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Les textes de Shenesêt

 
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Marine
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Féminin Cancer (21juin-23juil) 蛇 Serpent
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MessagePosté le: Lun 21 Juil 2014 - 00:17    Sujet du message: Les textes de Shenesêt Répondre en citant

 

TEXTE
 De l'Origine des Puissances.

 
1. Inspiré par l'esprit du Père de la vérité et se référant aux "puissances des ténèbres" (1), le grand Apôtre nous a dit que "nous n'avons pas à combattre contre la chair et le sang, mais contre les puissances maîtresses de ce monde de ténèbres, contre les esprits pervers" (2). C'est pourquoi je vous ai mandé ceci, puisque vous vous êtes interrogés au sujet de la réalité (de ces) puissances.
 2. Leur chef est aveugle. (Poussé par son) pouvoir, son ignorance et (sa) vanité, il déclara avec arrogance: "C'est moi qui suis Dieu. Il n'y en a pas (d'autre que moi)."

 Disant cela, il pécha contre l'Univers (3). Or, son discours fut perçu par l'lncorruptible, et il vint une voix émanant de l'incorruptibilité, qui dit: "Tu te trompes, Samaël" (ce qui veut dire "Dieu des aveugles"(4).

 3. Ses pensées s'enténébrèrent. Et, ayant par le blasphème qu'il avait proféré laissé échapper de lui sa puissance, il la poursuivit, à l'instigation de Pistis Sophia, en descendant (vers) le Chaos et vers l'Abysse sa mère, qui établit les enfants de celui-là, chacun selon son pouvoir, sur le modèle des éons qui sont dans la hauteur: car c'est, à l'origine, à la ressemblance du monde invisible que le monde visible a été conçu à partir de celui qui est caché.

 4. Lorsque l'lncorruptibilité abaissa son regard vers la région des eaux, son image apparut dans les eaux (5) et les maîtres des ténèbres en devinrent amoureux (6). Mais, du fait de leur faiblesse, ils ne purent s'approprier cette ressemblance qui leur était apparue dans les eaux: les psychiques, en effet, ne peuvent comprendre les Pneumatiques (7), car ils sont d'en bas, alors qu'elle était d'en haut.

 C'est pourquoi l'lncorruptibilité regarda en bas vers la région des eaux en vue d'unir, selon la volonté du Père, le Tout à la Lumière.
  5. Les archontes firent des projets et dirent: "Allons, faisons un homme qui soit de la poussière de la terre." lls modelèrent leur créature comme si elle était entièrement de terre.

Or, le corps dont sont faits les archontes est femelle, c'est un avorton d'apparence animale.

 Ayant pris de la (poussière) de la terre, ils modelèrent leur (homme) d'après leurs (propres) corps et (à la ressemblance de l'image) du dieu qui (leur) était apparue dans les eaux (8). Ils dirent: "(Allons !) façonnons-le conformément au modèle que nous avons perçu, (en sorte qu') il puisse voir sa [...] et que nous l'emprisonnions dans la forme que nous avons façonnée", n'ayant pas compris, vu leur impéritie, la puissance de Dieu. Ce dernier souffla dans son visage, et l'homme acquit une âme sur la Terre pour de longs jours (9).

 6. Toutefois, étant donnée leur impéritie, ils n'arrivèrent pas à le faire se tenir debout (10). Ils s'obstinèrent à souffler tels des vents de tempête (11), tentant de capter cette ressemblance qui leur était apparue dans les eaux, mais dont ils ne comprenaient pas le pouvoir.

 7. Tout cela cependant était arrivé par la volonté du Père du Tout. Peu après, I'Esprit aperçut sur le sol l'homme pourvu d'une âme. Et l'Esprit sortit du Monde adamantin, il descendit et vint en lui, et l'homme devint une âme vivante. Il lui donna le nom d'Adam parce qu'il l'avait trouvé rampant sur la terre (12).

 8. Une voix sortit de l'lncorruptibilité en vue d'une aide à Adam (13) et les archontes rassemblèrent toutes les bêtes de la terre, ainsi que les oiseaux du ciel, pour voir comment Adam les dénommerait, pour qu'il donne un nom à chacun des oiseaux et à toutes les bêtes (14).

 (Ensuite,) les archontes prirent Adam (et) ils le placèrent dans un verger (15) pour qu'il (le) cultive et en assure la garde. Ils lui donnèrent un ordre, disant: "Tu mangeras de (tous les) arbres dans le verger, mais (de) I'arbre de la connaissance du bien et du mal, n'en mange pas; n'y touche (pas) non plus, car le jour où vous (en) mangeriez, vous péririez de mort" (1)6. (Mais ils lui dirent cela) sans bien comprendre ce (qu'ils lui avaient dit.) Car, par la volonté du Père, ils le lui dirent de telle sorte qu'ils pouvaient (en réalité) en manger, afin qu'Adam les voie comme s'il était un homme d'une nature uniquement hylique (17).

 9. Les archontes se concertèrent et dirent: "Allons, faisons tomber sur Adam un profond sommeil." Et il s'endormit. Or, ce sommeil qu'ils firent tomber sur lui pour le faire dormir, c'est l'ignorance. Ils tranchèrent alors (dans) son côté, celui qui était pareil à une femme vivante, puis ils reconstituèrent ce coté en mettant de la chair à la place (18) .

 10. Alors, Adam ne fut plus entièrement qu'une âme. Et la femme pneumatique vint vers lui et elle lui parla, disant: "Redresse- toi, Adam !" Et, lorsqu'il l'eut vue, il dit: "C'est toi qui m'as donné vie: tu seras appelée Mère des vivants. Car c'est elle qui est ma mère (19), elle est l'accoucheuse et la femme et celle qui a présidé à la naissance"(20).

 11. Alors, les archontes s'approchèrent de leur Adam. Et, quand ils virent sa contre-partie féminine parler avec lui, un grand émoi les saisit (21) et ils la désirèrent. Ils se dirent l'un à l'autre: "Allons ! jetons en elle notre semence" et ils la poursuivirent. Mais elle se rit d'eux à cause de leur stupidité et de leur aveuglement, et elle se changea en arbre devant eux tous. Elle étendit devant eux le reflet de son ombre, qui lui ressemble (22), et c'est celle- ci qu'ils souillèrent abominablement, polluant ainsi l'empreinte qu'elle lui avait imprimée: c'est ainsi qu'en s'en prenant à l'image qu'elle avait dessinée en même temps que la leur, ils provoquèrent eux-mêmes leur propre condamnation

 12. Alors, le principe féminin pneumatique s'introduisit (dans) le Serpent, I'lnstructeur (24), qui se mit à les enseigner, disant: "Que vous a-t-on (dit) ? Était-ce: de tous les arbres du jardin, vous en mangerez, mais (de l'arbre) de la connaissance du mal et du bien, n'en mangez pas ?" La femme de chair dit: "Non seulement on a dit: n'en mangez pas, mais même: n'y touchez pas, car le jour où vous en mangeriez, vous péririez de mort."

 Le Serpent, I'lnstructeur, dit alors: "Vous ne périrez pas de mort. C'est par jalousie qu'on vous a dit cela. Au contraire, vos yeux s'ouvriront et vous deviendrez comme les dieux, distinguant le bien et le mal" (25). (Mais) le principe instructeur féminin se retira (alors) du Serpent et le quitta, ne laissant derrière lui qu'un être de terre.

 13. La femme de chair prit alors (du fruit) de l'arbre et en mangea, puis elle (en) donna à son mari comme à elle: et ces êtres psychiques mangèrent. Alors, leur déficience devint patente, vu leur manque de connaissance, et ils s'aperçurent qu'ils avaient été dépouillés de l'esprit pneumatique (26). Ils prirent des feuilles du figuier et s'en ceignirent les reins.

 14. Alors, le grand Archonte arriva et il dit: "Adam, où es-tu ?" car il ne savait pas ce qui s'était passé (27). Adam répondit: "J'ai entendu ta voix et j'ai pris peur, parce que j'étais nu, et je mesuis caché."
 L'Archonte dit: "Pourquoi t'es-tu caché ? sinon parce que tu as mangé du seul arbre dont je t'avais ordonné: n'en mange pas. Alors, tu en as mangé ?" Adam dit: "La femme que tu m'as donnée, (elle m'en a présenté) et j'ai mangé" (28).
 L'Archonte arrogant, alors, maudit la femme. La femme dit: "C'est le Serpent qui m'a poussée (et) j'ai mangé." (lls se tournèrent) vers le Serpent et maudirent son ombre, (en sorte qu'elle devint) impuissante, ne sachant pas (qu'elle) n'était que l'image d'eux- mêmes (qu'ils avaient) dessinée. Depuis lors, le Serpent est sous la malédiction des archontes: jusqu'à ce que vint l'Homme parfait, cette malédiction a pesé sur le Serpent.

