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Eden d'Anton Parks, désinformation ?
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atrahasis
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MessagePosté le: Ven 25 Avr 2014 - 01:12    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ? Répondre en citant

Critique du livre « Eden » d’Anton Parks, par atrahasis.


Il est des lectures considérées à notre époque comme étant incontournables et je dois dire que je suis souvent à la traîne dans le rayon nouveautés, ainsi par exemple chacun aura entendu parler des travaux d’Anton Parks. Qui d’entre-vous en effet ne s’est jamais fait conseiller de lire les livres d’Anton Parks prétextant sous doutes que l’on puisse déceler quelques vérités pertinentes dans les théories mises en avant ? Je dois dire qu’à priori le néo-évhémérisme de ces travaux ne m’inspire aucunement confiance (http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_anciens_astronautes) j’en avais forcément une image négative. En fidèle disciple de Sitchin, pensais-je, il transforme les mythes les plus ancestraux en véritable « space opera » faisant débarquer les Elohim d’une flotte de vaisseaux spatiaux sur notre belle planète bleue à une époque reculée lorsque les hommes vivaient encore comme des bêtes, ces dieux seuls survivants rescapés d’une guerre galactique étant depuis liés à jamais au destin de la Terre de laquelle ils ne pourront plus repartir. Tout cela ressemble à une mauvaise fiction capable de rebuter les esprits rationnels. Pourtant, faisant écho à une vieille promesse, et parce que quelqu’un en qui j’ai confiance m’avais à nouveau mis sur la voie récemment, j’ai décidé de me lancer et de lire « Eden » d’Anton Parks, dont voici la page sur le site de l’auteur :
 http://www.antonparks.com/main.php?page=eden


   

A vrai dire et comme je m’y attendais j’ai été déçu, l’ouvrage se résume à une critique acerbe du texte de genèse sans apporter aucune contre-argumentation ni tentative de défendre l’accusé ; la Bible est purement et simplement un plagiat des mythes sumériens. Il y aurait pourtant bien plus à dire. Le procédé est critiquable et, ayant mis en évidence plusieurs erreurs notables dans ses développements, il me fallait réagir.

Il y aurait beaucoup à dire parce que l'auteur est prolifique, il nous emmène vraiment loin dans sa démonstration. Ce sujet exige une certain maîtrise et des connaissances spécifiques, il n'est pas toujours évident de démèler le vrai du faux, et dans la plupart des cas il s'agira d'un problème d'interprétation plutôt qu'une erreur à proprement parlé. Anton Parks est méticuleux dans son travail, pratiquement tout est documenté (à l’exception de plusieurs illustrations... dommage), sa démarche est rationnelle et il permet au lecteur de vérifier par lui-même. Je comprends qu’Anton Parks est une personne auto-didacte, quelqu’un de besogneux et très intelligent. Cela dit il a aussi beaucoup d’imagination ce qui ne joue pas forcément à son avantage.

Comme il y aurait beaucoup à dire et que je ne connais pas moi-même la limite que nous pourrions atteindre dû au fait des nombreuses difficultés que l'on rencontre - principalement en regard au nombre d'inconnues sur le sujet abordé et par défaut de connaissances personnelles - je vais commencer par quelque chose de facile et de tout à fait factuel qui nous donnera un aperçu de la manière dont Anton Parks traite son sujet : cette première analyse concerne les illustrations figurant dans l'ouvrage.


Analyse des cylindres, sceaux et inscriptions figurant dans le livre « Eden » d’Anton Parks.

Nous traiterons ces illustration dans l'ordre de leur apparition. Évidemment ceux qui ont déjà lu le livre seront avantagés parce que je ne vais pas reprendre les théories, mais vous pouvez en avoir un aperçu en faisant des recherches sur le net ou en lisant les interviews de l'auteur.
Je dois signaler hélas que je ferai l'impasse sur un nombre non négligeable d'illustrations utilisées dans le livre, parce qu'il m'a été impossible de les retrouver sur le net ou par manque d'informations. Ainsi les illustrations page 109, 117, 136, 164, 205, 209, 221, 225, 230, 238 et page 245 seront absentes.
Je décomposerai chaque exemple de la sorte : 1- l'interprétation d'A. Parks 2- la version officielle 3- mon propre commentaire, ainsi vous pourrez comparer.

