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Djahanshah Bakhtiar espion de la CIA et du Mossad

 
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Marine
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MessagePosté le: Dim 17 Aoû 2014 - 22:49    Sujet du message: Djahanshah Bakhtiar espion de la CIA et du Mossad Répondre en citant

"Avant d'avoir 16 ans, j'ai vécu avec des agents du MI5 britannique, je suis devenu un familier des RG français, j'ai été interrogé par les inspecteurs de la Crim' dans les bureaux du mythique Quai des Orfèvres. À 40 ans, je deviendrai un espion de la CIA, à 46, un agent du Mossad. Entre ces deux missions, j'ai tué un homme. À la publication de ce livre, les fous de Dieu qui gouvernent la terre de mes ancêtres, le pays que mon grand-père a dirigé pendant trente-sept jours, me condamneront probablement à mort". Voilà ce que raconte Djahanshah Bakhtiar dans "Moi, Iranien, espion de la CIA et du Mossad" (Editions du Moment).


C’en est trop. J’entrevoyais un mouvement de liberté, je suis plongé de nouveau dans l’horreur. Je n’en peux plus de savoir ces monstres encore et toujours impunis. Il faut que j’agisse. Le médecin a parlé d’un certain Hassan. C’est lui qui mène les interrogatoires, qui dirige les actes de torture et pas le dernier non plus en ce qui concerne les viols. Je me rends dans le Nord de Téhéran, à Evin, cette prison fondée en 1972 pour accueillir les prisonniers politiques du Shah et qui tourne à plein régime sous le règne des mollahs.





Je discute avec les familles qui patientent devant ses portes, dans l’espoir de glaner des informations sur leurs enfants disparus. Hassan Bagherzadeh déambule parmi les parents éplorés. Contre un bakchich conséquent, il apporte les lettres des familles aux prisonniers. Sans que personne ne sache s’il distribue comme promis le courrier.

Ceux que je questionne me parlent de sa cruauté, de sa manière de mener les interrogatoires. Je le regarde. Petit corps trapu engoncé dans sa tenue militaire, Hassan est capitaine. J’ai appris avec Sam à reconnaître en un coup d’oeil tous les grades, quel que soit le corps de métier, des forces de l’ordre iraniennes. Après avoir observé Hassan, je me décide. Pour 1 200 dollars, je loue pour un mois un véhicule, une Peugeot 206, à un chauffeur de taxi. C’est un ancien étudiant endetté à qui les autorités ont interdit de poursuivre ses études parce qu’il a été arrêté pendant une manifestation. À la fin de la journée, je suis Hassan à la sortie de son macabre travail. Il conduit sa Peugeot 405 gris métallisé jusque dans le quartier construit pour les militaires et les policiers où il réside, dans le nord-est de Téhéran. Il se gare dans la rue, son immeuble n’est pas équipé d’un parking souterrain. Je répète ma filature et mon repérage six fois.

Le soir du 21 septembre 2009, je me rends dans le centre commercial situé place Vanak. Je suis vêtu de noir, une casquette de base-ball couvre ma tête, une barbe d’une dizaine de jours masque en partie mon visage. Dans les rayons du supermarché, je garde la tête baissée. J’achète une dizaine d’ustensiles de cuisine, des casseroles, des poêles, et un couteau à viande. Je ne dors pas de la nuit. Le lendemain, un mardi, je pars pour Evin de bonne heure. Je suis de nouveau habillé en noir. Dans ma 206 de location, un sac plastique contient un change intégral, polo, pantalon, pull. J’ai tout prévu, jusqu’aux chaussettes. Dans la boîte à gants, le couteau à viande. Je vois Hassan Bagherzadeh arriver à 8 heures du matin comme à son habitude. Je patiente dans la voiture. À midi, je suis déjà fatigué d’attendre. Je pense à reporter mon projet. Un faux prétexte. En réalité, j’ai peur. Le kidnapping du fils de Kiani, c’était peut-être mon idée, mais les Américains avaient conçu le plan. C’étaient eux qui devaient opérer. Là, je n’ai aucune excuse, c’est mon idée, je serai seul à agir et ce sera mon crime. Aussi, ce midi, j’ai peur de ne pas y arriver, peur de me faire attraper, peur de croiser son regard. J’ai peur que ce soit lui qui me tue.


Je quitte les environs de la forteresse orangée d’Evin et me gare finalement sur la route qu’emprunte le geôlier. Je me persuade que cela sera plus discret. En fin de journée, la Peugeot 405 gris métallisé d’Hassan me dépasse. J’embraye. Il y a un peu de circulation. Pour me donner du courage, je pense à ce médecin qui nous a raconté ses viols, aux larmes sur son visage. Si je fais taire à jamais l’un de ses bourreaux, peut-être que je dormirai mieux. Peut-être serai-je enfin apaisé.

Hassan se gare dans une ruelle donnant sur son immeuble. Je fais de même une dizaine de mètres derrière lui. Je me précipite sur le trottoir. Dans une poche intérieure de mon blouson, je sens le poids de mon couteau. La nuit dernière, je me suis entraîné comme De Niro dans Taxi Driver à dégainer mon arme. J’ai également coupé de la viande pour m’assurer que le tranchant était suffisamment aiguisé et consulté des sites Internet pour situer les artères. J’entraperçois Hassan dans son habitacle. Il est en train d’éteindre ses phares, plongeant ainsi la ruelle dans l’obscurité.