 15. Alors, ils se tournèrent vers leur Adam, ils le prirent (et ils) le jetèrent hors du verger avec sa femme: car il n'y a pas en eux de bienfaisance, du fait qu'ils sont eux-mêmes plus bas que la malédiction.
 Bien plus, ils tourmentèrent l'homme par de grandes tribulations et une vie pleine de soucis, afin que l'humanité soit accaparée par la vie matérielle et n'ait pas la possibilité de se consacrer à l'Esprit saint (29).

 16. Dans la suite, elle enfanta Caïn, leur fils. Et Caïn cultiva la terre. (L'homme) connut à nouveau sa femme, qui devint grosse une nouvelle fois et enfanta Abel. Et Abel fut pasteur de moutons (30).
 17. Or, Caïn présenta des fruits de son champ, tandis qu'Abel présentait un sacrifice de ses agneaux. Dieu regarda les offrandes d'Abel, mais il n'agréa pas les offrandes de Caïn.
 Et Caïn, I'homme charnel, abattit son frère Abel. Alors, Dieu dit à Caïn: "Où est Abel, ton frère ?" Il répondit, disant: "Suis- je donc le gardien de mon frère ?" Dieu dit à Caïn: "Écoute ! la voix des sangs de ton frère crie vers moi. Tu as péché par ta bouche.
Cela se retournera contre toi. (Cependant, ) quiconque tuerait Caïn déchaînerait sept vengeances. Tu vivras donc en gémissant et en tremblant sur la terre" (31).

 18. Alors, Adam (connut) sa ressemblance féminine, Eve, et elle devint grosse, et d'Adam elle enfanta (Seth). Et elle dit: "J'ai enfanté (un autre) homme de par Dieu, en place (d'Abel)" (32).

 19. Eve devint grosse à nouveau et elle enfanta (Nôréa). Et elle dit: "Il a été conçu en (moi une) vierge comme une aide (33) (pour) beaucoup de générations de l'humanité." Cette vierge, les archontes ne l'ont pas souillée.

 20. Alors, I'humanité se mit à se multiplier et à croître. Les archontes prirent conseil les uns des autres et dirent: "Allons ! provoquons un déluge de nos propres mains et anéantissons toute chair, hommes et animaux."

 21. Mais, quand l'Archonte des Forces (34) apprit leur résolution, il dit à Noé: "Fais-toi une arche d'un bois imputrescible et cachez- vous en elle, toi et tes enfants, avec les animaux et les oiseaux du ciel, du plus petit au plus grand, et fabrique-la sur la montagne de Sir" (35).

 22. Alors, Oréa vint à lui pour monter dans l'arche. Mais, comme il ne la laissait pas monter, elle souffla sur l'arche et fit en sorte qu'elle soit détruite par le feu. Il construisit alors l'arche une deuxième fois.

 23. Les archontes vinrent à sa rencontre avec l'intention de l'abuser. Leur chef suprême lui dit: "Eve, ta mère, est venue à nous." Mais Noréa (36), se tournant vers eux, leur dit: "C'est vous qui êtes les gouverneurs des ténèbres ? Vous êtes maudits et vous n'avez pas connu ma mère, mais c'est votre équivalent féminin que vous avez connu. Aussi ne suis-je pas issue de vous: c'est, bien au contraire, du monde d'en haut que je suis venue."
 L'archonte arrogant (37) fit appel à tout son pouvoir et son apparence devint pareille à [ ... ] noir. Il lui dit, dans sa présomption: "Il te faut nous rendre service (comme l'a fait) ta mère Eve, car on m'a [...]."

 24. Mais Noréa se tourna, grâce à la puissance de [ ... ] cria d'une grande voix (vers le) Saint, le Dieu du Tout: "Protège-moi des archontes d'iniquité et sauve-moi de leur emprise !"

 25. Alors, un ange descendit des cieux et lui dit: "Pourquoi cries-tu vers Dieu ? Pourquoi te montres-tu aussi téméraire envers l'Esprit saint ?"
 Nôréa dit: "Qui es-tu ?"&emdash;Les archontes d'iniquité s'étaient éloignés d'elle.&emdash;Il répondit: "Moi, je suis Elelêth l'avisé (38), le grand ange qui se tient debout en présence de l'Esprit saint (39).

J'ai été envoyé pour m'entretenir avec toi et (pour) te délivrer des griffes de ceux qui sont sans loi. Et je te ferai connaître tes racines".&emdash;Or, cet ange, je ne suis pas capable de dire sa puissance.
Son apparence est comme de l'or fin et sa vêture comme la neige.

Vraiment, ma bouche n'est apte, ni à exprimer sa puissance, ni à décrire son visage.&emdash;

 26. Elelêth, le grand ange, me parla: "Moi, dit-il, je suis intelligence; je suis l'un des quatre illuminateurs (40) qui se tiennent debout (41) en présence du Grand Esprit invisible (42). Crois-tu que ces archontes aient quelque pouvoir sur toi ? Aucun d'eux ne pourra prévaloir contre la racine de la vérité, car c'est à cause d'elle que s'est produite ces derniers temps la Manifestation et ces autorités seront vaincues. Et elles ne pourront pas te souiller, pas plus que cette génération, car votre place est dans l'lncorruptibilité, là où habite l'Esprit virginal (43), lequel domine les autorités du Chaos et leur monde."

 27. Alors je dis: "Seigneur, instruis-moi des capacités (de) ces autorités. Comment sont-elles venues à l'existence ? et à partir de quelle origine et en quelle matière ? et qui les créa, elles et leur pouvoir ?"

 28. Et le grand ange Éleleth, I'lntelligence, me parla:
 "Dans les éons sans limite réside l'incorruptible Sophia, encore appelée Pistis (44). Elle voulut créer seule quelque chose, sans son conjoint (45), et elle produisit un être céleste.

"Entre le Monde d'en haut et les éons d'en bas, il y a un voile, et une ombre se dessina sous ce voile. Cette ombre devint matière et cette ombre fut projetée plus bas. Et ce qu'elle avait produit devint un être matériel semblable à un avorton. Mais il reçut une forme façonnée comme provenant de l'ombre et il devint une bête arrogante ressemblant à un lion (46).

 29. "Il était androgyne, puisqu'il était, je viens de le dire, sorti de la matière. Ouvrant les yeux, il aperçut la matière vaste et étendue, et il devint arrogant, il dit: Moi, je suis Dieu et il n'y en a pas d'autre que moi. Disant cela, il pécha contre le Tout. Mais il sortit d'au-dessus de l'Eon suprême une voix qui dit: Tu te trompes, Samaël (c'est le dieu des aveugles) (47).

 "Mais il rétorqua: S'il existe quelqu'un d'autre d'antérieur à moi, qu'il se montre à moi ! (48) Aussitôt, Sophia étendit son doigt et elle fit parvenir la lumière au sein de la matière, et elle la suivit jusqu'en bas, dans les régions du Chaos. Puis, elle partit en remontant dans sa lumière. L'obscurité, à nouveau, (envahit alors) la matière (49).

 30. "Cet Archonte, qui est androgyne, se bâtit un autre domaine, d'une grandeur sans limite, et il résolut de susciter de lui des enfants. Il créa pour lui-même sept enfants, androgynes comme leur auteur, et il dit à ses enfants: "Je suis le Dieu du Tout ".
 "Mais Zoé, la fille de Pistis Sophia, lui dit en criant: Tu fais erreur, Saclas (un nom occulte pour laldabaôth) (50). Elle lui souffla au visage et son souffle devint pour elle un ange de feu, et cet ange lia laldabaôth et le précipita dans le Tartare au fond de l'abîme (51).

 31. "Alors, lorsque son enfant Sabaôth eut vu le pouvoir de cet ange, il fut retourné et il condamna son père, ainsi que sa mère, la matière. Il prit celle-ci en aversion, et il célébra Sophia et sa fille Zoé.
 "Aussi Sophia et Zoé l'enlevèrent-elles pour l'établir sur le septième ciel, en dessous du voile qui se trouve entre la hauteur et les bas-fonds. On l'appela le Dieu des Forces, Sabaôth (52), parce qu'il est supérieur aux Forces du Chaos, du fait que Sophia l'y a établi.
 "Après (tout) cela, il se fabriqua un grand char à quatre faces de chérubins (53), avec pour l'assister un nombre immense d'anges (porteurs) de harpes et de cithares.

 32. "Et Sophia emmena sa fille Zoé pour la faire asseoir à sa droite en vue de lui enseigner ce qu'il y a dans l'Ogdoade, et elle plaça à sa gauche l'ange (de la) colère. (Depuis) ce jour, on appela sa (droite) Vie, tandis que la gauche fut le modèle de l'iniquité issue de l'Eon du pouvoir suprême d'en haut. C'est avant ton temps qu'ils sont venus à l'existence.

 33. "Mais, lorsque laldabaôth le vit établi dans cette grande gloire et à cette hauteur, il en devint jaloux (54) et cette envie devint un être androgyne (55). C'est là l'origine de l'envie, et l'envie engendra la mort, et la mort engendra des enfants, à chacun desquels elle attribua un ciel, et tous les cieux du Chaos furent emplis de leur multitude (56).

