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Vincent Lambert

 
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PostPosted: Mon 20 May 2019 - 06:12    Post subject: Vincent Lambert Reply with quote

Son ancien médecin, le Dr Kariger revient sur toute l'affaire


Le Dr Eric Kariger a "le cuir épais". Pourtant, se replonger dans les rebondissements de l’affaire Vincent Lambert lui coûte. De ses années au côté de cet homme qui est devenu le symbole de la fin de vie en France et dont il a été le premier médecin après son accident de la route en 2008, le médecin garde des souvenirs douloureux. Une douleur qui est ravivée par l’actualité récente.
Alors que le Dr Sanchez, nouveau médecin de Vincent Lambert, a annoncé qu’il mettrait fin aux soins de son patient à partir de lundi, les parents du jeune homme se refusent toujours à accepter la situation. Des voix s’élèvent aussi des milieux conservateurs pour s’insurger contre la fin des soins, assimilée de manière impropre à une euthanasie. Cette violence qu’il a trop connue lorsqu’il était aux responsabilités comme chef de service des soins palliatifs au CHU de Reims, le Dr Kariger ne la supporte plus.


"La fin approche, et c’est presque encore plus violent. Dans cette période difficile, il y a de nouveaux des prises de position qui me sont, à titre personnel, très douloureuses, lâche le médecin. Je pense en particulier aux déclarations de mon archevêque (Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, a critiqué la décision des médecins validée par le Conseil d'Etat, les accusant notamment de vouloir laisser Vincent Lambert mourir de faim et de soif)."




Médecin « pro-life » aux solides convictions catholiquesLe Dr Kariger ne s'en cache pas : il est un homme de droite et un catholique convaincu. Médecin chrétien engagé, il a été trésorier du centre catholique des médecins français et s’est engagé au sein du Parti Chrétien Démocrate – l’ancien Forum Social Chrétien de Christine Boutin. "Personne ne peut venir me chatouiller sur mes convictions confessionnelles et mon combat pro-vie", se défend-il. C’est pourtant précisément sa sphère politique et religieuse qui l’a violemment attaqué lorsque lui-même a décidé, pour la première  fois, d’entamer une procédure d’arrêt des soins sur Vincent Lambert, en 2013.
"Je suis médecin chrétien, mais je suis médecin d’abord. Je suis d’abord au service d’un malade et pas au service de mes convictions, assure-t-il. Et sur l’affaire Lambert et la décision que j’ai dû prendre à l’époque, je ne me suis jamais trouvé en difficulté par rapport à ces convictions."




Au départ, de bonnes relations avec la famille Lambert


Durant les premières années de soins de Vincent Lambert, en unité pour cérébolésés graves, l’équipe médicale et la famille du jeune homme poursuivent le même objectif : faire récupérer Vincent, un maximum. A l’époque, le Dr Kariger échange surtout avec Rachel, sa femme, même si il a occasionnellement rencontré ses parents, Viviane et Pierre.
Le contact passent bien avec eux : il faut dire qu'ils ont des points communs. "Je suis catholique et un médecin chrétien engagé.  Ils sont aussi catholiques, même si ils sont certainement plus que cela. En plus, le père est un ancien médecin chef de service", explique le médecin. Mais très vite, il a une "intuition" : le cas Lambert n’est pas ordinaire. "On m’avait donné des éléments sur la singularité de cette famille, même si on ne savait pas grand chose à l’époque de toute la violence et la complexité qui y régnait."


