OnNousCacheTout... Index du Forum

OnNousCacheTout...
"Faits de société, politique, pouvoir, conspirations, mensonges et vérités..."

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Le christianisme dévoilé - Examen des principes & des effets de la religion chrétienne

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    OnNousCacheTout... Index du Forum ->
Les forums
-> Mythes & Légendes
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Marine
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 11 Mar 2014
Messages: 3 412
Féminin Cancer (21juin-23juil) 蛇 Serpent
Point(s): 471

MessagePosté le: Mer 9 Juil 2014 - 19:44    Sujet du message: Le christianisme dévoilé - Examen des principes & des effets de la religion chrétienne Répondre en citant

Présentation de l'éditeur

"Les hommes, pour la plupart, ne tiennent à leur religion que par habitude. Ils n'ont jamais examiné sérieusement les raisons qui les y attachent, les motifs de leur conduite, les fondements de leurs opinions. Ainsi la chose que tous regardent comme la plus importante pour eux fut toujours celle qu'ils craignirent le plus d'approfondir. Ils suivent les routes que leurs pères leur ont tracées ; ils croient parce qu'on leur a dit dès l'enfance qu'il fallait croire ; ils espèrent parce que leurs ancêtres ont espéré ; ils tremblent parce que leurs devanciers ont tremblé ; presque jamais ils n'ont daigné se rendre compte des motifs de leur croyance. C'est ainsi que les opinions religieuses, une fois admises, se maintiennent pendant une longue suite de siècles. C'est ainsi que d'âge en âge les nations se transmettent des idées quelles n'ont jamais examinées. Elles croient que leur bonheur est attaché à des institutions dans lesquelles un examen plus mur leur montrerait la source de la plupart de leurs maux. L'autorité vient encore à l'appui des préjugés des hommes, elle leur défend l'examen, elle les force à l'ignorance, elle se tient toujours prête à punir quiconque tenterait de les désabuser. Cependant il se trouva dans tous les siècles des hommes qui, détrompes des préjugés de leurs concitoyens, osèrent leur montrer la vérité. Mais que pouvait leur faible voix contre des erreurs sucées avec le lait, confirmées par l'habitude, autorisées par l'exemple, fortifiées par une politique souvent complice de sa propre ruine ? Les cris imposants de l'imposture réduisirent bientôt au silence ceux qui voulurent réclamer en faveur de la raison."

(Paul-Henri Thiry D'Holbach / 1723-1789 / Le Christianisme dévoilé)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10414711/f5.image
Les membres suivants remercient Marine pour ce message :
napo (09/07/14)


Dernière édition par Marine le Mer 9 Juil 2014 - 19:50; édité 1 fois
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Publicité






MessagePosté le: Mer 9 Juil 2014 - 19:44    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Marine
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 11 Mar 2014
Messages: 3 412
Féminin Cancer (21juin-23juil) 蛇 Serpent
Point(s): 471

MessagePosté le: Mer 9 Juil 2014 - 19:45    Sujet du message: Le christianisme dévoilé - Examen des principes & des effets de la religion chrétienne Répondre en citant