 34. "Or, c'est en conformité avec la volonté du Père du Tout (57) que tout cela se produisit, à l'exemple de toutes les choses d'en haut, afin que tout le Chaos puisse être empli.

 35. "Voici donc que je t'ai instruite de l'histoire des archontes et de la matière en laquelle ils ont été créés, et (aussi) de leur auteur et de leur monde."

 36. Mais je dis: "Seigneur, suis-je, moi aussi, faite de leur matière ? "
Toi, de même que tes descendants, vous êtes issus du Père primordial. C'est d'en haut, de la Lumière impérissable, que sont venues leurs âmes. Aussi les autorités ne pourront-elles s'approcher d'eux, grâce à l'Esprit de vérité présent en eux, et tous ceux qui ont acquis la connaissance de ce chemin sont immortels parmi les hommes mortels. Cependant, cette semence ne se manifestera pas aujourd'hui. Après trois générations toutefois, elle se manifestera et elle rejettera loin d'elle le joug d'erreur des autorités."
 
37. Alors, je dis: "Dans combien de temps, seigneur ?" Il répondit: "Lorsque l'Homme vrai révélera, au moyen d'une image modelée, I'existence de (I'Esprit de) vérité que le Père aura envoyé. "C'est lui alors qui les instruira de toutes choses. Et il les oindra du chrême de la vie éternelle, qui lui aura été remis par la génération autonome 58.

 Alors, ils seront affranchis de la pensée aveugle et ils fouleront aux pieds la mort issue des puissances. Et ils monteront dans
la Lumière sans limite, là où repose cette semence. "Dès lors, les puissances délaisseront leurs éons et leurs anges pleureront sur leur destruction, tandis que leurs démons lamenteront leur mort.

 "Alors, tous les enfants de la Lumière connaîtront vraiment la vérité et leur racine, ainsi que le Père du Tout et l'Esprit saint. Tous, ils diront d'une seule voix: La Vérité du Père est juste et le Fils règne sur le Tout."
 38. Et tous clameront, dans les siècles des siècles: "Saint, saint, saint ! Amen."
 
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MessagePosté le: Lun 21 Juil 2014 - 00:17    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 21 Juil 2014 - 00:31    Sujet du message: Les textes de Shenesêt Répondre en citant

L'HYPOSTASE DES ARCHONTESPar André Wautier

Le texte ci-dessus est extrait du Tome V-VI des textes de Shenesêt:Versions françaises et commentaires par André Wautier

Thot-Hermès et les Séthiens
Citation:

suivi de
Citation:

Nôréa, fille d'Adam

Versions françaises et commentaires par André Wautier
Citation:

éditions Ganesha ISBN 2-8914-5035-3



Cet écrit, qui a également pour titre "De l'origine des Puissances" (1), figure dans le codex no II de Shenesêt entre "L'évangile de Philippe" et le traité sur "les Origines du Monde" qui ouvre le présent numéro VI.

Sa première partie, qui constitue à nouveau une réinterprétation gnostique du début de la Genèse, n'est, en fait, que la répétition, sous une autre forme, de faits racontés aussi dans d'autres traités, tels que "Le Livre secret de Jean", "L'évangile égyptien", "Les Révélations d'Adam", etc. Mais il comprend en outre un récit de la naissance de Nôréa (2), une soeur de Seth, née après lui, tandis que Barbèlô y est appelée Sophia.
 Dans la deuxième partie, cette Nôréa s'entretient, après le déluge, avec l'ange de lumière Elelêth (3), lequel apparaît, lui aussi, dans plusieurs autres des textes de Nag-Hammadi. Il lui donne certains détails complémentaires au sujet de quelques-uns des événements relatés dans la première partie ou dans d'autres traités. Comme dans "Les Origines du Monde", Sabaôth est présenté ici comme un fils de Ialdabaôth qui aurait renié les actes de son père (4) .
 Le texte se termine par une sorte de poème où il est prédit que l'Homme vrai (c'est-à-dire sans doute Seth) se réincarnera dans celui qui sera le Sauveur.
 Ce traité a déjà fait l'objet de plusieurs éditions savantes, entre autres celle, bilingue (copte-français), de Bernard Barc, publiée aux Éditions de l'Université Laval, à Québec, dans la collection "Bibliothèque copte de Nag-Hammadi". Pour l'établissement de la version française qui va suivre, il a été tenu compte de la traduction française contenue dans cette publication, ainsi que de la traduction anglaise de Bentley Layton dans The Nag Hammadi, Library in English (5).
 
Notes
 
1) Dans le texte du manuscrit figurent tour à tour les dénominations exousia (puissances) et narchôn (archontes). Bernard BARC, dans son étude signalée plus loin, y voit l'indice de ce qu'un compilateur aurait combiné au moins deux traités antérieurs d'auteurs différents. Il y a effectivement en outre dans le texte des répétitions qui s'expliquent difficilement d'une autre façon, même si l'on tient compte de ce que, dans beaucoup d'autres écrits de Shenesêt également, ces deux mots sont pratiquement synonymes: v. not. "L'Ascension de Paul", n° 2 (V. Ci-dessus, n° V, p. 63, et la note 2, P. 66).


2) Au sujet de Nôréa et de Nôrea, v. aussi ci-dessus, introduction, p. 98, et Épiphane, Panarion XXVI, I, 4 à 9.


 3) Selon Michel TARDIEU, le nom d'Élelêth Serait une autre forme de Lilith&emdash; ce qui paraît assez douteux&emdash;et aurait pour synonyme grec Hypsiphronè ("Le Codex de Berlin", Éd. du Cerf, Paris, 1984, P. 273).


Il est à remarquer, à ce propos, que parmi les textes de Nag-Hammadi figure un traité très court portant le titre d' "Hypsiphrone", qui a été publié dans le n° IV de la présente collection.



Mais Elelêth est probablement, en réalité, l'Enlil des sumériens: voy. Maurice et Paulette DERIBERÉ, "Histoire mondiale du Déluge" (Laffont, Paris 1978), PP. 63, 66 & 69-70. La terminaison -êth fait en tout cas présumer qu'il s'agit d'un être féminin, car cette désinence est fréquente, en égyptien ancien, dans les noms féminins.



V. not. ci-dessus, n° V, Introd., p. 5: Isêt et Nekbêt (Isis et Nephthys), et André ~WAUTIER, "Histoire du Cabbalisme" (Chez l'auteur, Bruxelles, 1988), p. 55, les quatre couples de "grands vénérables" qui se seraient posés sur la Terre immédiatement après sa création (cf. Philippe Azlz, "Moïse et Akhenaton", Laffont, Paris, 1979, p. 219).


4) V. ci-dessus "Les Origines du Monde", n° 14, pp. 103 et 110.
5) Harper & Row, New-York, et Brill, Leyde, 1977.
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MessagePosté le: Lun 18 Aoû 2014 - 22:21    Sujet du message: Les textes de Shenesêt Répondre en citant

Ayant pris de la (poussière) de la terre, ils modelèrent leur (homme) d'après leurs (propres) corps et (à la ressemblance de l'image) du dieu qui (leur) était apparue dans les eaux (8). Ils dirent: "(Allons !) façonnons-le conformément au modèle que nous avons perçu, (en sorte qu') il puisse voir sa [...] et que nous l'emprisonnions dans la forme que nous avons façonnée", n'ayant pas compris, vu leur impéritie, la puissance de Dieu. Ce dernier souffla dans son visage, et l'homme acquit une âme sur la Terre pour de longs jours (9).

6. Toutefois, étant donnée leur impéritie, ils n'arrivèrent pas à le faire se tenir debout (10). Ils s'obstinèrent à souffler tels des vents de tempête (11), tentant de capter cette ressemblance qui leur était apparue dans les eaux, mais dont ils ne comprenaient pas le pouvoir.

. Tout cela cependant était arrivé par la volonté du Père du Tout. Peu après, I'Esprit aperçut sur le sol l'homme pourvu d'une âme. Et l'Esprit sortit du Monde adamantin, il descendit et vint en lui, et l'homme devint une âme vivante. Il lui donna le nom d'Adam parce qu'il l'avait trouvé rampant sur la terre (12).

Tiré des textes gnostiques, extrait du Tome V-VI des textes de Shenesêt
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MessagePosté le: Lun 25 Aoû 2014 - 20:17    Sujet du message: Les textes de Shenesêt Répondre en citant

Citation:
Il est évident que, si certains affirmaient de Jésus qu’il était mort, c’est qu’il avait vécu. Ce qui obscurcit l’histoire de l’homme Jésus, du Nazaréen, c’est que ceux qui écrivirent sa vie en des récits qu’on appellera, dans le courant du IIe siècle, « évangiles » (à l’instar de l’Evangelion de Cerdon, publié par Marcion dans les circonstances que l’on verra plus loin) mêlèrent, aux épisodes qui le concernent personnellement, des quantités de faits qui avaient eu pour auteurs d’autres personnages plus ou moins notoires, dont plusieurs, ce qui ne simplifie évidemment pas les choses – avaient porté, eux aussi, le nom de Jésus (8).