Un pronostic de plus en plus sombre


Les années passent et Vincent Lambert ne progresse pas. La rééducation ne fonctionne pas, l’orthophonie ne donne rien. Le pronostic est très sombre. Fin 2012, les équipes soignantes, au plus près des patients, commencent à se poser des questions : pourquoi maintenir Vincent Lambert en vie ? En avril 2013, au terme d’une procédure collégiale qui s’inscrit dans la cadre de la loi Leonetti que le Dr Kariger "connaît sur le bout des doigts", le médecin s’achemine vers un arrêt des soins et la mise en place de la sédation profonde et continue.
L'épouse de Vincent Lambert, Rachel, est d’accord. Avant de commencer, le médecin s’entretient avec Viviane, la mère. Le père, Pierre, n’a pas pu se rendre au rendez-vous. "Je l’ai préparé, je lui ai dit que nous nous dirigions vers un arrêt des soins. Je ne lui ai pas demandé son avis : je trouve ça odieux psychanalytiquement parlant. Elle m’a répondu que c’était impensable, contre ses convictions. Nous avons convenus de nous revoir quelques semaines plus tard."
"Quand on a rebranché Vincent Lambert, ça a été un des pires jours pour moi"


La procédure d’arrêt des soins est entamée au printemps 2013. "Nous l’avons fait transparence, en toute rigueur", assure le Dr Kariger. Rachel Lambert, l’épouse "aimante et aidante" est informée. Mais pas les parents. 


"Nous n’avons pas agi dans leur dos. Aucun médecin n’appelle tous les membres d’une famille quand décision est prise", rappelle-t-il. Le Dr Kariger a sa conscience pour lui, même si il admet une "petite précipitation, car l’arrêt a commencé avant que je ne les revoie."
Saisi par les parents, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) ordonne en mai 2013 de rétablir l'alimentation. "Ca a été un des jours les plus durs pour moiCa faisait 31 jours qu’on accompagnait Vincent Lambert vers la fin."




Les relations avec les parents sont dégradées. 


"Ils n’ont jamais évolué, ensuite. Ils ont évoqué un mauvais diagnostic, un mauvais pronostic. Tout s’est emmêlé. »
"Mon honneur et celui de mon équipe étaient sauf"Suite à ce revers, l’équipe médicale reprend le travail. "On a relancé la collégiale, on est repartis de zéro. Nous avons fait un travail magnifique, se remémore le médecin. J’en garde un souvenir ému." Mais les évènements s’emballent.
En janvier 2014, l’équipe informe la famille qu'elle va de nouveau arrêter nutrition et hydratation, procédure conforme à la loi Leonetti qui permet de refuser l'acharnement thérapeutique. Le tribunal, saisi par les parents, ordonne la poursuite du traitement. Rachel Lambert et le CHU en appellent au Conseil d'État, qui donne raison au Dr Kariger et son équipe. "A ce moment-là, mon honneur et celui de mon équipe ont été saufs", souffle le médecin. Mais Viviane et Pierre Lambert en appellent à la Cour européenne des droits de l’homme. "J’ai compris qu’ils ne lâcheraient rien et qu’on se s’en sortira plus", explique-t-il.
Menaces de mort et coups de fil anonymes
Face à ce nouveau rebondissement, le médecin spécialiste des soins palliatifs, qui n’est "pas du genre à fuir devant les difficultés et ses responsabilités", est dépassé. "On nous a parlé de 2 à 3 ans de délai avant la décision de la Cour européenne. Je ne me suis plus senti la force de travailler dans la durée. Je n’apportais plus de valeur ajoutée. J’ai décidé d’aller vaquer à d’autres fonctions."
En plus du cas médico-judiciaire inextricable, l’ancien médecin de Vincent Lambert doit faire face à des pressions considérables. "J’étais devenu l’homme à abattre. J’ai reçu des menaces de morts, des coups de fils anonymes. On a menacé de s’en prendre à mes enfants." Les pressions émanent des milieux conservateurs de droite, de son "camp de valeur". Une véritable "double peine". "Ca a été très dur. Si j'étais un mec de gauche, athée, ça m’aurait moins touché", dit-il dans un petit rire triste.