Ce que nous appelons, dans le titre de notre devoir, « la lecture critique des textes sacrés », est quelque chose comme la base, le fondement de la réflexion athée de d’Holbach. En effet, celui-ci part d’un constat (chapitre I du Christianisme dévoilé) : les croyants connaissent mal leur religion, ils ont une mauvaise connaissance des textes saints (la lecture libre des textes est en effet interdite à cette époque, elle doit toujours être encadrée par un théologien officiel qui délivre une unique interprétation qui se veut être la seule bonne). Ils croient plus par habitude que par réelle conviction. Pour d’Holbach, une lecture libre des textes sacrés doit être rendue possible, le vrai croyant est celui qui va voir par lui-même ce qui est écrit dans l’Ancien et le Nouveau testament. On peut donc penser que, pour d’Holbach, le protestantisme est plus légitime que le dogme catholique. En effet, un des devoirs du bon protestant est de connaître de manière pointilleuse les textes. Un présupposé décisif des hommes de foi permet à d’Holbach de dérouler sa critique : c’est l’esprit saint qui se manifeste dans les textes, c’est la voix de dieu qui guide l’écriture des textes sacrés. Ce postulat est un véritable tremplin pour d’Holbach (chapitre X). Il raisonne alors de la manière suivante : si c’est la voix de dieu qui est retranscrite dans les textes, alors il ne peut y avoir la moindre erreur, la moindre faute (de logique, syntaxe, raisonnement, déduction…). En effet, dieu ne peut se tromper, c’est impossible, il est la vérité lui-même. Il suffit donc de trouver une seule erreur, et ce sera la preuve que ce n’est pas dieu qui se manifeste dans les textes. Corrélativement, c’est également la preuve que tout ceci n’est qu’une « forgerie humaine ».


D’Holbach souligne alors de nombreuses incohérences : « Dieu crée le soleil qui est, pour notre système planétaire, la source de la lumière, plusieurs jours après avoir créé la lumière. Dieu, qui ne peut être représenté par aucune image, crée l’homme à son image ; il le crée mâle et femelle et bientôt, oubliant ce qu’il a fait, il crée la femme avec une des côtes de l’homme ; en un mot, dès l’entrée de la Bible, nous ne voyons que de l’ignorance et des contradictions. Tout nous prouve que la cosmogonie des Hébreux n’est qu’un tissu de fables et d’allégories incapable de nous donner aucune idée des choses, et qui n’est propre qu’à contenter un peuple sauvage, ignorant et grossier, étranger aux sciences, au raisonnement. »


Pour d’Holbach, la religion suppose la foi, elle déteste la philosophie. Elle se caractérise par haine de la raison et une obéissance aveugle. La vraie philosophie doit donc nécessairement exclure de son champ d’investigation toutes considérations d’ordre théologique. Aux yeux de d’Holbach, la religion est le contraire de la philosophie, elle incite l’esprit à la soumission et non à l’autonomie. La religion est indéfendable quand on est philosophe. La foi est également tout la contraire de la raison. En effet, pour d’Holbach, la foi est aveugle, elle ne s’interroge pas, elle ne cherche pas à argumenter, elle est bornée et dogmatique. La philosophie, au contraire, doit se caractériser par une interrogation permanente, elle se doit de considérer toutes idées avec un regard critique afin de décider après de la validité éventuelle de celles-ci. La philosophie présuppose l’activité de l’esprit, en revanche, la religion encourage l’esprit à être passif.




D’Holbach s’étonne beaucoup du comportement divin que décrivent les Écritures, celui-ci apparaît souvent très contradictoire. D’Holbach s’étonne : Quel est ce dieu à la fois magnanime et vengeur, à la fois amour et colère ? Le dieu que nous présente les textes sacrés est loin de posséder cette unité qui caractérise la sagesse. Comment se fait-il qu’il soit animé de contradictions, de passions presque humaines ? Quel est ce dieu qui prône l’amour et qui commande des massacres ? Qui se veut miséricordieux et qui offre l’enfer au plus grand nombre ?
D’Holbach pense, contrairement à ce que nous apprennent les textes, que l’homme a créé dieu à son image inversée, cette thèse sera reprise plus tard par Feuerbach. Dieu n’a donc pas créé l’homme à son image. Pour D’Holbach, dieu c’est l’anti-homme, c’est le contraire de l’homme. En effet, dieu est immortel, incorruptible, immatériel et infini ; l’homme, en revanche, est mortel, corruptible, matériel et fini. L’homme a donc forgé dieu à partir de ses impuissances qu’il a sublimées, cristallisées.