----------------------------

Figure 9 - page 79
    

Anton Parks interprète ce sceau de la manière suivante :
Figure 9. Sceau sur argile où l’on voit en haut, à droite, les sept étoiles de la constellation des Pléiades (Mulmul), près d’un soleil et de la lune. Au-dessus de la lune se trouve un vaisseau spatial avec trois occupants. Deux prêtres semblent prier autour d’un arbre de vie aligné sur la lune et le char volant. En bas, à droite, est gravé le Dragon-Serpent Tiamat sur lequel est placée une flèche pointée vers le haut qui figure souvent Marduk. La victoire de Marduk sur Tiamat conféra au vainqueur l’emblème du dragon. Le fait de placer Tiamat et Marduk sous les Pléiades confirmerait le point de départ de la guerre céleste décrite dans l’Enûma Elish.

Interprétation officielle :
N/A (à compléter peut-être ?)

Commentaire :
Cette première figure représente une scène rituelle autour d'un arbre de vie. Un culte des arbres semble être attesté déjà chez les sumériens primitifs. A gauche de l'arbre, probablement un noble ou un dignitaire, à droite un prêtre d'Oannès en costume de poisson. Je suis d'accord concernant la présence des symboles du soleil et de la lune, ainsi que Marduk et Tiamat sur le bord droit. Le reste est pure invention. Les 7 sphères représentent les 7 planètes ou les 7 Igigi selon des sources différentes (et non pas les pléiades) ; le "vaisseau spatial avec trois occupants" est en fait le symbole de la divinité. Généralement il s'agit de Shamash, le dieu-soleil, comme on peut voir son symbole ici, ou là :


http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Shamash.jpg
https://www.windows2universe.org/mythology/shamash_sun.html

Ce symbole correspond au disque solaire ailé des égyptiens. Plus tard, dans le zoroastrisme, il deviendra le symbole d'Ahura-Mazda.
Il reste que sur l'image d'origine nous avons trois personnages et non un seul ; il s'agirait donc vraisemblablement de la trinité akkadienne : Anu - Enlil - Ea.



----------------------------
 
Figure 10 - page 83
    

Anton Parks :
Figure 10. Sceau assyrien du Louvre AO (30255) illustrant la victoire de Marduk sur Tiamat transformée en monstre des abîmes. Marduk porte la double fourche dans ses mains. Nous verrons plus loin que la double fourche est liée au Satam (« administrateur territorial ») qui n’est autre qu’Enlil.

Interprétation officielle :
Sceau-cylindre et son empreinte, représentant une scène mythologique : Assur attaquant un monstre est acclamé par une déesse. Stéatite, Assyrie, IXe-VIIIe siècle av. J.-C.
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Cylinder_seal_mythology_Louvre_AO302…

Commentaire :

La divinité représentée est Assur et non Marduk. La confusion est compréhensible entre les deux personnages car Assur a repris les attributs du dieu tutélaire de Babylone, mais ce sont deux divinités distinctes. A part ce détail Anton Parks identifie la scène correctement (à mon avis).



----------------------------
 
Figure 16 - page 129
    

Anton Parks :
Figure 16. Sceau sur argile M2734 du musée de Damas en provenance de la ville de Mari. De gauche à droite apparaissent Enlil, Ninkharsag-Ninmah, Enki et sa mère Mamitu-Nammu. Les deux femmes figurent clairement les deux arbres de l’Eden. Ninkharsag détient la connaissance de la vie et de la mort alors que la mère d’Enki possède la connaissance de l’immortalité à travers sa science parfaitement maîtrisée de la génétique. Enlil porte une lance qui fait de lui le guerrier en chef des Anunna. Enki est assis sur le trône de l’abzu d’où s’écoule l’eau primordiale terrestre qui nourrit les deux prêtresses par l’intermédiaire de deux tortues, symbole suprême d’Enki et de l’immortalité. Les deux étoiles disposées l’une au-dessus de l’autre et placée au milieu du sceau forment le cunéiforme archaïque sumérien Mulmul (« les Pléiades »), le lieu d’origine des dieux Anunna et point de départ de la guerre qui les fit descendre sur Terre…

Explication officielle :