Soutien au nouveau médecin de Vincent Lambert


Quatre années "de souffrance inutile" après, c’est le Dr Vincent Sanchez qui va finalement accompagner Vincent Lambert vers la mort. "C’est un homme courageux, qui doit faire une chose qui reste difficile : c’est lui qui, finalement, sera responsable de l’arrêt des soins sur Vincent Lambert. Je lui apporte tout mon soutien confraternel, assure le Dr Kariger. "Mais dans son cas, tous les recours de la famille ont été épuisés. Il a le soutien de sa hiérarchie et d’un ministre de la Santé. Il a de la chance."


https://www.francetvinfo.fr/sante/affaires/vincent-lambert-son-ancien-medecin-le-dr-kariger-revient-sur-toute-l-affaire_3450779.html


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PostPosted: Mon 20 May 2019 - 06:12    Post subject: Publicité

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PostPosted: Tue 21 May 2019 - 08:40    Post subject: Vincent Lambert Reply with quote

Enième retournement de situation...



Les avocats des parents de Vincent Lambert sont attendus mardi matin au centre hospitalier de Reims pour vérifier la reprise, au moins provisoire, des traitements de ce tétraplégique en état végétatif depuis dix ans, ordonnée, à la surprise générale, par la cour d'appel de Paris. 
 
Cet énième coup de théâtre, intervenu lundi soir dans une affaire qui a déjà connu de nombreux rebondissements judiciaires depuis 2013 et en connaîtra probablement d'autres, a été fêté par la mère de Vincent Lambert, Viviane, qui a salué auprès de l'AFP "une très grande victoire", tandis que son neveu François, favorable à l'arrêt des traitements, a dénoncé du "sadisme pur". 


 
La nouvelle est tombée en pleine marche parisienne réunissant plusieurs centaines de personnes réclamant "la vie pour Vincent". 


 
Une énorme clameur a retenti quand l'un des deux avocats des parents, Me Jérôme Triomphe, a lancé à la foule, en apprenant leur victoire par téléphone: "On a gagné ! C'est la remontada !" "Jérôme Triomphe et moi-même irons dès demain matin à Reims pour nous assurer que l'alimentation et l'hydratation seront effectivement reprises", a ajouté son collègue, Me Jean Paillot, soulignant qu'il ne s'agissait que d'une" décision provisoire" d'une "durée de six mois, permettant au comité de l'ONU d'étudier le dossier". 


 
De fait, la cour d'appel de Paris a "ordonné à l’Etat français (...) de prendre toutes mesures aux fins de faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées le 3 mai 2019 tendant au maintien de l’alimentation et l’hydratation" de Vincent Lambert, selon la décision consultée par l'AFP. Le CDPH, comité de l'ONU, avait demandé à la France de surseoir à l'arrêt des traitements dans l'attente d'un examen du dossier sur le fond, mais la France considérait que la suspension de l'arrêt des traitements préconisée par le CIDPH "est dépourvue de caractère contraignant", mettant en avant le "droit du patient à ne pas subir d'obstination déraisonnable". 
 


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joseph1


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PostPosted: Tue 9 Jul 2019 - 16:47    Post subject: Vincent Lambert Reply with quote

Vincent Lambert est devenu un enjeu idéologique depuis peu . Si on a admis qu’il vive depuis si longtemps , c’est que cela n’était pas encore le cas .
Il faut croire qu' il fallait  qu’il meure. L’euthanasie doit donc être, comme  l’avortement,  banalisée. Vincent Lambert mort , ce processus  de banalisation est enclenché.
Qui peut croire que le Procureur général de la cour de cassation soit absolument indépendant de l'exécutif ? Comment expliquer cette rapidité de réaction après la décision de reprise des soins de la Cour d’Appel de Paris ? C’est l’état qui s’est pourvu en cassation . Il joue un rôle important dans ce drame.
Après l 'avortement transformé en moyen contraceptif, les porteurs de la culture de mort ont le champ libre pour l 'euthanasie.