D’Holbach prend également beaucoup de plaisir à décrédibiliser le personnage de Jésus. C’est un menteur, un fourbe et un magicien. En effet, Jésus connaît l’Ancien Testament qui prédit l’arrivée d’un prophète et la manière dont il devra se comporter. Il suffit donc à un esprit opportuniste, à celui que d’Holbach considère comme « un charlatan de Judée », de suivre les instructions que prescrit l’Ancien Testament, c’est-à-dire tenir un certain type de discours, agir d’une certaine manière et, pour donner encore plus d’éclat à sa supercherie, accomplir des miracles. Pour d’Holbach, Jésus n’est rien de plus que le représentant d’une secte parmi tant d’autres. Jésus a bien mérité en un point, il est parvenu à faire un grand nombre d’adeptes parmi les ignorants et à se montrer plus convainquant que ses concurrents. Chez d’Holbach, Jésus est un personnage essentiellement humain et historique. Ce n’est en rien le fis de dieu, simplement un des nombreux sectaires de cette époque. Ce qui trahit la fausseté de l’entreprise de Jésus est, en dernier lieu, son échec dans son ultime miracle, la rédemption. Le sacrifice de Jésus sur la croix avait en effet un objectif, le rachat des péchés de l’humanité. Or, il est bien évident que ce dernier miracle n’a pas eu lieu, Jésus ne nous a en rien sauvés. On peut bien sûr imaginer ce qu’un chrétien pourrait répondre à d’Holbach : la rédemption ne concerne pas les hommes dans la vie sur Terre, mais c’est après la mort que l’on saura si notre âme est pardonnée ou pas. De la même manière, on peut formuler à la place de d’Holbach une contre objection : A quoi bon être sauvé dans une vie après la mort qui n’est que pur fantasme ? Seule la vie sur Terre compte, la rédemption n’a donc aucune utilité.




Cependant, comment peut on expliquer le triomphe du christianisme si celui-ci ne possède, comme le pense d’Holbach, aucune légitimité ? Les chrétiens prônent l’argument suivant : le christianisme est arrivé au bon moment, il soutenait des valeurs capables de rallier les hommes. Il s’est imposé car il était juste, vrai et bon. Pour D’Holbach, ces arguments sont inacceptables, ils ne considèrent en aucun cas les faits historiques qui sont bien plus problématiques. Aux yeux de d’Holbach, c’est bien plus par la violence, la brutalité, la guerre et la contrainte qu’a triomphé le christianisme. C’est sur une base sanglante que celui-ci s’est forgé. L’amour qui se veut l’argument principal du christianisme n’est en rien à son fondement.
Autre reproche que formule d’Holbach vis-à-vis des chrétiens : ils auraient mieux fait de suivre l’enseignement de Socrate et admettre qu’ils ne peuvent pas tout savoir. Ce qui définit le chrétien chez d’Holbach, c’est qu’il ne supporte pas le point d’interrogation, la suspension d’un jugement. Le chrétien veut des réponses à toutes ses questions ; et la réponse qu’il donne est toujours la même : dieu. A la question de l’âme il répond dieu, à celle de l’origine du monde il répond dieu, à celles de la liberté et de la vie après la mort il répond encore et toujours dieu. D’Holbach, lui, en bon matérialiste pense qu’il faut cherche les causes, qu’il faut également accepter les points d’interrogations. Il y a donc une certaine humilité dans le matérialisme qui sait qu’on ne peut pas tout savoir. Un certain optimisme également, d’Holbach pense que les limites ne sont jamais définitives, qu’il faut persévérer dans la recherche des causes.
D’Holbach, dans le chapitre VI du Christianisme dévoilé, se montre également très sceptique en ce qui concerne les miracles qui sont, pour les croyants, des preuves de la divinité. Or, d’Holbach, toujours près à prendre le christianisme à son propre jeu, rappelle que le dieu des catholiques est fondamentalement immuable. Si on accepte ce point, le miracle devient très problématique. En effet, c’est dieu qui est responsable de la création, il a ordonné le monde selon son vouloir, et lois de la nature découle de cette ordonnance calculée. Pour d’Holbach, à partir de cette conception de dieu, l’hypothèse du miracle apparaît comme une contradiction car qu’est ce qui caractérise le miracle si ce n’est qu’il rompt avec l’ordre naturel établi. Le miracle n’est possible que si dieu change l’ordre de la nature. Or, s’il est immuable, il ne le peut pas. D’Holbach cherche donc à souligner les contradictions qu’implique la possibilité du miracle afin de le discréditer.




