui acquiert des connaissances au fil de l'expérience, mais une « machine à penser » configurée par des centaines de milliers d'années d'évolution pour résoudre des problèmes adaptatifs précis : le cerveau de l'homme préhistorique, vivant dans la nature au contact de prédateurs, a dû vite apprendre à reconnaître les espèces naturelles (animaux, plantes) et à développer des réactions adaptées à l'égard d'autrui (cerner ses intentions, adopter des conduites de coopération ou de défiance). Ainsi, si les enfants apprennent beaucoup plus facilement à reconnaître les animaux qu'à maîtriser les règles d'orthographe, c'est que l'esprit humain dispose d'une sorte de schéma mental spécialisé dans l'identification de la faune. Il n'en va pas de même pour l'orthographe.


Les schémas mentaux nous permettent d'organiser la réalité en grandes catégories : animaux (chien, éléphant, poule...), humains (homme, femme, enfant...), plantes (arbre, fleur...), objets naturels (rocher, eau, neige, nuage...) et objets artificiels (parapluie, maison...). Ainsi, le concept « oiseau » renvoie à quelques caractères : a des ailes, un bec, est susceptible de voler... Ce concept d'oiseau s'inscrit lui-même dans un schéma conceptuel plus général, celui d'« animal », qui possède des caractéristiques générales : se reproduit, se nourrit, se déplace... Ces concepts nous permettent d'organiser le réel et de rapporter chaque expérience particulière à une sorte de routine mentale. Les schémas mentaux fonctionnent, de façon quasi automatique, comme des réducteurs d'incertitude et des « systèmes d'inférence ». Si j'entends miauler, je peux en déduire la présence d'un chat sans avoir besoin de le voir.


Mais les humains ont également inventé des êtres surnaturels qui violent allègrement les lois du monde ordinaire. Dans toutes les civilisations, on trouve un riche répertoire de légendes et de mythes qui mettent en scène des personnages bizarres : fantômes, fées, djinns, lutins, zombies, chimères mi-hommes, mi-animaux, etc. Ces êtres possèdent quelques caractères exceptionnels : les sorcières volent, les chats bottés parlent, les humains se réincarnent en vaches... Ces personnages qui peuplent les mythologies ont des caractères communs. Ils ressemblent à des humains, se comportent comme eux la plupart du temps, mais détiennent quelques pouvoirs extraordinaires (passer au travers des murs, déplacer des objets à distance, provoquer un orage, être immortel) qui leur permettent d'intervenir dans le monde des humains pour tourmenter ces derniers ou pour les aider dans leurs entreprises.
Si ces histoires retiennent l'attention des enfants comme des adultes, si elles frappent notre imagination, c'est justement parce qu'elles sont en contradiction avec nos attentes intuitives. La trame des bonnes histoires repose, selon P. Boyer, sur la construction de personnages magiques tels que le Père Noël ou Jésus, les anges gardiens ou Superman. Ils nous fascinent parce qu'ils violent les règles de la vie ordinaire.


Mais pourquoi de nombreuses cultures accordent-elles quelque réalité à certains de ces personnages irréels et les transforment-elles en divinités ? Pourquoi va-t-on les invoquer pour expliquer nos malheurs et nos bonheurs, pourquoi va-t-on se retourner vers eux pour leur demander de l'aide ou de l'indulgence ? 


Pour P. Boyer, la réponse est la suivante. Placé dans une situation critique (la mort d'un proche), plusieurs schémas mentaux vont s'activer. La présence d'un cadavre en putréfaction déclenche des réactions de rejet, de dégoût et de crainte (liées au fait que les cadavres sont source de contamination), qui auraient conduit les hommes à se débarrasser des cadavres (dangereux pour leur santé) en les enterrant ou en les brûlant. Ce serait la source des rituels funéraires, qui auraient donc pu se développer même en l'absence de toute croyance religieuse. Mais la mort d'un proche est difficile à concevoir. Pour le cerveau, une personne connue est toujours associée à un petit programme mental, qui conçoit tout humain comme être vivant, et à ce titre comme animé, respirant, parlant et pensant. Il nous est difficile de se défaire d'un tel schéma mental, qui fonctionne comme un automatisme inconscient. Même ceux qui ne croient pas à la survie des âmes, en songeant à un parent disparu, ne pourront s'empêcher de l'imaginer autrement que vivant. Même si l'on sait « rationnellement » que la personne n'est plus, un conflit se produit entre la raison et l'intuition spontanée.