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René
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PostPosted: Tue 9 Jul 2019 - 23:35    Post subject: Vincent Lambert Reply with quote

Lettre de Xavier Bazin :


 Vincent Lambert : 3 réflexions finales
Cher(e) ami(e) de la Santé,

Une étude sidérante vient d’être publiée dans The New England Journal of Medicine[1].

Elle est parue la veille de la décision de la Cour de Cassation autorisant la mort de Vincent Lambert –

et elle fait froid dans le dos.

Car elle révèle que 15 % des patients ayant eu un accident grave et diagnostiqués comme « non conscients » ou

« en état végétatif »… seraient en réalité conscients !

« C’est gigantesque, a déclaré le Dr Nicholas Schiff, grand professeur de neurologie et neurosciences à New York.

La découverte qu’un patient sur sept pourrait être très conscient de ce qui est dit autour d’eux est un grand moment »[2].

Ces patients ont été considérés comme « non-conscients » parce qu’ils ne répondent pas à ce qu’on leur demande de faire : on a beau leur dire de serrer les doigts ou de cligner des yeux, par exemple, il ne se passe rien.

Mais l’imagerie cérébrale montre que c’est parce qu’ils en sont physiquement incapables,

et non pas parce qu’ils ne comprennent pas ce qu’on leur dit !

Cette étude est d’autant plus intéressante qu’elle a été réalisée sur des patients dont l’accident au cerveau était récent : elle montre que ceux à qui on diagnostique très tôt cette « conscience minimale » ont nettement plus de chances de s’en sortir que les autres !

Voilà pourquoi il faudrait d’urgence généraliser cet examen par électroencéphalogramme à tous les patients récemment « cérébro-lésés » !

« Notre étude pourrait changer la façon dont nous gérons les patients souffrant de lésions cérébrales aiguës », a déclaré l’auteur principal, Jan Claassen[3].

Selon ce médecin, il est important de répéter ces tests plusieurs fois par jour, car les patients dans cet état ont tendance à perdre connaissance – si vous ne faites le test qu’une seule fois,

vous pouvez tomber sur un moment où le patient n’est pas conscient !

Au total, si on généralise ces tests approfondis, cela pourrait changer la vie de certains patients !

Prenez le cas de ce patient, classé « en état végétatif », dont l’histoire a été racontée par les journalistes du NewScientist.

Il faisait des mouvements de tête, mais l’équipe médicale pensait que c’était des mouvements « réflexes »,

sans conscience.

Mais ce patient a bénéficié de ces nouveaux tests, qui ont révélé qu’il avait une « conscience minimale »

- et c’est alors que l’équipe médicale a commencé à le traiter différemment !

Ils ont même réussi à lui installer une « souris d’ordinateur sur la tête »,

grâce à laquelle il a fini par écrire un email au Dr Schiff[4] !

Et croyez-le ou non, son premier réflexe n’a pas été de demander à mourir… bien au contraire !
Voudriez-vous mourir si vous étiez prisonnier de votre propre corps ?
Nous avons tendance à imaginer que notre vie serait « un enfer » si nous devenions tétraplégique.

Nous avons tendance à croire que nous préférerions mourir plutôt que de « vivre emprisonné dans notre propre corps ».

C’est pourquoi certaines personnes sont convaincues que les parents de Vincent Lambert sont cruels :

s’ils avaient de la compassion pour leur enfant, ils seraient désireux d’abréger son calvaire !

En réalité, dans le cas précis de Vincent Lambert, ce raisonnement est très contestable :

    Soit Vincent Lambert n’est conscient de rien, comme le pensent la majorité des experts, et il ne peut pas souffrir

– dans ce cas, pourquoi ne pas lui laisser une chance, même minime, de regagner conscience un jour (c’est rare,

mais cela arrive), puisqu’il ne souffre pas ?