Cependant, l’argument de d’Holbach est il vraiment pertinent ? On peut penser d’emblée à la position de Leibniz, dans l’article VI de son Discours de Métaphysique, qui affirme que le miracle n’est miracle que pour notre entendement fini et notre vision ignorante du monde. L’homme ne peut comprendre la totalité des phénomènes qui s’offrent à lui. Pour Leibniz, il y a ordre dans toutes les choses de la nature ; dieu ne fait rien hors d’ordre.
D’Holbach reconnaît ce point un peu plus loin dans le même chapitre et en tire la conséquence suivante : le miracle, qui se voulait une justification de la transcendance, car surnaturel, n’est en fait rien d’autre qu’un phénomène comme un autre et ne possède plus rien qui soit capable de rendre compte de dieu. Le miracle qui se voulait un argument pour les croyants se voit alors vidé de sa teneur.




Dans le chapitre VI du Christianisme dévoilé, d’Holbach relève un problème fondamentale, une contradiction inhérente au christianisme : la trinité. C’est Jésus qui nous a révélé cette vérité, dieu est à la fois un et trine (père, fils et saint esprit). Quel est le but de cette révélation ? Pour d’Holbach, elle ne sert qu’à embrumer l’esprit des hommes en lui l’obligeant à croire à quelque chose de contraire à tout ce que la raison peut penser. La révélation ne permet pas la compréhension, l’esprit humain ne peut concevoir un dieu à la fois un trine, une telle proposition n’a aucune utilité, c’est un message illisible. « Les nations les plus ignorantes et les plus sauvages ont-elles enfanté des opinions plus monstrueuses et plus propres à dérouter la raison. » Pour d’Holbach, la conception de la trinité est totalement dogmatique, elle reste insaisissable et nébuleuse. « Révéler un pareil dieu, c’est ne rien découvrir aux hommes que le projet de les jeter dans le plus grande embarras et de les exciter à se quereller, à se nuire, à se rendre malheureux. » La révélation, pour d’Holbach, est volontairement problématique afin de créer la discorde entre les hommes. N’arrivant jamais à se mettre d’accord (et l’histoire donne raison à d’Holbach), les hommes se voient entraînés dans des conflits interminables qui ne se limitent pas au seul discours, c’est l’arme à la main que, souvent, les grandes polémiques théologiques se sont résolues.




Dans le chapitre XIII de l’œuvre que nous étudions, d’Holbach vocifère contre les rituels chrétiens. Il dénonce particulièrement la pratique de la prière, elle ne servirait qu’à flatter la divinité, elle serait, en elle-même, contradictoire. « La prière suppose un dieu capricieux, qui manque de mémoire, qui est sensible aux louanges. » Pour d’Holbach, les rites, eux-mêmes, deviennent des arguments pour combattre le christianisme, pour discréditer ses partisans. « Les chrétiens ne voient-ils pas qu’en voulant exalter et honorer leur dieu, ils ne font réellement que l’abaisser et l’avilir. » Si le dieu des chrétiens possède les attributs qu’on lui confère traditionnellement, à savoir la sagesse, la toute puissance ou encore la miséricorde, il ne pourrait qu’être insensible à ce genre de manifestations obséquieuses. Etablir pareil rite, c’est dévaloriser son dieu, c’est, pense d’Holbach, le confondre avec « les rois de la Terre », c’est donner à la divinité des caractéristiques humaines. Les pratiques religieuses comme la prière sont donc incompatibles avec un dieu sage et infini.