C’est ainsi que Jésus le Nazaréen, on le sait, avait notamment d’abord été disciple de Jean, qui le baptisa, puis s’était séparé de lui dans la suite. Cela n’était pas sans analogie avec l’histoire, advenue environ un siècle auparavant, d’un autre Jésus, lequel s’était, lui aussi, séparé de son maître Josué ben Perahia et en qui d’aucuns ont cru reconnaître, peut-être à juste titre, le Maître de Justice des esséniens de Coumrâne (9).

Le fait est que bon nombre de citations bibliques de l’Ancien Testament ont été appliquées aussi bien audit Maître de Justice qu’à Jésus le Nazaréen, notamment pour soutenir que leur supplice avait été prédit (10).

Les deux histoires furent confondues et mêlées, principalement chez les convertis de la région de Philadelphie (autrefois Rabbat Ammon, aujourd’hui Amman), ce qui explique, non seulement les influences esséniennes très perceptibles dans l’actuel évangile selon Matthieu, qui a sans doute été écrit à Rome par plusieurs rédacteurs, dont quelques-uns étaient originaires de cette région, mais aussi certaines particularités étranges de vies de Jésus écrites par des juifs au Moyen Age en manière de pamphlets contre les chrétiens : Toldôt Iéshou Hanotsri (Histoires de Jésus le Trompeur).

Ces écrits, où abondent les anachronismes, paraissent bien notamment avoir confondu Jésus ben Pandera et Jésus le Nazaréen (11), car le
Iéshouo ou Iéshou (on supprime presque toujours l’ayine final, comme dans le Talmud, ou on le remplace par un hé) qu’ils mettent en scène aurait, dans plusieurs manuscrits, été le disciple d’un Josué ben Parakhai dont on remarque que le nom est très voisin de celui de Ben Perahia. Parmi les autres étrangetés de ces récits, notons encore que Marie n’y est pas toujours fiancée à Joseph, mais souvent à Jean, et qu’intervient assez curieusement, à plusieurs reprises, une princesse Hélène, cependant qu’il n’est nulle part question de Pilate, ni même d’Hérode Antipas.


Citation:
Quant à la personnalité même du Jésus chrétien, l’appellation de « fils de Dieu » qui lui sera parfois donnée devait, auprès des juifs et peut-être d’autres encore, prêter à confusion, car cette notion devait nécessairement être comprise différemment par les juifs et les autres. Comme l’a fort bien exposé Johannes Lehmann dans son « Dossier Jésus » (15), la plupart des païens, ceux qui étaient de culture grecque en
particulier, ne pouvaient comprendre cette expression que dans son sens littéral, habitués qu’ils étaient à trouver dans leurs mythologies des récits de dieux s’accouplant avec des mortels et engendrant ainsi des héros, hommes ou femmes de nature divine.

Plutarque trouvait même plausible l’idée, d’origine égyptienne, qu’une femme puisse être fécondée par l ’» esprit « de Dieu (16). De même, chez les hindous, la deuxième personne de leur Trinité, de leur Trimourti, Vishnou, s’était-il incarné à plusieurs reprises en divers avâtaram, le dernier en date étant Krishna dont le nom et la légende présentent tant d’analogies avec le Jésus-Christ des Evangiles. Pour les juifs, au
contraire, l’expression « fils de Dieu » n’implique pas nécessairement un lien de parenté et ce n’est certainement pas dans ce sens que l’entendaient Pierre, Marc et leurs émules d’origine juive. L’idée même d’un dieu ou même d’une « émanation » de Jéhovah s’incarnant dans un homme était tout à fait contraire à leurs conceptions et il avait fallu des gnostiques comme Cérinthe ou Elchasaï, pour la propager parmi eux, alors que Jésus le Nazarénien lui-même ne l’avait vraisemblablement jamais revendiquée pour lui de son vivant (17).


Citation:
Peu à peu cependant, dans les milieux gréco-romains où le christianisme et le nazaréisme se propagèrent, les deux notions finiront par se
superposer pour aboutir au personnage composite de Jésus-Christ, à la fois homme et Dieu, qui finira par devenir la seule conception orthodoxe (18). Mais, au début du IIe siècle, on n’en est pas encore là. La conception primitive s’est maintenue chez les musulmans.

Dans leur évangile particulier, qui est attribué à Barnabé, Jean-Baptiste et Jésus ne sont pas appelés « fils de Dieu », mais on leur applique une expression qui se retrouve çà et là dans les autres évangiles : les saints de Dieu (19). Chez les nazaréens de Rome cependant, dont beaucoup étaient juifs ou d’origine juive, la confusion semble s’être faite en outre entre les notions de « fils de Dieu » et de « serviteur de Jéhovah », ceci sans doute à cause d’une traduction ambiguë par la Septante d’un des Psaumes, où Jéhovah dit: « Voici mon serviteur que je soutiens, celui que j’ai élu ». Le texte hébreu porte ébed IHWH, ce qui veut dire « serviteur de Jéhovah » et que la Septante avait traduit par
« %%%%%%%% » en grec, veut dire aussi bien enfant que serviteur, tout comme le latin puer. Ce verset des Psaumes ayant été appliqué à Jésus, ainsi que le chapitre 52, v.13, d’Isaïe où revient la même expression, de serviteur de Jéhovah, de Dieu, Jésus devint son « enfant », puis son fils, puisqu’il était de sexe masculin.


Citation:
Ensuite, il fallut qu’il ait eu une enfance, ce dont les premiers textes évangéliques ne parlaient pas (et, même dans sa version canonique, Marc n’en parle toujours pas). C’est ensuite sans doute que seront rédigés des « évangiles de l’enfance », qui inspireront à leur tour les récits de la nativité dans Luc et dans Matthieu, puis que naquit finalement le culte de l’Enfant-Dieu et aussi la nécessité que la naissance du Fils de
Dieu fût exempte de toute souillure : d’où la légende de la naissance virginale, Jésus ne pouvant être issu d’une union charnelle, jugée impure. On voit quel engrenage a été enclenché par cette simple traduction équivoque de la Septante


Citation:
Quant à la vie de Jésus le Nazarénien, comme elle était malgré tout assez mal connue, on ajouta à ce qu’en avaient raconté Pierre et Marc, on l’a vu plus haut, divers faits qui étaient arrivés à d’autres Jésus, et aussi à plusieurs personnes qui avaient un moment passé pour être le Messie.


Citation:
Aussi ceux qui relataient les faits et les paroles qu’ils attribuaient au rabbi Jésus en voulant montrer qu’il avait réellement été ce Messie, mais que sa mission avait été moins de libérer Israël du joug romain que de sauver l’humanité tout entière de ses malheurs, s’attachèrent ils en outre à faire concorder les détails, les uns réels, certains empruntés à d’autres personnages, et quelques-uns mêmes purement imaginaires et inventés pour les besoins de la cause, avec diverses prédictions et autres passages des Ecritures considérées comme messianiques, passages que l’on adaptait d’ailleurs ou qu’on interprétait de façon à les faire coller le plus exactement possible aux faits racontés (21).

C’est ainsi notamment que plusieurs des miracles attribués à Jésus avaient déjà été prêtés à Elie ou à Elisée (22). Cela est vrai surtout pour les détails de la Passion. On a vu, dès le début de la présente étude, comment la lapidation de Jésus le Nazaréen avait pu être confondue à
Rome avec une crucifixion à la romaine (23), et comment, ensuite, ce supplice lui-même se superposa à la mise en croix mystique et cosmique du Fils de Dieu de Paul et à la crucifixion, réelle celle-là, de Jean-Dosithée.
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MessagePosté le: Lun 25 Aoû 2014 - 20:32    Sujet du message: Les textes de Shenesêt Répondre en citant

Les mythes de la résurrection et de l’ascension

Il est très difficile de ventiler, dans le texte actuel des Evangiles canoniques, et même dans celui de la plupart des apocryphes, qui nous a presque toujours été transmis mutilé ou altéré, ce qui, dans les récits de la Passion, provient de l’un ou de l’autre de ces deux événements réels et de ce fait imaginaire ; mais les narrateurs, dans un cas comme dans l’autre, ont tenu à rattacher les faits qu’ils contaient au plus grand nombre possible de prophéties des Écritures hébraÎques, canoniques ou deutéro-canoniques.

On ne citera que deux exemples, parmi de nombreux autres. Dans le Testament de Lévi (XVI, 3), on pouvait lire ceci : « L’homme qui aura renouvelé la Loi par la vertu du Très-Haut, vous le traiterez d’imposteur et finalement, vous vous jetterez sur lui pour le tuer, ne sachant pas qu’il se relèverait en faisant retomber sur vos têtes le sang innocent par votre malice. » C’est pourquoi les juifs, dans les Évangiles, diront
à Pilate, qui s’efforce de relâcher Jésus : « Que son sang retombe sur nous et nos enfants » (Mat. XXVII, 24-25). Dans les Psaumes, on peut lire ceci, selon la version grecque des Septante : « Ils ont percé mes mains et mes pieds » (XXII, 17), ce qui est à l’origine de la légende d’une crucifixion de Jésus au moyen de clous, en plus des cordes au moyen desquelles le supplicié était habituellement attaché à la croix, un seul
gros clou étant fiché entre les jambes sous le périnée pour soutenir son corps.