    Soit Vincent Lambert a une conscience minimale, et on pourrait tout aussi bien considérer qu’il est cruel

de le laisser mourir de cette manière (je rappelle que Vincent Lambert n’est « branché » à aucune machine

et que la seule manière de le faire mourir est de cesser de l’alimenter),

surtout s’il est conscient de ce qu’on s’apprête à lui faire.

Mais surtout, il faut savoir que nous sommes très mauvais pour imaginer ce que nous pourrions ressentir
si nous étions gravement accidentés.

Une étude très intéressante a été réalisée auprès de patients « emprisonnés dans leur corps »[5].

Ces personnes sont totalement paralysées… mais elles sont parfaitement conscientes

et peuvent communiquer en bougeant les yeux.

Pensez à l’auteur du best-seller Le scaphandre et le papillon, qui a réussi l’exploit d’écrire un livre simplement

en clignant de l’œil gauche !

Eh bien croyez-le ou non, la majorité de ces patients ne sont pas malheureux !

Oui, dans l’étude en question, 72 % d’entre eux se sont même déclarés « heureux ».

« Cela peut paraître surprenant pour nous, de l’extérieur, mais certains patients font preuve

d’une énorme capacité d’adaptation à leur nouvelle situation, explique Steven Laureys,

responsable de l’étude. Beaucoup évaluent leur qualité de vie à un meilleur niveau que je n’aurais jugé la mienne ! ».

Notez aussi que ceux qui étaient les plus malheureux étaient aussi ceux dont l’accident était le plus récent.

Et en effet, il est très fréquent pour les accidentés lourdement handicapés de commencer par ressentir une dépression sévère… puis, progressivement, de s’adapter à leur nouvel état.

(Ce qui pourrait être une bonne raison de leur refuser l’euthanasie, tant que leur état n’est pas stabilisé,

même s’ils le demandent avec insistance.)

Écoutez ce que dit le Professeur Adrian Owen, un des neuroscientifiques les plus connus au monde :
 
« Nous ne pouvons pas préjuger de ce que cela peut être que de vivre dans une de ces situations,

car beaucoup de patients trouvent leur bonheur dans des choses que nous ne pouvons tout simplement pas imaginer. »[6]
 
C’est la raison pour laquelle je vous invite à bien réfléchir avant d’écrire vos directives anticipées.

Gardez bien à l’esprit que vous ne pouvez pas vraiment savoir comment vous réagirez si vous êtes victime
d’un accident grave.

N’oubliez pas non plus que la science du cerveau est tout sauf infaillible : les médecins peuvent se tromper

sur votre niveau de conscience… ou sur vos chances réelles de vous « réveiller ».

Au total, il y a tellement de situations envisageables qu’il est à mon avis impossible de toutes les imaginer
dans des « directives anticipées ».

Le plus important, de mon point de vue, c’est de signaler les personnes à qui vous faites confiance

pour décider de votre sort.
Ni français, ni belge, à qui faire confiance ?
Aujourd’hui en France, en l’absence de directive anticipée, c’est le médecin qui décide de votre sort.

Personnellement, je trouve cela très étonnant : pourquoi laisserait-on un médecin décider

de la vie ou de la mort d’un patient ?

N’est-ce pas à sa famille de prendre une telle décision ?

A tout prendre, si c’est un étranger qui doit décider de mon sort, je préférerais encore que ce soit un juge,

car au moins a-t-il l’obligation (et l’habitude) d’entendre les arguments des deux côtés,

et de les écouter avec le maximum d’impartialité !

Laisser le médecin décider peut conduire à des aberrations, comme ce qui s’est passé en 2013 avec Vincent Lambert :

quoi qu’on pense sur le fond de la décision de son médecin de l’époque, il semble aberrant de prendre une décision aussi grave
(le laisser mourir) dans le dos des parents de Vincent, sans les en informer (ils l’ont appris par hasard !)

Mais dans l’idéal, il me semble que ce sont les membres de notre famille qui sont les mieux placés

pour décider de notre sort.