D’Holbach souligne également l’absurdité du baptême : « A peine est-il sorti du sein de sa mère que sous prétexte de le laver d’une prétendue tâche originelle, son prêtre le baptise pour de l’argent, le réconcilie avec un dieu qu’il n’a point pu offenser (…) » Quelle est cette vision de l’homme que nous communique le christianisme ? Ce qui apparaît, à travers la pratique du baptême, c’est une culpabilité innée, l’homme est, d’emblée, coupable. Adam aurait transmis à l’humanité la trace indélébile du péché originel. Pour d’Holbach, ce présupposé est vide de sens, le sentiment de culpabilité, que le christianisme ne cesse de mettre en avant, est encore un moyen pour asseoir son pouvoir. Il est inconcevable, pour notre baron, d’adhérer à cette idée. En effet, c’est dans la vie sur Terre, et seulement dans celle là que l’homme peut être fautif, il ne faut pas accuser les fils de la faute de leur père. L’homme est innocent à la naissance, cependant, il aura tout le temps de se rendre coupable dans la vie. Il n’est donc pas, d’emblée, condamné.




L’encadrement religieux excessif dès le plus jeune âge est également très problématique. Pour d’Holbach, son « principal objet est d’inculquer de bonne heure les préjugés nécessaires à leurs vues. » C’est à la racine que l’institution religieuse forge ses fidèles. L’enfant, ignorant et réceptif, ne possède pas encore un regard critique sur les choses, il est donc aisé de lui apprendre n’importe quoi, et c’est ce à quoi le christianisme s’emploie à merveille. L’enseignement théologique est, aux yeux de d’Holbach, absolument déplacé, il ne produit rien de bien, il aliène l’esprit, et ferme, dès le commencement de la raison, de nombreuses portes. D’Holbach, assez clairement, taxe « la science divine » d’obscurantisme : « En un mot, ils en (l’enfant) font un chrétien superstitieux et jamais ils n’en font un citoyen utile, un homme éclairé. »




D’Holbach se penche sur les répercutions néfastes du christianisme sur la politique et la société en général. Ce qui ressort le plus dans le chapitre XIV du Christianisme dévoilé, c’est l’inutilité du chrétien. Celui-ci est complètement inutile à la société, absorbé par la prière et autres pratiques vides de sens, il est absolument improductif. « L’homme du peuple va prier dans un temple au lieu de cultiver son champ. » écrit d’Holbach, le christianisme détourne des tâches fondamentales de la vie. Le travail, notamment, est relégué au second rang. L’homme ne peut donc plus s’accomplir pleinement, il voit de plus, par cette absence de travail manifeste, sa liberté réduite. Pour d’Holbach, l’institution religieuse suscite volontairement l’oisiveté qui finit, inévitablement, par engendrer la pauvreté, un des moteurs fondamentaux du christianisme. Le chrétien doit rester pauvre et ignorant afin que le christianisme conserve toute son efficacité. En effet, la pauvreté, que le christianisme élève au rang de vertu, est beaucoup moins séduisante pour quelqu’un qui possède de l’argent. En un mot, le sacerdoce prône la pauvreté car elle entretient l’ignorance et, par la même occasion, la position confortable du clergé. Il est beaucoup plus difficile de convaincre, par des dogmes absurdes, les gens riches et éduqués (à l’époque les deux attributs sont difficilement dissociables). Il y a donc toute une mécanique qui conforte l’insinuation religieuse ainsi que son pouvoir sur les hommes. Pour d’Holbach, le clergé ne serait qu’une vaste entreprise de manipulation. « Tout dans le christianisme, jusqu’aux péchés, tourne au profit du prêtre. »