 Sur ce cylindre, deux déesses semblent émerger des flots avec lesquels elles font corps et qui s'écoulent des flancs d'une montagne (3). Ces déesses, qui personnifient aussi la végétation naissant de leur corps, présentent un vase et un arbuste au dieu qui trône sur la montagne. Elles symbolisent bien l'union de l'eau et des principes de fertilité, et on peut les rapprocher de Lahar et Ashnan, chargées de la nourriture des dieux dans la mythologie sumérienne (4). Le dieu qu'elles honorent présente à première vue des affinités avec Ea, caractérisé habituellement par les flots jaillissants; toutefois, deux étoiles gravées devant lui peuvent être considérées, d'après M. G. Dossin, comme des signes d'écriture à lire AN. AN = Ilan et qui permettraient d'identifier le dieu avec Anu (5) que le graveur aurait représenté trônant sur la Montagne primordiale, la « Montagne de la Source (de l'Apsû) (1) ».
 
D'autre part, un dieu guerrier s'apprête à enfoncer sa lance à la base de l'une des  déesses; son geste est insolite et partant, difficile à expliquer (2). On peut suggérer que la lance, dont la pointe est pourvue à sa base d'une courte traverse, est une marre : dans cette hypothèse, on pourrait songer à un rapprochement avec le mythe de la pioche, selon lequel Enlil fit un trou dans la terre pour permettre la naissance de la végétation (3). Un rapprochement plus probant paraît devoir être proposé avec le dieu que les Syriens du IIe millénaire ont représenté armé d'une lance pointée vers le sol et qui peut généralement être identifié avec Ba'al, dieu de l'orage (4).
 
Ce cylindre ferait ainsi figure de témoin très ancien d'une tradition toute différente, syrienne, dont il est intéressant de suivre les développements ultérieurs. Plusieurs cylindres syriens du IIe millénaire représentent le dieu, armé de la lance (fig. 6) (5) ou seulement de la masse d'armes (6), debout en face du dieu des flots, dont l'origine est évidemment mésopotamienne, et ces scènes présentent une indéniable  ressemblance avec celle qui est gravée sur le cylindre de Mari (fig. 5). Mais alors, le dieu au vase jaillissant peut difficilement être identifié avec Ea : il s'agit plutôt de son correspondant syrien, le dieu El, qui résidait « à la source des fleuves, entre les sources des (deux) abîmes » (1) et qui présidait le panthéon, ce qui le rapproche d'Anu (2).
 
Notes sur le répertoire iconographique de Mari à l’époque du palais, p. 219-221.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/syria_0039-7946_1960…

Commentaire :

La divinité centrale représentée est généralement décrite comme étant Anu. En témoignent les deux étoiles le symbolisant ainsi que le sceptre dans sa main. Cela dit selon une autre source, ces deux étoiles représenteraient la déesse Ishtar, l'étoile du soir et l'étoile du matin (La magie assyrienne, Paris, 1902, p. 118). Le personnage n'est pas assis sur des tortues mais bien sur une montagne, cela dit l'expression qu'emploie A. Parks "trône de l'abzu" est peut-être justifiée. La tortue est éventuellement un symbole d'Enki, en référence au mythe 'Enki et la tortue', mais ceci ne ressemble pas à des tortues. Je penche plutôt pour l'explication officielle ci-haut. Le dieu à la lance à gauche peut aussi être Marduk.


 
----------------------------
 
Figure 19 - page 148
    
Anton Parks :
Figure 19. L’imagerie sumérienne nous présente le serpent Enki pactisant avec le genre humain et lui faisant goûter le luxe, conformément à CBS8322, face a, colonne 2. Le Serpent incitera aussi l’espère humaine à se reproduire pour pouvoir diffuser son nouveau savoir.

Explication officielle :

Une divinité-serpent non-identifiée.

Commentaire :

Aucune explication n'existe quant à identifier cette divinité serpent, il semble qu'il s'agisse d'une divinité mineure et peu connue. Anton Parks insiste à voir Enki sous la forme d'un serpent, d'où son interprétation. Rien ne prouve qu'Enki ait pu avoir été représenté de cette façon. Le rapport entre Enki et le serpent se fait par l'intermédiaire de l'arbre de vie dont il possède la connaissance, le caducée d'Hermès, ou encore par son titre d' Ushumgal ("grand serpent"), cela dit la plupart des grands dieux sinon tous ont porté cet épithète. D'autre part Enki est représenté avec une queue de poisson, le glissement du poisson vers le serpent reste à justifier. Afin de comparer, voici comment Enki est généralement représenté :


 
L'élément caractéristique d'Enki sont les deux sources d'eau qui jaillissent de ses épaules, une constante dans ses représentations, en cela il rappelle le signe zodiacal du verseau, mais il représente aussi le capricorne par son double aspect chèvre - poisson. Pour ma part je l'associe à Vénus / Mercure / Lucifer, mais j'aurai probablement l'occasion de revenir plus tard sur ce point.