C’est ce que choisit le droit belge, qui ne donne aucun droit de décision au médecin, et tous les droits à la famille.

Mais le problème, c’est que le droit belge établit une hiérarchie : d’abord l’épouse, puis les enfants, puis les parents.

Donc si l’épouse n’est pas d’accord avec les enfants ou les parents de son mari, c’est sa décision à elle qui prévaut.

Pourquoi ? L’idée est que le patient a choisi son époux ou épouse, alors qu’il n’a pas choisi ses parents

– et donc que c’est le conjoint qui aurait le plus le « droit » de décider de son sort.

Mais ce raisonnement me paraît bancal, car quantités de mariages se terminent par des divorces

à la suite desquels les ex-époux deviennent des étrangers l’un pour l’autre
– alors que nous serons toujours les enfants de nos parents !

Par défaut, il me semble que l’unanimité devrait être requise pour les décisions graves.

Il me paraît dérangeant de décider de la mort de quelqu’un si l’un des membres de la famille s’y oppose.

(Pensez aux 12 jurés, aux États-Unis, qui sont obligés par la loi de se mettre d’accord unanimement

pour condamner quelqu’un à de la prison).

Évidemment, il y a des exceptions : si par malheur vous avez été abusé par l’un de vos parents,

il est normal de refuser que ce parent puisse avoir son mot à dire !

Et c’est ici que les fameuses directives anticipées me paraissent utiles.

Non pas pour décider à l’avance de ce que vous voudriez… mais pour bien choisir
  la ou les personnes de confiance qui prendront la décision !

Personnellement, si je devais me retrouver dans la même situation que Vincent Lambert,
je voudrais qu’il y ait un consensus entre mon épouse et mes parents sur mon sort

(je ne suis pas sûr de vouloir mêler mes enfants à une décision aussi difficile).

Cela me paraît la meilleure garantie que la décision sera bonne – ou du moins la moins mauvaise possible !

Et vous, qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à partager vos réflexions en commentaire de cette lettre, ici.

Xavier Bazin

PS : Le Figaro a relaté récemment l’histoire d’une patiente, Amélie de Linage, dont le cas est particulièrement troublant[7] :
 
En août 2014, Amélie de Linage fait « une fausse route alimentaire ayant provoqué un arrêt cardio-respiratoire, Amélie est plongée dans un coma artificiel. On tente un réveil quelques jours plus tard,

mais l’électroencéphalogramme, qui s’affole, témoigne d’un état de mal épileptique réfractaire à tout traitement ». A sa famille ébranlée, le médecin chef du service réanimation déclare que « son projet de vie, c’est de mourir ».

Son mari s’insurge :  « Vous n’avez pas à choisir pour elle ! (…)

Moi non plus d’ailleurs. Laissez-lui juste une toute petite chance de vivre, quel que soit son état ».

Un jour, il constate que l’alimentation est coupée et l’hydratation réduite au minimum, il s’emporte, rien n’y fait.

Le 5 septembre, on retire à son épouse le respirateur artificiel, « contre toute attente,

Amélie récupère cette fonction parfaitement », mais les médecins refusent de remettre en route l’alimentation

et l’hydratation. Après quinze jours sans alimentation, Amélie a fondu mais elle  « est toujours là » :

« Je sentais sa présence », raconte son mari.

Mi-octobre, des « reprises de conscience » sont perçues, ainsi que quelques balbutiements.

Amélie finit par articuler : « J’ai faim, j’ai soif ! ». Très handicapée, elle rentre chez elle en décembre 2015 :

« Comme Vincent Lambert, j’ai été classée à tort en fin de vie et condamnée à la dénutrition.

Aujourd’hui, je suis là pour dénoncer cette injustice, et dire que j’aime la vie ».