Devant le corps d'un défunt, l'esprit est donc confronté à plusieurs processus cognitifs automatiques et contradictoires. Un premier dispositif mental conduit à constater que la personne est inerte et que son corps est sans vie ; un autre empêche de concevoir un être humain sans vie, et donc invite à supposer qu'il est toujours vivant ; un troisième pousse les proches à se débarrasser du cadavre, pour des raisons vitales.
Or, les récits religieux apportent une solution aux conflits cognitifs qui résultent de l'activation de ces schémas mentaux. Les récits religieux racontent tous qu'après la mort, l'âme du défunt continue à vivre quelque part, dans un au-delà (assez indéterminé), et qu'il continue à se comporter avec nous comme avant. On peut donc lui parler, il peut nous entendre. Et il peut nous faire du bien ou du mal, nous aider ou nous punir... Mais il faut aussi pratiquer des rituels pour aider le défunt à passer dans de bonnes conditions dans le monde de l'au-delà. Entendons bien, pour P. Boyer, la croyance en l'âme des ancêtres n'est pas une question de réconfort moral (car parfois, l'esprit des morts est néfaste, il peut punir ou jeter des mauvais sorts). L'existence de ces êtres surnaturels est une réponse à une question strictement cognitive, produite par l'activation de dispositifs mentaux inconscients. La religion serait en quelque sorte un « effet secondaire » du fonctionnement cognitif.


Prenons un autre exemple. Face à un malheur (je me suis cassé la jambe en tombant), l'esprit humain peut réagir en mobilisant deux systèmes d'inférence différents : l'un relève de la causalité naturelle (j'ai glissé, je suis tombé, je me suis cassé la jambe). Mais en même temps, un autre mécanisme s'enclenche. Il relève de la psychologie intuitive. Dans la vie sociale, nombre des événements malheureux ou heureux qui nous arrivent proviennent des personnes que l'on côtoient et qui peuvent nous faire du bien ou du mal. Face à un accident, ce système d'inférence est lui aussi activé. L'accident doit, selon ce schéma mental, être attribué à des « intentions ». Même les incroyants ont tendance à se demander, lorsqu'il leur arrive malheur, « mais qu'est-ce que j'ai fait de mal pour qu'il m'arrive cela ? ».


A cette dernière question, les croyances magico-religieuses apportent elles aussi une réponse adaptée. Il existerait un être surnaturel - dieu ou esprit maléfique - qui nous a envoyé une épreuve ou une punition.
L'auteur renverse les interprétations habituelles relatives aux religions. Pour lui, ce ne sont pas les croyances qui imposent des rituels, prières ou conduites morales, mais l'inverse. Ce sont les rituels funéraires et les représentations que l'on a du vivant qui engagent à croire en l'immortalité de l'âme. C'est la pratique de la prière (une forme stéréotypée d'appel à l'aide) qui invite à croire en des divinités protectrices. Ce sont les conduites morales qui précèdent les dogmes religieux, les rituels collectifs (utiles à la survie du groupe) qui suggèrent l'existence de dieux protecteurs. Les croyances se greffent en quelque sorte sur des pratiques et mécanismes cognitifs qui leur préexistent.


La thèse de P. Boyer a une prétention exorbitante : vouloir expliquer les croyances religieuses à partir des seuls mécanismes cognitifs, de la seule organisation du cerveau, sans prendre en compte les dimensions sociales et proprement culturelles du phénomène religieux. La création et la transmission des idées religieuses n'auraient-elles rien à voir aussi avec les Eglises, organisations sectaires, communautés de croyants ?


Mais ne cherchons pas de fausses querelles. Après tout, l'auteur s'intéresse avant tout aux dispositifs cognitifs des croyances, et son approche n'est pas forcément exclusive d'autres facteurs, même si lui-même les ignore superbement. Il serait absurde de rejeter une grille d'analyse au nom du fait qu'elle n'intègre pas les autres. S'il est parvenu à éclairer quelques-unes des raisons qui font que l'on n'est jamais vraiment à l'aise en passant sous une échelle, ce n'est déjà pas si mal...