Il est possible que la divinité serpent inconnue représentée soit Nirah, dieu sumérien des serpents par excellence, considéré un messager des dieux et présent dans l'Ekur à Nippur aux côtés d'Enlil.



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Figure 23 - page 169
    
Anton Parks :
Figure 23. Sur ce cylindre sumérien du British Museum BM123279, la création de la femme paraît être réalisée à partir d’une matrice artificielle qui semble symboliser un mélange entre le signe sumérien primitif SIG (« fourrure » ou « cuir ») et, peut-être, celui correspondant à Dim’mege (Lilith), considérée comme étant la première épouse d’Adam. La femme fait face à Enki (à gauche), comme si elle l’écoutait. Elle est par ailleurs vêtue d’un vêtement de fibres, ce qui nous confirme les propos de CBS11065. Enki est ensuite entouré de serpents, et il veille sur le couple humain. Ses pieds et ses mains sont liés, ce qui suggère qu’il n’est pas libre comme il le souhaiterait : il est bien soumis aux directives d’Enlil. A droite, on a l’homme : il n’est pas vêtu, et ne connaît donc pas encore le secret des dieux que sa femme détient. Cet homme tend à la femme une branche d’arbre dont les extrémités se terminent en vagins, ce qui peut s’assimiler à une évocation de la sexualité. L’homme a la possibilité de se reproduire grâce à Enki : il peut donc se multiplier… A l’extrême droite, Enlil, le grand Satam, est en colère et brandit deux fourches, un symbole qui n’est pas sans rappeler celui du sceau assyrien du Louvre (AO30255) qui illustre la victoire de Marduk sur Tiamat. Le Satam souhaite détruire l’humanité. Le chat (Gullum), décomposé en GUL-LUM est là à la manière d’un rébus pour traduire l’idée de « détruire la fertilité ou l’abondance ». Enlil ne souhaite pas que l’humanité d’Enki prolifère dès lors qu’elle connaît le Secret interdit… Près d’Enki, la flèche avec l’étoile pointée vers le bas pourrait exprimer plusieurs choses, comme le dieu des abysses (Enki), une pointe en métal brillant, ou tout simplement le signe archaïque MU qui veut dire « parler » et « révéler » !

Explication officielle  :
This may illustrate an episode in Sumerian mythology where Dumuzi, a shepherd from the city of Uruk, was forced into the underworld.
http://www.britishmuseum.org/research/collection_online/collection_object_d…

Explication plus détaillée (traduction fr) :

Le sceau montre Dumuzi à sa bergerie dans l’edin sumérien capturé et lié par les démons-serpents  Ugalla qui l’entraînent aux Enfers puisque son épouse, Inanna, l’avait choisi en remplacement ou en substitution. A la scène une, il est représenté entièrement vêtu avec sceptre et couronne, ses mains et ses pieds étant liés avec des bâtons. Scène deux : à moitié - nu descendant via la porte des Enfers.  Scène trois : entièrement nu dans les enfers. Et enfin scène quatre : entièrement rhabillé, sur le sommet d’un serpent-dragon et tenant deux branches à fruits, montrant son "retour" à la surface de la terre chaque printemps telle la force de vie et la nouvelle flore ou  la régénération de l’edin qui entoure la cité-jardin des dieux, pour laquelle l'homme a été créé pour travailler et entretenir les dieux. (for the photo cf. p. 71.Henrietta McCall. Mesopotamian Myths. [The Legendary Past series]. Austin, Texas. University of Texas Press. In co-operation with the Trustees of the British Museum, London. 1990, 1993).