Pour d’Holbach, donc, le christianisme nous illusionne. C’est l’alliance du clergé et de l’Etat qui fait sa force. Le gouvernant est comme le bras armé de l’église, il lui permet d’exercer son pouvoir. En fait, d’Holbach critique moins le christianisme que l’institution religieuse. Il dénonce la confession qui, à ses yeux, n’existe que pour mieux asseoir l’autorité du clergé. En effet, pour d’Holbach, ce système a été mis en place afin de mieux contrôler les individus. La confession permet de pénétrer au plus profond des consciences et de soumettre chaque homme au jugement du dieu miséricordieux. Cependant, d’Holbach est persuadé que derrière cette pratique qui se veut bonne et utile pour chacun se cache un véritable complot ecclésiastique. De tous ces péchés avoués, les prêtres tiraient de quoi appuyer l’État dans la justice et le châtiment. D’Holbach voit dans la confession quelque chose que l’on pourrait rapprocher des bureaucraties totalitaires, c’est un véritable appareil de contrôle, une entrave à liberté de penser, une véritable machine à forger un sentiment de culpabilité qui aliène les hommes.




Dans le chapitre XI de son ouvrage, d’Holbach manifeste une indignation extrême face à un présupposé chrétien : la morale religieuse affirme qu’elle est la condition nécessaire de la vertu. Corrélativement, celui qui ne suit pas cette même morale ne peut espérer accéder à la vertu. D’Holbach, contre ce préjugé, pense que la vertu peut être indépendante de la morale religieuse, Il n’est pas nécessaire d’être un homme de foi juste pour être vertueux, il suffit simplement d’être juste. Pour d’Holbach, on peut fonder une morale athée sur la connaissance et sur des valeurs humanistes. La religion, doit être exclue de la morale. Pour d’Holbach, elle bien plus son contraire, elle est anti-morale. En effet, les valeurs que nous transmet le christianisme nous poussent à nier le monde tel qu’il est, et à le transposer dans ce que les croyants appellent l’Au delà. Pour d’Holbach, le christianisme est indissociable du mépris du réel. En effet, la philosophie de d’Holbach est très pragmatique, le baron se soucie beaucoup des choses concrètes, matérielles…




D’Holbach peut être considéré comme un athée vertueux à plusieurs titres. Il est pour le mariage ; ce qui est important c’est de fonder une famille, car cela est bon pour l’équilibre de la société. Il est corrélativement contre le célibat car celui-ci suscite le libertinage. On ne retrouve pas chez d’Holbach le caractère mondain et bon vivant d’un Helvétius. Les interrogations principales de d’Holbach sont d’ordre social, politique et économique. Ce qui importe pour d’Holbach, c’est la réalisation de notre humanité dans ce que les croyants nomment l’Ici-bas. La promesse d’un monde meilleur que le notre, auprès de dieu, est corruptrice, elle éloigne l’homme des préoccupations fondamentales : le souci de son corps, la volonté de s’enrichir ou encore la procréation. En effet, de manière très concrète, d’Holbach nous dit que le mépris du corps raccourcit l’espérance de vie, que le culte de la pauvreté est nuisible à l’économie et que le célibat est mauvais pour la démographie. Les valeurs que rejetait le christianisme, d’Holbach propose de les réintégrer dans une morale nouvelle, athée, en harmonie avec son temps. Il y a quelque chose de très progressiste dans la pensée de d’Holbach.