Les Évangiles ne parlent pas de cet enclouement. Seul Jean y fait implicitement allusion à propos de l’incrédulité de Thomas (XX 25), mais cette addition au texte est tardive. C’est Justin, dont on aura à reparler plus loin, qui rapportera dans ses oeuvres une tradition basée sur le passage susdit des Psaumes (24), qui est d’ailleurs traduit tendancieusement, car l’original hébreu signifie plutôt : « On m’a tailladé les mains et les pieds… »

De plus en plus se répandra aussi la légende d’une résurrection de ce Jésus. Mais les passages des évangiles qui la relatent et qui narrent les événements qui sont censés l’avoir suivie sont très différents de l’un à l’autre et d’ailleurs non exempts de contradictions, preuve qu’ils rapportent à ce sujet des traditions différentes, évidemment bien postérieures à la lapidation du Nazaréen. Dans Matthieu notamment, Jésus fait donner rendez-vous à ses disciples en Galilée par les saintes femmes venues sur le tombeau ; ils s’y rendent, Jésus leur délivre un dernier message, et il n’y a pas d’ascension. Dans Marc, c’est un ange qui fait donner le rendez-vous en Galilée puis un appendice manifestement ajouté après coup (XVI, g-20) résume les finales de Luc et de Jean. Dans Luc, les disciples ne quittent pas la région de Jérusalem et c’est à Béthanie que Jésus s’élève au ciel. Dans Jean enfin, Jésus apparaît à Marie, puis aux disciples, d’abord à Jérusalem, puis près du lac de Tibériade, où a lieu la pêche miraculeuse, et il n’y est pas plus question d’ascension que dans Matthieu.. Ce mythe de l’ascension paraît d’ailleurs relativement tardif. Ici encore, il semble que d’aucuns aient pris à la lettre et dans un sens matériel ce qui n’était que symbolique (25).

L’ascension ne figurait certainement pas dans les textes de base des nazaréens et, si elle se trouve actuellement dans les Évangiles canoniques de Luc et de Marc, c’est sous l’influence des doctrines gnostiques auxquelles, après s’y être opposée, la Grande Eglise reprendra certains éléments doctrinaux, ainsi qu’on le verra. Mais, suivie d’une ascension ou non, il est impossible que la légende d’une résurrection de Jésus soit née à Jérusalem ou ailleurs en Judée. Tout comme l’idée d’un fils de Dieu s’incarnant dans un corps d’homme, celle d’une résurrection d’un homme, même pénétré de la grâce divine, était totalement étrangère à la pensée juive et devait même paraître scandaleuse à des juifs pieux. Leurs Ecritures ne relatent rien de semblable.

Sans doute un patriarche et un prophète, Hénoch et Elie, étaient-ils montés aux cieux, avaient-ils donc été l’objet d’une sorte d’» ascension », mais c’était sans être morts et s’être « relevés » auparavant, tout comme aussi le grand instructeur tibétain Padma-Sambhava et l’hindou Ardjouna (26). C’est ce qui motive sans doute le scepticisme de Nicodème dans la célèbre scène de nuit du chapitre III, 1-15, de l’Évangile selon Jean (les versets 16-21 qui suivent paraissent être une « suite » au prologue I, 1-18, mais on n’aperçoit pas la raison de ce déplacement de texte).

Pour des païens gréco-romains, au contraire, pareil avatar n’avait rien d’insolite, car leurs mythologies étaient pleines de récits de ce genre. De même, les juifs de la diaspora, mêlés qu’ils étaient aux populations païennes, devaient eux aussi, par cela même, y être plus réceptifs que ceux qui étaient restés en Palestine. Une certaine osmose avait même fini par se faire, dans la partie orientale dé l’Empire romain, puis à
Rome même, entre la pensée gréco-romaine et les conceptions orientales, tant juives qu’égyptiennes et que perses (27). Il ne faut donc pas s’étonner que certains écrits primitifs du christianisme contiennent des récits analogues aux récits mythologiques païens et que des traces en subsistent dans les textes canoniques.

On trouve notamment dans le rituel d’initiation aux mystères égyptiens d’Osiris l’épreuve suivante : « Alors, le candidat sera lié sur la croix de bois ; il mourra (symboliquement), il sera enterré et descendu dans le monde inférieur. Après le troisième jour, il sera ramené de parmi les morts et sera emporté au ciel pour être la main droite de Celui de qui il vient, ayant appris à guider les vivants et les morts » (28).

C’est une épreuve de ce genre que Christ devait subir dans certains textes gnostiques, mais cela, une fois de plus, sera pris à la lettre par les chrétiens romains et passera, en conséquence, sous cette forme littérale, dans ceux des Evangiles qui deviendront canoniques, alors que, Berdiaev l’a très bien montré, il y a eu là une confusion entre les divers aspects que présente le temps dans la conscience humaine : « La résurrection », écrit-il, « c’est la victoire sur le temps, un changement, non seulement de l’avenir, mais aussi du passé. Cette résurrection,
impossible dans le temps cosmique et historique, est possible dans le temps existentiel. C’est en cela que réside le sens de l’avènement du Rédempteur et de Celui qui fait ressusciter » (29) (30).

On a déjà dit aussi ce que le christianisme paulinien, issu lui-même du simonisme, devait aux légendes orphiques (30). Mais même les nazaréens furent de plus en plus influencés par d’autres mythes païens encore, tels que ceux de Dionysos, de Héraklès, d’Esculape, etc., héros mortels qui, après être ressuscités, étaient devenus des dieux (31). Justin d’ailleurs, ce gnostique converti au christianisme éphésien qui devait ensuite prendre parti pour la Grande Eglise de Rome au cours de la crise anti-marcionite dont il sera question au chapitre suivant, avait déjà, dans son livre de Baruch, fait de Héraklès un précurseur de Jésus (32). Ce qui n’a d’ailleurs rien pour surprendre si l’on se rappelle notamment que, d’une part, les douze travaux d’Hercule passent pour avoir une signification astrologique et que, d’autre part, on l’a vu, Cerdon avait réordonné selon les douze signes du zodiaque les aventures prêtées à Christ dans l’évangile écrit par Luc (33).

Or, ce Héraklès, passé dans le monde romain sous le nom d’Hercule, était un des héros les plus populaires de la mythologie gréco-latine et son mythe s’était répandu un peu partout : l’historien Varron avait déjà de son temps pu dénombrer dans le folklore des peuples méditerranéens, 43 héros nommés Hercule ou Héraclès (34), dont la légende doit d’ailleurs elle-même être rapprochée de celle du héros celtique Gargantua (35) (36).

Tous ces héros finiront par se confondre en une légende unique. On peut donc imaginer sans peine qu’il puisse y avoir eu de même de nombreux Jésus qui finiront par se confondre en un seul personnage, présentant d’ailleurs aussi des traits analogues à quelques-uns de ses devanciers païens. C’est ainsi que selon la légende de l’empereur de Chine Liaou Pang, qui fonda la dynastie des Han en 202 avant notre ère et qui reçut à sa mort le titre de Kao-Tsou, sa mère l’aurait conçu au bord d’un étang en rêvant qu’elle se rencontrait avec un dieu ; et, tout enfant, il tua un serpent (36) (37), ce qui est analogue à la fois à Héraklès et à Jésus. Et, de même que Jésus et, avant lui, Jean-Baptiste sont souvent représentés comme de « bons pasteurs » portant une brebis sur leurs épaules, il en était ainsi aussi de Bélèn, dieu nordique devenu le dieu gréco-romain Apollon ; de même encore, Mithra était souvent représenté portant sur ses épaules un taurillon, et Hercule un sanglier.

Enfin, dans le Sepher ha-Zohar, qui est le livre de base du cabbalisme, c’est Moise qui est le « vrai berger ». Il faut d’ailleurs tenir compte du fait que, contrairement aux celtes, aux grecs et à la plupart des peuples hellénisés, qui savaient faire aisément la part, dans toutes ces légendes, du réel et de l’imaginaire, les juifs et les romains, d’esprit plus positif, avaient davantage tendance à interpréter littéralement ou dans un sens matériel ce qui, dans certains récits, tant païens que chrétiens ou nazaréens, était plutôt mythique ou allégorique (37). De moins en moins, par conséquent, la Grande Eglise était elle encline à distinguer la réalité et la fiction dans les récits qui circulaient à propos de Jésus.

De même, d’assez nombreux rites et croyances qui se greffèrent sur la doctrine nazaréenne primitive sont d’origine païenne, remontant même parfois à des origines extrêmement lointaines et n’ayant plus rien de commun avec les pratiques hébraïques auxquelles ils viendront se superposer. On vient de parler de la résurrection.