--- -------- --------------------- ------
L'homme ne peut saisir la totalité puisqu'il est à l'intérieur de cette totalité. Karl Jaspers


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PostPosted: Wed 10 Jul 2019 - 05:01    Post subject: Vincent Lambert Reply with quote

Les parents de Vincent Lambert ont renoncé définitivement à s'opposer à l'arrêt des soins lundi 8 juillet. Le CHU de Reims a lancé il y a six jours le début de l'arrêt des traitements de ce patient tétraplégique et dans un état végétatif depuis 2008 à cause d'un accident de la route. Ses jours sont comptés


https://www.franceinter.fr/justice/la-mort-de-vincent-lambert-acceptee-par-…


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PostPosted: Thu 11 Jul 2019 - 10:36    Post subject: Vincent Lambert Reply with quote

Vincent Lambert est mort 
neuf jours après le début de l’arrêt des traitements  
 

 
 
 
 
Ainsi s’achève ce drame familial où décisions médicales et décisions de justice se sont succédées sans discontinuer depuis le 11 mai 2013, date à laquelle le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait ordonné en urgence la reprise de la nutrition et de l’hydratation de cet homme tétraplégique en état végétatif chronique, dont les lésions cérébrales ont été jugées irréversibles. 
 
 
 


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PostPosted: Fri 12 Jul 2019 - 15:02    Post subject: Michel Houellebecq : « Vincent Lambert, mort pour l’exemple » Reply with quote

Je crois qu'il y va un peu fort , on pourrait aussi lui dire que sa famille faisait confiance aux médecins, et que même s'il n'était pas mort ; Vincent se serait trouvé dans un état végétatif , ce qu'il ne désirait pas aux dires de plusieurs de ses proches .


Fut un temps où l'on aurait parlé d'acharnements thérapeutiques , quand aux médecins près desquels il a recueilli des avis , que savaient-ils de l'état de Vincent Lambert ? Twisted Evil Twisted Evil

 
Quote:
Vincent Lambert n’avait rédigé aucune directive. Circonstance aggravante, il était infirmier.



 Je ne pense pas qu'à son âge , infirmier ou pas on puisse penser à de telles choses , qu'il se renseigne autour de lui , vu qu'il aime les enquêtes
 Mais par contre , son statut d'infirmier justement,  , est tout à fait compatible au fait qu'il est dit qu'arrivé à un certain état , qu'il ne désirerait pas vivre 



Michel Houellebecq : « Vincent Lambert, mort pour l’exemple »




Pour l’écrivain, rien ne justifiait l’arrêt des soins de l’ex-infirmier, mort jeudi après onze ans d’état végétatif. Vincent Lambert aurait été victime d’une surmédiatisation et d’une forme d’ingérence de l’Etat.