Je me dépêche. Je suis à huit mètres, à cinq, à deux. Je frappe à la vitre. Il la baisse. Sur le siège passager, trône sa casquette militaire. « Mais qu’est-ce que tu veux ? » Le ton est agressif. Moi aussi. J’enfonce le couteau à viande jusqu’à la garde dans le cou du boucher d’Evin. Il pousse un cri que je qualifierais d’enfantin. On ne dirait pas qu’il provient d’un adulte en train de mourir. Du moins, ça ne correspond pas à ce que j’imaginais. Sa tête penche vers le côté passager. Je retire ma lame, le sang gicle, macule mes lunettes. Je retourne comme si de rien n’était à mon véhicule. Je pose le couteau ensanglanté sur un plastique, j’enlève mes gants, j’essuie mes lunettes avec ma chemise. Cela ne fait qu’empirer les choses. Je démarre, direction le sud de Téhéran. Je conduis en aveugle. Je roule longtemps, je tourne autour de la capitale de mon pays puis me dirige vers l’ouest à Karaj, ou plus exactement vers le barrage d’Amir Kabir qui surplombe Karaj. Là, je jette l’arme de mon crime dans ses eaux profondes et je reprends la route.

J’arrive en bas de mon immeuble aux alentours de minuit. Je me change dans la voiture. Chez moi, je me regarde dans le miroir. Je n’y vois aucune trace de soulagement. Je tremble. Je ne peux pas croire à ce que je viens de faire. Je ne trouve pas le sommeil. Le lendemain, vers 11 heures, je mange un peu et m’évanouis. Je me réveille tard dans l’après-midi. Le surlendemain, je retourne aux abords d’Evin. Une rumeur circule dans les rangs des familles : Hassan a été poignardé dans sa voiture, il était déjà mort quand on l’a découvert. Voilà, c’est fait. Je viens de commettre l’acte le plus fou de ma vie. N’ayant pas accès à Khamenei et aux autres commanditaires de l’assassinat de Grand-père, j’ai choisi le premier salaud qui m’était accessible. Je ne connaissais rien de sa situation familiale. Était-il seul ? En couple ? Avait-il des enfants ? Je n’ai pas voulu savoir, cela aurait rendu le passage à l’acte encore plus difficile. Je ne suis ni religieux ni croyant, mais il n’est pas nécessaire de l’être pour savoir que tuer, c’est mal. Pourtant, je suis persuadé que si ce que j’ai fait n’est pas un acte noble, cela est tout de même juste. Et j’espère que cet homme a mis du temps à mourir, qu’il a expié ses propres crimes. Je ne suis pas fier mais je n’ai pas honte non plus, si un jour je dois payer pour cet acte, je suis prêt.


Les jours et les semaines passent et je ne suis pas inquiété. La vie reprend son cours, je continue à manifester mais l’agitation politique se tasse. Au printemps 2010, je remplis une nouvelle mission pour Charles, cette fois en Inde. J’en profite pour rencontrer, un parmi la foule de ses fidèles, le dalaï-lama à Dharamsala. Puis je passe trois jours dans un orphelinat au Tibet. Je suis en quête de spiritualité, j’ai envie de faire le bien, mais je finis par rentrer à Téhéran. Bien assez tôt pour assister depuis mon poste de télévision au retour triomphal d’un des meurtriers de Baba Bozorg.





Le 18 mai 2010, je regarde impuissant la sortie triomphale d’un avion d’Iran Air d’Ali Vakili Rad, condamné par la justice française à la réclusion criminelle à perpétuité. La foule l’acclame tel un héros. Il raconte son incarcération aux médias liés au régime des mollahs, compare la France à un enfer et notre pays à un paradis. Vakili Rad a été libéré par les autorités françaises deux jours après le retour à Paris de Clotilde Reiss.

Cette Française, officiellement lectrice à l’université d’Ispahan, avait été interpellée à l’aéroport de Téhéran. Elle était suspectée d’espionnage pour avoir envoyé un e-mail relatant par le menu les manifestations qui avaient secoué Ispahan après la réélection d’Ahmadinejad. La Française de vingt-trois ans a été incarcérée durant six semaines à Evin avant d’être assignée à résidence à l’ambassade de France. Espionne à la solde de la DGSE ou simple étudiante otage des mollahs, le résultat est le même. Pour la deuxième fois, un homme missionné pour tuer mon grand-père est libéré par le pays qu’il chérissait tant, ce pays dont je suis un ressortissant. La France. Nicolas Sarkozy, comme François Mitterrand en son temps lorsqu’il s’était agi de libérer Anis Naccache, vend son âme au nom de la raison d’État. Alors que j’assiste au spectacle de Vakili Rad se pavanant devant les caméras, je me dis que, quitte à tuer un homme, j’aurais préféré le poignarder lui plutôt qu’Hassan. Mais il faut être réaliste, Ali Vakili Rad est un héros national désormais et difficilement approchable pour l’heure.

Je ne saurais dire si c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ou si c’est parce que les liquidités recommencent à manquer mais je fais un mois plus tard mes adieux à l’Iran. Depuis mon retour en 2004, j’ai déjà dit au revoir quatre ou cinq fois à Téhéran mais j’y suis toujours revenu. Cette fois, je me sépare de toutes mes possessions. Mes quarante-cinq ans d’existence ne se résument plus qu’à une valise et un bagage à main. Je prends un vol qui me conduit d’abord à Amsterdam puis à l’aéroport de Nice. Je n’ai plus jamais après foulé le sol de mon pays.




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MessagePosté le: Dim 17 Aoû 2014 - 22:49    Sujet du message: Publicité

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