Il faut rappeler aussi le rite de l’eucharistie, qui a évolué considérablement, du simple repas pris en commun qu’il était à l’origine en un sacrement au cours duquel le pain est censé se muer en la chair d’un homme-dieu et le vin en son sang. On a vu précédemment que ce rite est probablement d’origine osiriaque ou mithraïque. De même, ce mythe et celui de la résurrection semblent avoir aussi pour lointaine origine l’observation des mœurs des abeilles (38) qui sont d’ailleurs parfois considérées, non comme des animaux, mais comme des fées
(39), voire même comme des dieux, notamment chez les mayas de l’Amérique centrale (40).

En effet, a observé Denis Saurat (41), le mâle, qui peut en l’occurrence, être comparé au Christ, « laisse en mourant la charge à l’Eglise, la
Mère fécondée par sa mort, des fragments dont il dit : Prenez et mangez, ceci est ma chair. Le mâle de l’abeille, en mourant, laisse dans le sein de la mère, la reine, les fragments infinitésimaux de sa chair et de son sang et, par milliers, la Mère pourra les distribuer sur les œufs qui sont ses enfants… »

Et, lorsque la Reine meurt, les abeilles momifient son cadavre et font entendre, à cette occasion, un bourdonnement dont le ton est différent de leur bourdonnement habituel (42).

Un des symboles de la résurrection, dans l’Antiquité païenne, c’était le phénix, animal fabuleux qui périodiquement allume son propre bûcher, s’y incinère, puis renaît de ses cendres Selon Tacite (Annales VI, 28), le phénix était censé être réapparu sous Tibère en Egypte en 33. Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que ce mythe ait été appliqué à Jésus, le Nazaréen étant mort précisément en 33, par ceux qui crurent en sa résurrection. Aussi Clément de Rome ne manque-t-il pas d’y faire allusion dans son Epître aux Corinthiens (chap. XXV). Mais le phénix, c’est aussi le dattier. Et, dans le Coran, Marie accouche de Jésus sous un dattier, des fruits desquels elle se nourrissait (XIII, 23-25) (43).

Nazaréens et gnostiques.

Cependant, le retour de Jésus, tant espéré, ne se produisant décidément pas, les communautés nazaréennes se trouvèrent devant le choix, ou de disparaître, ou de s’organiser en conséquence. Plusieurs, dont celle de Rome, choisirent la seconde de ces options, avec cette conséquence qu’elles durent résister à des communautés concurrentes afin de ne pas se laisser absorber par elles, en particulier les communautés chrétiennes gnostiques. C’est ce qui explique, au moins en partie, les démêlés, rapportés au début de ce chapitre, entre Cerdon et l’Eglise de Rome, ainsi que ceux que connaîtra avec celle-ci Marcion, le principal de ses disciples, cependant qu’au contraire, à Ephèse, un autre gnostique, Justin de Samarie, s’était rallié au Christianisme ; puis, étant venu à Rome en 137, Justin prendra parti pour la Grande Eglise contre les marcionites et les valentiniens lorsqu’ils s’affrontèrent.

Car le gnosticisme chrétien n’avait, bien entendu, pas cessé, de son côté, de se propager et de se développer. On a vu dans les chapitres précédents comment il avait évolué à Ephèse, en Syrie, en Egypte. De ces trois centres, il devait évidemment aussi se répandre un peu partout, notamment en Eubée, où se constitua la secte des pérates, et aussi, bien entendu, à Rome, grâce principalement à Cerdon, comme déjà dit, mais aussi à Salomon Valentin, qui s’y rendra en 138 (44). Étant donnée l’extrême plasticité de la pensée dualiste, le gnosticisme romain devait, bien entendu, prendre une tournure originale à son tour, se distinguant de ceux de l’Asie et de l’Egypte, notamment au contact des simoniens, qui n’avaient pas complètement disparu.

Cependant, comme le gnosticisme d’Antioche, celui de Rome devait peu à peu tournure radicalement opposée à la Bible hébraïque. Car, ainsi que l’a très bien montré Robert M. Grant, la pensée gnostique avait surtout constitué un effort de libération : libération du mal, sans doute, ainsi que nous l’avons vu au chapitre XII, mais libération aussi « à l’égard des esprits astraux, du dieu de l’ancien Testament, de la tyrannie de la création, de la Loi de l’Ancien Testament, de toute loi (…) Pour le gnostique, la connaissance de soi, résultat de la révélation,
est par soi-même salut, libération, activité créatrice » (45). Aussi, comme l’explique Alfaric, le vrai Dieu n’était-il pas, pour les gnostiques chrétiens de Rome, « le monarque capricieux entrevu par Moïse et quelques prophètes (…) c’est un pur esprit, infini par nature, abîme insondable couvrant l’immensité qui, durant des siècles innombrables, n’eut d’autre compagne que le Silence. En lui résident toutes les perfections et nul défaut ne l’effleure. Aussi n’a-t-il nul contact avec la matière (…).Nul ne l’a jamais vu et ne peut s’en faire une idée positive.

Ce n’est pas son fils qui a fait le monde (…) c’est une puissance inférieure, issue ne lui (…) par suite d’une pensée désordonnée, d’une étourderie qui a fait tomber une portion de substance divine au sein de la matière. De cet avatar divin, de cette sagesse déchue naquit un Fils (…) mélange d’esprit et de matière : c’est par lui qu’ont été faits, avec les cieux et la terre, les anges et les hommes avec tous les autres êtres de la création. Il est le Prince de ce monde (…). Ce n’est certes pas ce Démiurge ignorant et menteur qui est le père de Jésus. Son vrai fils est le Diable, qui a tout fait pour perdre le Sauveur. De lui viennent les mauvais anges …) » (46).

Les gnostiques chrétiens de Rome reprirent en effet des ophites, une secte qui semble être issue, elle aussi, de l’essénisme (ou peut-être du samaritanisme), mais qui se christianisa vers la fin du Ier siècle ou le début du IIème, leur conception selon laquelle à chacun des sept archanges, gardiens des sept cieux, correspondrait un mauvais ange ou « archonte », matérialisé en l’un des sept astres que les anciens appelaient planètes, conformément au tableau suivant, complété par l’allégorie de chacun des sept archanges:


Planètes … Archontes … Archange … Animaux …

Saturne Ialdabaôth Michel Lion
Jupiter Iaô Ouriel(Souriel) Taureau
Mars Sabaôth Gabriel Dragon
Soleil Adônaios Raphaël Aigle
Vénus Thautabaôth Ragouël Ourse
Mercure Era-thraôth Cashiel Chien
Lune Astaphaios Onoël Ane

On remarquera que plusieurs des mauvais anges portent pour noms certains des qualificatifs que les juifs appliquaient à Jéhovah (47). Cela ne pouvait pas manquer de choquer les chrétiens d’origine juive et ceux qu’ils avaient convertis (48). On conçoit sans peine qu’un conflit devait finir par éclater. Ce fut Marcion qui mit le feu aux poudres.