Ainsi, l’Etat français a réussi à faire ce à quoi s’acharnait, depuis des années, la plus grande partie de sa famille : tuer Vincent Lambert. J’avoue que lorsque la ministre « des solidarités et de la santé » (j’aime bien, en l’occurrence, les solidarités) s’est pourvue en cassation, j’en suis resté sidéré. J’étais persuadé que le gouvernement, dans cette affaire, resterait neutre. Après tout, Emmanuel Macron avait déclaré, peu de temps auparavant, qu’il ne souhaitait surtout pas s’en mêler ; je pensais, bêtement, que ses ministres seraient sur la même ligne.
J’aurais dû me méfier d’Agnès Buzyn. Je m’en méfiais un peu, à vrai dire, depuis que je l’avais entendu déclarer que la conclusion à tirer de ces tristes événements, c’est qu’il ne fallait pas oublier de rédiger ses directives anticipées (elle en parlait vraiment comme on rappelle un devoir à faire à ses enfants ; elle n’a même pas précisé dans quel sens devaient aller les directives, tant ça lui paraissait aller de soi).
Vincent Lambert n’avait rédigé aucune directive. Circonstance aggravante, il était infirmier. Il aurait dû savoir, mieux que tout autre, que l’hôpital public avait autre chose à foutre que de maintenir en vie des handicapés (aimablement requalifiés de « légumes »). L’hôpital public est sur-char-gé, s’il commence à y avoir trop de Vincent Lambert ça va coûter un pognon de dingue (on se demande pourquoi d’ailleurs : une sonde pour l’eau, une autre pour les aliments, ça ne paraît pas mettre en œuvre une technologie considérable, ça peut même se 
faire à domicile, c’est ce qui se pratique le plus souvent, et c’est ce que demandaient, à cor et à cri, ses parents).
Vincent Lambert vivait dans un état mental particulier
Mais non, en l’occurrence, le CHU de Reims n’a pas relâché sa proie, ce qui peut surprendre. Vincent Lambert n’était nullement en proie à des souffrances insoutenables, il n’était en proie à aucune souffrance du tout. Il n’était même pas en fin de vie. Il vivait dans un état mental particulier, dont le plus honnête serait de dire qu’on ne connaît à peu près rien. 
Il n’était pas en état de communiquer avec son entourage, ou très peu (ce qui n’a 
rien de franchement original ; cela se produit, pour chacun d’entre nous, à peu 
près toutes les nuits). Cet état (chose plus rare) semblait irréversible. J’écris « semblait » parce que j’ai rencontré pas mal de médecins, pour moi ou pour d’autres personnes (dont plusieurs agonisants) ; jamais, à aucun moment, un médecin ne m’a affirmé qu’il était certain, à 100 % certain, de ce qui allait se produire. Cela arrive peut-être ; il arrive peut-être aussi que tous les médecins consultés, sans exception, formulent un pronostic identique ; mais je n’ai jamais rencontré le cas. 
Quote:
Soit Vincent Lambert a une conscience minimale, et on pourrait tout aussi bien considérer qu’il est cruel 

de le laisser mourir de cette manière (je rappelle que Vincent Lambert n’est « branché » à aucune machine 

et que la seule manière de le faire mourir est de cesser de l’alimenter)





On peut dire aussi qu'il pouvait souffrir d'être dans un tel état  si Vincent avait une conscience minimale , juste une conscience qui souffre c'est top non ? 11 ans ? d'autant qu'il n'y a pas que l'alimentation à ce stade , les soins du corps , de la chair , de la circulation du sang ,on ne peut pas rester inerte constamment sans soins du corps...





 
 
 
 
 
 
 
 


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PostPosted: Fri 12 Jul 2019 - 17:14    Post subject: Vincent Lambert Reply with quote

Le procureur général près la Cour de cassation a donné  son avis : « consacrer le droit à la vie comme une liberté à “valeur suprême” aurait aussi pour conséquence immédiate la remise en question de la loi dite Leonetti en faveur des malades et des personnes en fin de vie ou encore celle relative à l'interruption volontaire de grossesse ».
Cette phrase est, au sens propre, renversante  : ce n'est plus l'avortement et l'euthanasie qui portent atteinte au respect de la vie humaine, c'est le respect de la vie humaine qui menace l'avortement et l'euthanasie. 


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PostPosted: Fri 19 Jul 2019 - 07:13    Post subject: Vincent Lambert Reply with quote

Vincent Lambert : l’épitaphe ratée de Michel Houellebec


’L'écrivain devrait aussi savoir qu’on n’atteint aucune vérité par des généralités. Il nous en sert pourtant à la pelle, de ces poncifs, évoquant sans rire «"l’état des mentalités", depuis quelques millénaires tout du moins». Formule du niveau d’une mauvaise copie de terminale, qui témoigne en tout cas d’une confondante méconnaissance de la réalité d’innombrables expériences singulières. Celle de Vincent et Rachel Lambert en est une, spécifique. Cette singularité est précisément ce qui nous touche et nous donne à penser.


Une petite baisse de sérotonine Michel ?


https://www.liberation.fr/debats/2019/07/17/vincent-lambert-l-epitaphe-rate…


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