Dans un scénario, les démons Galla ( Ugalla ) du monde souterrain parviennent à entraver les mains et les pieds de Dumuzi avec des bâtons de bois. Dumuzi demande au dieu-soleil ( sumérien Utu , akkadien Shamash ) de le transformer en serpent. La supplication est accordée et Dumuzi, sous la forme d'un serpent, se libère de ses attaches pour échapper un temps aux démons.
http://www.bibleorigins.net/Serpentningishzida.html

Commentaire :

La figure 23 tel que présentée par Anton Parks est une farce monumentale. Si je devais voter ce serait son erreur la plus ridicule du bouquin, elle mérite sûrement de faire circuler :-)
La pièce peut être trouvée sur le site du British Museum avec une explication très superficielle mais tout de même évidente. Anton Parks y voit quatre personnages différents alors qu'il s'agit quatre fois du même personnage dans des scènes successives, un peu comme une planche de B.D. Rappelons qu'il s'agit d'un cylindre. Regardez le deuxième personnage que Anton Parks croit être une femme : elle porte la barbe ! La scène se rapporte au mythe "La descente d'Inanna aux Enfers". Ceux qui connaissent le mythe retrouveront la scène dans laquelle Dumuzi/Tammuz est entraîné aux Enfers. La 1ère scène on le voit ligoté et entouré de 2 serpents qui sont les démons Gallu envoyés par Ereshkigal et qui accompagnent Inanna/Ishtar. La deuxième scène il est précipité dans la bouche des Enfers. A la troisième scène il tient dans ses mains une sorte de plante qui pourrait rappeler la plante cueillie par Gilgamesh qu'un serpent lui déroba. On pourrait aussi y voir un serpent à trois têtes, mais ça me paraît moins probable vu l'absence d'un tel motif dans les mythes sumériens (mais un truc tentaculaire avec des vagins ?!?! mdr). Tout comme Inanna il est déshabillé lors de sa progression et se retrouve complètement nu. A la quatrième scène on voit le personne triomphant et vainqueur de la mort, représenté tel un héros (ou un saint) chevauchant le fauve (un lion ou un tigre, mais sûrement pas un chat), et portant les attributs d'Enlil, la double fourche, symbole de la foudre. Je parlerai plus loin de la flèche pointée vers le bas.



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Figure 34 - page 250
    
Anton Parks :
Figure 34. Stèle d’Untash-Huban du musée du Louvre provenant de Suse (vers 1.250 av. J-C.). Enki-Ea, le dieu serpent, est à la fois le cloneur des dieux et le maître des eaux de la Vie. Il maîtrise les sources vivifiantes dont le flux se finit en fioles, symboles de science et de culture. A ses côtés, se dresse un énorme serpent. Le lecteur perspicace aura remarqué la peau écaillée d’Enki et le fait que l’eau forme comme des nageoires à la place des pieds du dieu.

Explication officielle :
Stele of Untash Napirisha, Sandstone, ca. 1340–1300 BC, brought from Tchoga Zanbil to Susa in the 12th century BC fish tailed woman holding snakes
http://en.wikipedia.org/wiki/Untash-Napirisha

Commentaire :

Anton Parks est véritablement obsédé par le personnage d'Enki et le voit partout et spécialement là où il ne se trouve pas. La stèle est appelée "stèle d'Untash Napirisha" et non de "Huban". Elle représente de toute évidence une divinité féminine, aux pieds de serpents.

----------------------------
 
Figure 35 - page 263
    
Anton Parks :
Figure 35. Cylindre-sceau akkadien du musée de Bagdad, trouvé à Telle Asmar (seconde moitié du troisième millénaire av. J.-C.). Il figure le Serpent Enki communiquant avec l’humanité. Comme sur l’image 23 (cf. BM123279), on voit derrière Enki une flèche pointée vers le bas qui est surmontée d’une étoile. Elle peut traduire plusieurs idées comme les abysses d’Enki, une pointe en métal brillant, ou tout simplement le signe archaïque MU qui veut dire : « parler » et « révéler » ! C’est ce même verbe qui est régulièrement employé dans les tablettes pour exprimer le fait qu’Enki a révélé le Secret de l’outil et de la métallurgie à l’humanité.

Explication officielle 
: N/A

Commentaire :


Même chose que pour la figure 19. Source inconnue, dieu-serpent non-identifié. Toutefois on peut reconnaître le dieu lunaire Nanar – Sin dans le personnage de droite.

Quant à la flèche pointée vers le bas elle représente à forte raison l'Abzu, en tout cas c'est ce qu'il ressort sur cette représentation du dieu Shamash où l'on retrouve cette fameuse flèche.