Notes
1 Ibid. III, 4
2 Voy. Prosper ALFARIC, « Origines sociales du Christianisme » (Union rationaliste, Paris, 1959), pp. 291- 294 ; Louis ROUGIER, « La genèse des dogmes chrétiens » (Michel, Paris, 1972), pp. 211 & suiv.
3 Frederick CARTWRIGHT, « Ces maladies qui ont changé l’histoire », trad. Jacques Potin (Elsevier-Sequoia, Paris- Bruxelles, 1974), pp. 27-31
4 Voy. Gershom G. SCHOLEM, « Les Origines de la Kabbale » (Aubier-Montaigne, Paris, 1 965), chap. n° 8.
5 V. plus haut chapitre VI
6 v
8 V. aussi Georges ORY, « Le Christ et Jésus » (Pavillon, Paris, 1968), pp. 252-259.
9 V. not. André RAGOT, « Messie essénien et messie chrétien » (Cahiers E.Renan, Paris, no 40, 1963) ; « Autour du Maître de Justice » (Cah. E.Renan n° 43, 1964) et « Aux Sources du Christianisme » (Cah. E.Renan n° 54, 1967), pp. 10 & s. ; Etienne WEILL-RAYNAL, « Yeschou dans le Talmud » (Cah. E.Renan n° 66, 1970). André Ragot croit en outre que Iéshouo ben Pandera serait le même que Iéshou le Nazaréen dont il est question dans Sanhédrin 43a (v. plus haut, chapitre III, p. 37), mais cela n’est guère vraisemblable : à cette opinion s’oppose notamment le fait que le Maître de Justice, qui serait ce Iéshouo ben Pandera d’après Ragot, ne paraît pas avoir jamais été surnommé Nazaréen.
10 V. Guy FAU, « Le Puzzle des Evangiles » (Union rat., Paris, 1970), pp. 207& suiv.; Louis ROUGIER, « La genèse des dogmes chrétiens » (A. Michel, Paris, 1972), pp. 71 & suiv
11 Voy. Georges ORY, op. cit. note 9, p. 252.Voy. aussi O.Z. HANISH, « Yéhoshua Nazir » (Aryana, Paris, s. d.), pp. 232 & s. Sur les différentes versions des Toldôt Iéshou, voy. Jean-Pierre OSIER, « L’évangile du ghetto » (Berg international, Paris, 1984).
12 Cf. François SECRET, « Les kabbalistes chrétiens de la Renaissance » (Dundee, Paris, 1964), p. 11
13 Flavius Josèphe, Ant. Jud., XX, 2.
14 Voy. J.P. OSIER, op. cit., pp. 124-126, ou l’auteur traduit toutefois erronément al-ets (sur l’arbre) par « sur la croix » .
15 Albin Michel, Paris, 1972, pp. 180-185. V. aussi Louis ROUGIER, op. cit., pp. 24-25.
16 Voy. Alfred LOISY, « La Naissance du christianisme » (Nourry, Paris, 1933), p. 350.
17 Voy. Louis ROUGIER. Op. cit., pp. 33-34 et 239-240 ; Rudolf AUGSTEIN, « Jésus fils de l’Homme » (Gallimard, Paris, 1975), p. 63. Cf. cependant Ch. GUIGNEBERT- « Le monde juif vers le temps de Jésus » (A.Michel, Paris, 1969), pp. 114-116.
18 V. à ce sujet Marco TREVES, « Jésus croyait-il au messianisme ? » (Cahiers E.Renan, Paris, n° 77, 1972), pp. 11-12.
19 Voy. M. CIRILL0, « Les Sources de l’évangile de Barnabé » (Bulletin de la Société E.Renan n° 24, 1975), p 131. Cf. aussi mon article « Pierre et Satan. Le Saint de Dieu » (Bulletin du Cercle E.Renan n 187, juin 1975
20 Voy. Pierre BOGAERT, « L’Apocalypse syrienne de Baruch » (Cerf, Paris, 1969), pp. 412-413 et 443 ; Elie BENAMOZEGH, « Israël et l’humanité » (Leroux, Paris, 1914), pp. 497-499; Günther MAYER & Jean MAGNE, « La réponse juive à la thèse paulinienne de la caducité »
(Cah. du Cercle E.Renan, Paris, n° 132, 1983, 135), p. 139.
21 V. à ce sujet Louis ROUGIER, op. cit., pp. 92 & suiv.
22 Voy. not. André RAGOT, « Aux Sources du christianisme » (Cah. du Cercle E.Renan, Paris, n° 54, 1967), p. 24
23 V. chap. II, pp. 24 & s.
24 Fait curieux, il en est question aussi dans les Actes des Apôtres, II 23, dans un discours censément prononcé par Pierre. Mais le texte de ce discours, ajouté à la version originale par le rédacteur final des Actes, a probablement aussi été amendé par ce dernier pour le faire concorder avec l’orthodoxie du moment, ce se situant dans le troisième quart du IIe siècle (v. plus loin, chapitre XXI).
25 Voy. Robert AMBELAIN, « Jésus ou le mortel secret des Templiers » (Laffont, Paris 1970), chap. 23 ; Paul DIEL & Jeanine SOLOTAREFF, « Le symbolisme dans l’Evangile de Jean » (Payot, Paris, 1983), pp. 146 & s., 239 & s. V. aussi plus haut, chap. XII.
26 Voy. Erich von DÄNIKEN, « Mes Preuves » (J’ai lu, Paris, 19B2), pp. 163-166
27 oy. André RAGOT, op. cit., pp. 31-40; Charles GUIGNEBERT, op. cit., pp. 140-143; E.R. DODDS, « Païens et chrétiens dans un âge d’angoisse » (La Pensée sauvage, Claix, 19SO), pp. 90 & s.
28 Voy. Charles W. LEADBEATER, The Christian Creed, traduit en français sous le titre « Le Credo chrétien » (Publ. théosophiques, Paris, 1904), pp. 83 & suiv.
29 Nicolas BERDIAEV, « De l’esclavage et de la liberté de l’homme » (traduit du russe par Sjankelevitch, Aubier- Montaigne, Paris, 1946), p. 295.
30 V. plus haut, chapitre XII, pp. 132-133.
31 V. not. -Louis COUCHOUD, « Le dieu Jésus » (Gallimard, Paris, 1951), pp. 121 & s.; Raoul MAKARIUS, « Jésus et la violation des tabous » (Cahiers E.Renan, Paris, n° 95, 1976), pp. 17-18. V. aussi Flavius Josèphe, Contre Apion I, 118- 119 .
32 V. plus loin, chapitre XX, p. 240.
33 V. plus haut, chapitre XIII, p. 151.
34 Cité par A.BRAGHINE, « L’Enigme de l’Atlantide » (Payot, Paris, 1952), p. 120. V. aussi Louis CHARPENTIER, « Les Géants et le mystère des origines » (Laffont, Paris, 1970) ; Étienne WEILL-RAYNAL, « Divinités païennes et personnages de la bible » (Cah E.Renan n° 100, 1977, p. 51) ; Paul NAUDON, « Les Loges de saint Jean » (Dervy, Paris, 4e éd., 1980), pp. 69 & suiv.
35 Voy. Paul NAUDON, « La Tradition et la Connaissance primordiale dans la spiritualité de l’Occident » (Dervy, Paris, 1973), pp. 114 et 203. V. aussi Salomon REINACH, « Orpheus », chap. IV, I, 18; Louis CHARPENTIER, op. cit., chapitre 9; Jean MARKALE, « Chartres et l’énigme des Druides » (Pygmalion, Paris, 1988), pp. 250 & s., 265-266 et 296.
36 Voy. Marcel GRANET, « La Civilisation chinoise » (A.Michel, Paris, 1979), p. 54
37 V. à ce sujet Guy FAU, op. cit., pp. 55-56 et 82 ; Jean MARKALE, op. cit., pp. 125-126.
38 Voy. J.L. BERNARD, « Aux Origines de l’Egypte » (Laffont, Paris, 1976), pp. 115 et 120.
39 Voy. J.L. BERNARD, « Dictionnaire de l’insolite et du fantastique » (Dauphin, Paris, 1971), pp. 11 et 122.
40 Voy. Erich von DÄNIKEN, « L’Or des dieux » (J’ai lu, Paris, 1979), pp.182-184.
41 « La religion des géants et la civilisation des insectes » (J’ai lu, Paris, 1969), pp. 107-108. V. aussi Sal. REINACH, « Orpheus », chapitre VII, n° 30
42 Voy. Jean-Louis BERNARD, « Aux Origines de l’Egypte », p. 220.
43 V. plus haut, chapitre XI, p. 144
44 V. ci-dessus, chapitre XV, in fine.
45 Robert M. GRANT, « La Gnose et les Origines chrétiennes » (Seuil, Paris, 1964), p. 21
46 Prosper ALFARIC, « Origines sociales du Christianisme » (Ed. rationalistes, Paris, 1959), p. 343.
47 On remarquera aussi que les symboles des quatre premiers archontes deviendront ceux des quatre évangélistes du canon chrétien (v. plus loin, chap. XX~). Et encore que ce symbolisme s’écarte de l’astrologie classique – laquelle ne devait d’ailleurs prendre sa forme définitive qu’un peu plus tard avec Claude Ptolémée – où le signe zodiacal du Taureau est associé à Vénus et celui du Lion au soleil.
48 On remarquera enfin que dans le livre d’Hénoch (chapitre XX), les sept archanges ont nom Ouriel, Raphaël, Ragouël, Michel, Saraquiel, Gabriel et Réméiel. Cf. Charles GUIGNEBERT, op. cit., livre II, chapitre II


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MessagePosté le: Lun 25 Aoû 2014 - 20:49    Sujet du message: Les textes de Shenesêt Répondre en citant

Comment est né le christianisme

L’échec du soulèvement de Syméon bar Kochba provoqua donc un nouvel exode des juifs un peu partout dans le monde et même de quelques chrétiens d’origine juive qui avaient pris parti pour les insurgés.

Simultanément, on assiste, dès cette même année 135, à une émigration comparable, bien que moins importante par son ampleur, de gnostiques chrétiens de l’Asie et de l’Egypte, dont des coreligionnaires avaient été persécutés par les insurgés en Judée. Mais c’est principalement, voire uniquement, vers Rome que se dessine ce mouvement. Dès 135, Cerdon notamment, dont on a parlé à la fin du chapitre XIII, quitta la Syrie pour se rendre dans la capitale de l’Empire romain, peut-être en vue de profiter de la circonstance pour y propager son évangile anti-juif, sans doute avec l’espoir de trouver en Italie un auditoire rendu réceptif par la recrudescence d’animosité contre les juifs que le soulèvement avait à nouveau provoqué.