Suite à notre exposé, il est légitime de voir dans le personnage de d’Holbach l’un des premiers athéismes constitués, sa réflexion est à la fois philosophique, scientifique et sociologique. Ce qui apparaît le plus radicalement chez lui, c’est qu’il faut se détacher de la religion car elle est aliénante à la fois pour l’esprit de l’homme mais également pour sa condition de vie. Dans son chapitre de clôture, d’Holbach s’exprime en ces termes : « Tout ce qui a été dit jusqu’ici prouve de la façon la plus claire que la religion chrétienne est contraire à la saine politique et au bien être de la raison. » En résumé, d’Holbach pense que la Bible n’est qu’une honteuse supercherie séculaire qui n’a pour autre but que d’égarer l’homme, les textes saints ne sont que des « contes indignes », la tâche de l’homme est de s’en détacher. De plus, les valeurs que prône la religion sont anachroniques, inadaptées à la modernité et aux Lumières, l’État doit se séparer de l’église. Finalement, d’Holbach montre qu’une morale athée est possible, qu’elle n’a rien de contradictoire et qu’elle possède, sans aucun doute, plus de légitimité que celle du christianisme. Il y a déjà en germe chez d’Holbach des idées que l’on retrouvera plus tard chez Feuerbach ou chez Marx. L’entreprise de d’Holbach, même si elle peut paraître facile demeure intéressante, pour sa défense rappelons ce vieil adage : simplex sigillum veri (la simplicité est le signe de la vérité). Précisons, de manière anecdotique, que le Christianisme dévoilé se conclu par un « amen » plein d’ironie.


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10414711/f5.image
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Marine
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 11 Mar 2014
Messages: 3 412
Féminin Cancer (21juin-23juil) 蛇 Serpent
Point(s): 471

MessagePosté le: Mer 9 Juil 2014 - 19:56    Sujet du message: Le christianisme dévoilé - Examen des principes & des effets de la religion chrétienne Répondre en citant

Perdre du temps à déblatérer sur une religion ?

Pour moi l'important c'est ceci : les sources

http://www.onnouscachetout-la-suite.com/t789-Yahweh.htm
http://www.onnouscachetout-la-suite.com/t788-Les-Anunnaki.htm
http://www.onnouscachetout-la-suite.com/t787-Les-Ancients-Savait-Ce-qu-Ils-…

Désolée qu'il n'existe pas de Dieu, de Jésus, de Christ et tout ce qui va avec
Les membres suivants remercient Marine pour ce message :
napo (09/07/14)
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
aja777


Hors ligne

Inscrit le: 18 Avr 2014
Messages: 1 539
Masculin
Point(s): 383

MessagePosté le: Mer 9 Juil 2014 - 20:27    Sujet du message: Le christianisme dévoilé - Examen des principes & des effets de la religion chrétienne Répondre en citant

Bonsoir Marine
Je ne connaissais pas merci !
Ceci dit cela ressemble beaucoup aux doctrines francs maçons l'homme au centre de tout ,et le rejet des religions ,alors donc ce monsieur avais tout compris et tous ceux qui l'on précédés ou qui suivent sont des imbéciles !
Tout n'est pas tout blanc ,ou tout noir, a mon avis lorsque l'on lis ces écrits ,d'une part les traductions quelles qu'elles soient on étés largement manipulées ,de plus elles sont le fait de personnes qui vivaient a une autre époque et s’adressaient a un autre contexte social !
Je suis croyant et je n'est pourtant jamais adhéré aux dogmes ,car ils ne m'ont jamais parus vecteur de réalité.
Je pense que chacun chacune a un esprit de discernement ,et que pour accéder au vrais nous n'avons pas besoin de guides qu'il soient croyants ou athées ,cela c'est nous sous estimer nous même .
De plus les moyens moderne notamment internet sont des outils très utiles pour les éventuels chercheurs .

Cordialement
_____________________________________________________________
>>>>La création est une symphonie dont nous sommes les musiciens , mais que signifie elle sans son compositeur source de toute VIE ?
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Marine
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 11 Mar 2014
Messages: 3 412
Féminin Cancer (21juin-23juil) 蛇 Serpent
Point(s): 471

MessagePosté le: Mer 9 Juil 2014 - 20:55    Sujet du message: Le christianisme dévoilé - Examen des principes & des effets de la religion chrétienne Répondre en citant

Né dans une riche famille catholique, d'Holbach fait des études de droit à Leyde et s’installe à Paris en 1749. Il devient alors français et avocat au Parlement de Paris. Son père était Johann Jacob Dietrich (1672-1756) et sa mère Catherine Jacobina Holbach (1684-1743) d' Edesheim (aujourd'hui, la Rhénanie-Palatinat). Son père était un viticulteur.