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PostPosted: Thu 12 Dec 2019 - 13:19    Post subject: Publicité

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René
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PostPosted: Thu 12 Dec 2019 - 23:03    Post subject: L'invention des dieux Reply with quote

Quelques vérités noyées dans un tissus d'insanités, propos caractéristiques du matérialiste pur sucre.
Entre autre exemples mettant tout ce bel échafaudage à mal :
Qui a construit les pyramides ?
Phénomène céleste de Nuremberg : https://fr.wikipedia.org/wiki/Phénomène_céleste_de_Nuremberg_en_1561

"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose,
qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre."
Blaise Pascal


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Marine
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PostPosted: Fri 13 Dec 2019 - 08:30    Post subject: L'invention des dieux Reply with quote

René wrote:
Quelques vérités noyées dans un tissus d'insanités, propos caractéristiques du matérialiste pur sucre.
Entre autre exemples mettant tout ce bel échafaudage à mal :
Qui a construit les pyramides ?
Phénomène céleste de Nuremberg : https://fr.wikipedia.org/wiki/Phénomène_céleste_de_Nuremberg_en_1561








Tu nous prouves encore une fois que tu ne vois ce que tu veux bien voir

 

Des sceptiques et historiens comme Ulrich Magin soulignent d'abord deux incohérences de taille dans l'illustration de Hans Glaser : pourquoi le château de Nuremberg ne figure-t-il pas sur l'illustration, bien qu'il soit le symbole de la ville du temps de Glaser ? De plus, l'église Saint-Léonard est représentée en flammes bien qu'elle ait été complètement détruite par un incendie en 1508 et seulement reconstruite en 1560. Selon les archives de la ville, Hans Glaser a résidé à Nuremberg entre 1540 et 1571, il doit avoir eu connaissance de ce fait historique. Les contradictions chronologiques laissent à penser, selon Ulrich Magin, que l'illustration mêle plusieurs événements et phénomènes naturels ayant eu lieu à des époques différentes. La présence dans le texte d'avertissements à caractère religieux laisse penser que Glaser n'a pas été témoin de l'événement prodigieux mais qu'il a conçu son récit par ouï-dire et en s'appuyant sur des récits et documents écrits2. De plus un thème est récurrent dans le récit, celui des cavaliers de l'Apocalypse et de l'Armée céleste : deux armées ennemies d'origine divine apparaissent dans le ciel pour mener bataille devant tous les fidèles jusqu'à ce qu'une armée soit vaincue. L'armée victorieuse disparaît ensuite de façon miraculeuse et le récit est clos par un avertissement didactique. 


L'Armée céleste et les quatre cavaliers étaient annonciateurs de la fin du monde et de l'Apocalypse2. Ulrich Magin renvoie à la comparaison avec des Flugblätter de l'époque médiévale dans lesquels sont décrits de semblables prodiges et batailles célestes, par exemple dans un Flugblatt de Leonhardt Kellner en 1551 qui a en commun les sphères volantes, les croix et les fers de lance, la plupart observés près du soleil et qui selon les témoins se jettent les uns sur les autres « comme s'ils voulaient livrer bataille » comme le mentionne le Baseler Flugblatt de 1561 (Prospectus de Bâle, 1561). Pour Ulrich Magin, Hans Glaser a adapté la description d'une telle bataille céleste à la technologie de son époque : au lieu de chevaux, de cavaliers et d'épées apparaissent dans son récit des canons modernes et leurs projectiles. L


Les différents Flugblätter ont aussi en commun qu'ils mêlent des événements historiques avec des phénomènes naturels (haloaurore polaire) ou tout simplement les parodient sous une forme religieuse. Les cylindres volants de Nuremberg ne sont pas des vaisseaux-amiral ou des ovnis mais ce qu'ils représentent : des canons chargés qui tirent leurs boulets. Ils sont simplement représentés flottant dans le ciel pour établir le lien symbolique avec Dieu et le ciel. Il y a déjà eu des récits de prétendues batailles célestes dans l'Antiquité et au Haut Moyen Âge, diffusées par des publications grâce à la gravure sur bois. 




L'Église avait alors une grande influence sur le quotidien des fidèles et leur foi et présentait des phénomènes célestes divers comme des prodiges ou des avertissements de Dieu. Les illustrations sont parsemées de symboles chrétiens pour ramener les fidèles à Dieu, un récit comme celui de Hans Glaser serait alors moins miraculeux en ce que les hommes de son temps auraient su l'interpréter correctement.


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René
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PostPosted: Fri 13 Dec 2019 - 22:54    Post subject: L'invention des dieux Reply with quote

"Tu nous prouves encore une fois que tu ne vois ce que tu veux bien voir"

Je te retourne le compliment :

Phénomène céleste de Nuremberg : https://fr.wikipedia.org --> OK

Qui a construit les pyramides ? --> ???

"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose,
qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre."
Blaise Pascal


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