L’épiscope nazaréen de Rome était alors Hyginá. On ne sait pourquoi Cerdon tenta de s’intégrer dans la communauté que dirigeait ce dernier, car son Evangelion procédait évidemment d’une idéologie assez différente de celle des nazaréens. Elle était l’aboutissement extrême du christianisme anti-judaïque qui avait trouvé sa source dans l’enseignement des nicolaïtes. Pour Cerdon, le Père, dieu de lumière et de bonté, n’est pas le Jahwéh de la Bible : le premier, qui était inconnu des juifs avant Paul de Tarse, est bon, le second n’est que juste ; le premier a fait tout ce qui est bon, le second a créé le monde, qui est mauvais. Quant au fils du Dieu bon, le Sauveur, il n’était pas né d’une
femme, mais il était descendu directement du Ciel ; les hommes avaient cru le voir, mais il n’était qu’un fantôme. De même crurent-ils qu’il avait souffert, mais en réalité, lorsqu’il fut crucifié, le Sauveur ne souffrit point.

Pareille doctrine ne pouvait être acceptée des nazaréens, qui la condamnèrent. Si l’on en croit Irénée, Cerdon commença par se soumettre, ce qui est tout de même assez étonnant. Puis, quelque temps après, il aurait entamé une nouvelle campagne anti-biblique, qui entraîna son exclusion définitive (1).

Naissance du syncrétisme chrétien.

Mais entre temps étaient également arrivés à Rome, en 136, Valentin venant d’Alexandrie, en 137 Justin venant d’Ephèse, et enfin, venant sans doute d’Antioche ou peut-être d’Alexandrie également, Marcion, disciple de Cerdon, en 139. Les croyances des différentes sectes qui se réclamaient d’un Jésus avaient cependant évolué assez autrement à Rome que dans ces trois villes importantes de l’Empire. Sans croire simplement, comme les ébionites – avec lesquels ils restaient néanmoins en rapports – que Jésus n’avait été qu’un homme plus vertueux que les autres, les nazaréens d’Italie n’étaient pas tombés non plus dans les outrances gnostiques des johannites d’Asie, ni des chrétiens d’Egypte
et de Syrie. Leurs adversaires pauliniens avaient d’ailleurs été massacrés par Galba et par Vespasien. La persécution de Domitien les avait sans doute à son tour décimés, elle aussi, mais ils restaient suffisamment nombreux pour former un groupe dont on sait à vrai dire peu de chose, le peu qu’on en sait étant au surplus grandement légendaire.

Ce n’est pas encore l’église des catacombes, mais c’est une communauté plus ou moins clandestine, qui ne pourra se développer peu à peu que grâce au libéralisme des empereurs Antonins, successeurs immédiats de Domitien.

D’autre part, si les écoles gnostiques d’Ephèse et d’Alexandrie avaient réussi à combiner, chacune à sa manière, les enseignements des nazaréens et des pauliniens, il n’en était pas de même de la communauté nazôréenne de Rome et moins encore des ébionites, car ces derniers restaient fidèles à l’esprit des fondateurs de leur secte, tandis que les nazôréens d’Italie subissaient fatalement d’autres influences, celles notamment, quoi qu’ils en eussent, du paulinisme, ainsi que de divers cultes païens, en particulier du mithraïsme, dont les adeptes avaient été persécutés comme eux par les successeurs de Néron.

Il y avait enfin à Rome des fidèles des différentes sectes juives, orthodoxes et messianistes, ces dernières ayant toutefois subi la grave défaite que l’on sait et qui dut y provoquer une vive effervescence en leur sein.

Aussi n’est-il sans doute pas inutile de tenter d’esquisser maintenant ce que devait être l’état des esprits parmi ceux qui, en Italie et dans les régions voisines, se réclamaient de l’un ou l’autre Christ ou Jésus au début du IIe siècle.

Les tout premiers d’entre eux avaient presque tous été d’origine juive, issus principalement de l’essénisme. Bientôt – à partir du règne de Titus surtout – un grand nombre d’étrangers, et même des Romains, se laissèrent gagner par les doctrines prêchées par ces sectes et affirmées par leurs missionnaires avec tant d’assurance, surtout parmi les petites gens, les femmes, les esclaves, auxquels elles devaient apparaître comme particulièrement consolantes (2).

Ajoutons-y les épidémies de malaria qui frappèrent l’Empire romain en 79 et en 125, puis plus tard en 165 et en 180. Seules les religions nazaréenne et chrétienne, qui présentaient leur Jésus ou leur Christ comme un guérisseur à la fois des corps et des âmes, pouvaient apporter quelque réconfort à ceux qui étaient frappés, eux-mêmes ou leurs proches, par la terrible maladie (3) .

L’origine juive de ces sectes et le développement qu’elles prirent par suite de ces circonstances expliquent notamment ce nom : l’Eglise, que se donna l’une d’elles la communauté nazaréenne. Car le mot latin ecclésia, c’est aussi le mot grec ………, par lequel les cabalistes juifs avaient déjà désigné le peuple d’Israël, qu’ils assimilaient à l’esprit de Jéhovah, à sa rouach, donc à son élément féminin (4) (5).

Dès le IIe siècle, l’église nazaréenne, qui avait définitivement fixé son centre à Rome après les révoltes juives avortées de 66-73, de 115-117, de 132-135, afficha ses prétentions à la prépondérance sur les communautés apparentées des autres villes de l’Empire, et on se mit de plus en plus à l’appeler « la Grande Eglise ». Plus tard, son évêque revendiquera la qualité de chef de toute la chrétienté, mais au début du IIe siècle, il n’en était pas encore question : de par sa localisation privilégiée au siège de la capitale de l’Empire, la Grande Eglise bénéficiait seulement d’un prestige supérieur à celui des églises établies dans les provinces. Cependant, la doctrine de cette communauté nazaréenne de Rome avait évolué de telle sorte, exposée qu’elle était à toutes sortes d’influences, qu’elle avait fini par s’écarter davantage sans doute des
prédications primitives de Jean-Dosithée, de Jésus le Nazaréen, de Paul de Tarse, de Luc et de leurs successeurs immédiats, que les autres groupes de la même secte.

Seuls les gnostiques chrétiens anti-juifs d’Antioche étaient allés plus loin. Mais, au sein même de la Grande Eglise, il ne devait pas y avoir une uniformité rigoureuse des croyances, toutes issues cependant, directement ou indirectement, de l’essénisme. Rappelons à ce propos les dénominations des diverses sectes qui s’influençaient les unes les autres à cet égard. Ceux des esséniens qui s’étaient ralliés à Juda de Galilée s’étaient appelés sicaires, puis zélotes. Ceux qui avaient suivi ensuite son fils adultérin Jean, alias Dosithée, prirent le nom de nazôréens.

De ces derniers sont issues deux sectes, dont l’une se mêla aux mandéens, lesquels prirent désormais aussi le nom de nazoréens (5), tandis que l’autre, dont la doctrine, prêchée par Paul de Tarse, était fortement imprégnée de simonisme, prit le nom de chrétiens.

Entre temps, Jésus le Nazaréen avait lui aussi suscité une dissidence, qui donna elle- même naissance aussi à deux sectes : les plus fidèles à leurs origines prirent le nom d’ébionites, les autres continuant à porter celui de nazaréens en attendant de reprendre à leurs adversaires gnostiques le nom de Chrétiens, comme on le verra dans la suite.

Ainsi qu’on l’a vu aux chapitres IX & X, c’est Symeon Pierre qui avait sans doute fondé l’Eglise nazaréenne de Rome, et c’est pourquoi il est considéré par les catholiques romains comme le premier pape. Après la mort de Jacques le Juste, le centre de l’orthodoxie nazaréenne se situa à Pella (6).

À la fin de la guerre de 70, quelques membres de la communauté de Pella durent revenir à Jérusalem et ailleurs en Judée, mais après la destruction totale de la ville sainte en 135, leurs descendants durent, les uns réintégrer Pella, les autres se disperser comme les autres juifs. Il est probable que beaucoup d’entre eux tournèrent, eux aussi, leurs pas vers Rome, où ils rejoignirent la Grande Eglise (7), qui devait cependant évoluer de façon assez différente de l’ébionisme. De plus en plus, on se mit à considérer que Jésus le Nazaréen devait s’identifier avec ce Fils d’Homme dont la venue avait été prophétisée par les auteurs des livres de Daniel et d’Hénoch.

Cette conception se répandit sans doute avec une certaine faveur dans les autres milieux juifs de la diaspora, toujours déçus par le fait que le libérateur promis tardait à se manifester victorieusement. Et beaucoup se mirent à ajouter aux particularités de la vie de Jésus le Nazaréen,
telle qu’elle résultait des écrits de Matthieu Lévi et de Jean-Marc, divers faits qui étaient arrivés à d’autres Jésus et même
à d’autres personnages encore, dont certains avaient été proclamés ou s’étaient dits eux-mêmes le Messie : Dosithée, Théouda, Menahem, etc…


Dernière édition par Marine le Mar 26 Aoû 2014 - 19:17; édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 25 Aoû 2014 - 20:51    Sujet du message: Les textes de Shenesêt Répondre en citant

De sectes en sectes, de croyances en croyances...

Aucune démonstration ne les aurait convaincus du contraire ;
c’est un phénomène connu en psychologie sous le nom de dissonance cognitive.
L’esprit se refuse à admettre des évidences contraires à ses convictions .
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:21    Sujet du message: Les textes de Shenesêt

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