D’Holbach place l’homme raisonnable au centre de tout et base sa philosophie sur la nature. Son but est de détacher la morale de tout principe religieux pour la déduire des seuls principes naturels. Dans sa synthèse, Système de la nature, il soutient l’athéisme contre toute conception religieuse ou déiste, le matérialisme et le fatalisme (déterminisme scientifique).

La publication de son Système de la nature eut un énorme retentissement : le gouvernement le défère au parlement qui condamne le livre, le 18 août 1770, à être brûlé au pied du grand escalier du palais. La Contagion sacrée est aussi brûlée, en même temps que quatre autres de ses ouvrages. De nombreux livres vont être ensuite publiés pour réfuter les thèses du Système de la nature :
Bergier : Examen du matérialisme, ou Réfutation du système de la nature, 1771
Denesle, M. : Préjugés des anciens et des nouveaux philosophes sur l’âme humaine, Paris, 1775
Castillon, de Berlin : Observations sur le système de la nature
Jean-Baptiste Duvoisin publie trois ouvrages en 1775, 1778 et 1780 pour réfuter, ainsi que Holland, Guillaume Rochefort (en 1771) ou Saint-Martin (en 1775).
Voltaire le critique de manière ambiguë, il fait l’éloge du livre, en critique le style et fait deux articles de réfutation (Dieu et Style), sans contester le fatalisme, dans son Dictionnaire philosophique.

Dans la bibliographie donnée dans l’édition de 1820 du Système de la nature, 50 ouvrages lui sont attribués, avec, en plus, une participation à l’Histoire philosophique de l’Inde, par l’abbé Raynal.

Parmi eux, outre les ouvrages philosophiques et de théologie critique, se trouvent des titres concernant la chimie (Traité du soufre), de physique, de métallurgie, de géologie (l’Art des mines et un essai sur l’Histoire naturelle des couches de la terre, traduits de Lehmann, 1759), mais aussi de politique et de droit (Principes de la législation universelle, Amsterdam, 1773).

D'Holbach est l’un des premiers auteurs athées (Jean Meslier fut sans doute son unique prédécesseur), sans concession à un déisme (Voltaire) ou un panthéisme. Il meurt à quelques mois de la prise de la Bastille, alors qu’il est un des acteurs du siècle des Lumières.

C'est bon à savoir pour Voltaire, alors qu'il était soupçonné d'avoir écrit lui-même le livre de Jean Meslier par certains de ses contemporains
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
aja777


Hors ligne

Inscrit le: 18 Avr 2014
Messages: 1 539
Masculin
Point(s): 383

MessagePosté le: Mer 9 Juil 2014 - 21:06    Sujet du message: Le christianisme dévoilé - Examen des principes & des effets de la religion chrétienne Répondre en citant

Code:
C'est bon à savoir pour Voltaire, alors qu'il était soupçonné d'avoir écrit lui-même le livre de Jean Meslier par certains de ses contemporains

Effectivement ,d'autre part il ne devais pas être simple a l’Époque de prendre partis pour ces concepts ,car l’Église était fortement impliquée dans les affaires d’État !
_____________________________________________________________
>>>>La création est une symphonie dont nous sommes les musiciens , mais que signifie elle sans son compositeur source de toute VIE ?
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:41    Sujet du message: Le christianisme dévoilé - Examen des principes & des effets de la religion chrétienne

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    OnNousCacheTout... Index du Forum ->
Les forums
-> Mythes & Légendes
Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com