 
Utu/Shamash est le dieu solaire, on le voit ici entrer ou ressortir des régions souterraines du monde, entre les deux grandes montagnes/piliers du monde connu, figurant le parcours de l'astre solaire d'est en ouest. C'est aussi un thème propre aux héros solaires, ainsi Gilgamesh dans ses aventures devra également suivre le parcours du soleil dans les régions souterraines et réapparaître à l'est tel le soleil.

----------------------------

 
Voilà pour une première partie sommes toutes assez sommaire de cette critique. J'ose espérer que les comparaisons établies parlent d'elles-même et que vous en tirerez vos propres conclusions.
Il serait à présent nécessaire d'aller plus en profondeur, de comparer les textes traduits par Anton Parks avec d'autres traductions par exemple celles réalisées par Georges Barton, de déceler d'autres erreurs ou interprétations jugées faibles ou inexactes, de tenter d'expliquer les relations entre la Bible et les mythes sumériens (ce qui n'est pas une mince affaire), et si nous arrivons jusque là, de tenter de rétablir ce qui me semble être la vérité, ou en tout cas ce qui s'y rapproche le plus.


Cdmt,
atra.
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MessagePosté le: Ven 25 Avr 2014 - 01:12    Sujet du message: Publicité

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Marine
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MessagePosté le: Ven 25 Avr 2014 - 08:17    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ? Répondre en citant

ouf! enfin, je me sens moins seule ! Merci énormément pour ta démonstration.

La différence est que Sitchin était honnete je pense et persuadé de ce qu'il avançait.

Parks et ses visions , je n'y crois pas, pardon à l'un de nos amis, qui s'est fait avoir aussi sur un autre sujet de découvertes, j'espère qu'il ne nous en voudra pas.

N'oublions pas que sur onct, on a viré une personne qui disait qu'il valait mieux s'attacher aux représentations de l'ancienne Egypte, que tout y était repiqué !
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td26
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MessagePosté le: Sam 26 Avr 2014 - 09:22    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ? Répondre en citant

Marine a écrit:
ouf! enfin, je me sens moins seule ! Merci énormément pour ta démonstration.

2 eme ouf moi aussi Wink
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td26
Invité

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MessagePosté le: Sam 26 Avr 2014 - 09:29    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ? Répondre en citant

Citation:
 C'est aussi un thème propre aux héros solaires, ainsi Gilgamesh dans ses aventures devra également suivre le parcours du soleil dans les régions souterraines et réapparaître à l'est tel le soleil.
Toute notre société et basé sur ce fait, par rapport à la voute céleste. notre histoire et écrite dans le ciel...

Désolé pour le HS , quoi Que...
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Nadejda
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MessagePosté le: Lun 28 Avr 2014 - 22:09    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ? Répondre en citant

Merci atra  Smile


Pour info suite à la publication de ton article dans le blog, nous avons déjà un commentaire.
Si tu souhaites répondre, c'est par ici :






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Hoheinhem
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MessagePosté le: Mer 7 Mai 2014 - 22:10    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ? Répondre en citant

Atrahasis il me semble que sur  ONCT tu avais fait une comparaisons  entre le phénomène ovni et le spiritisme . Se serait intéressant de le réécrire sur le nouveaux forum .       
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Marine
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MessagePosté le: Jeu 8 Mai 2014 - 07:41    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ? Répondre en citant

td26 a écrit:
Citation:
 C'est aussi un thème propre aux héros solaires, ainsi Gilgamesh dans ses aventures devra également suivre le parcours du soleil dans les régions souterraines et réapparaître à l'est tel le soleil.

Toute notre société et basé sur ce fait, par rapport à la voute céleste. notre histoire et écrite dans le ciel...

Désolé pour le HS , quoi Que...
Moi j'aurais mis religions à la place de "société", et religions à la place de "notre histoire"
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td26
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MessagePosté le: Mar 20 Mai 2014 - 17:22    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ? Répondre en citant

Marine a écrit:
td26 a écrit:
Citation:
 C'est aussi un thème propre aux héros solaires, ainsi Gilgamesh dans ses aventures devra également suivre le parcours du soleil dans les régions souterraines et réapparaître à l'est tel le soleil.


Toute notre société et basé sur ce fait, par rapport à la voute céleste. notre histoire et écrite dans le ciel...

Désolé pour le HS , quoi Que...

Moi j'aurais mis religions à la place de "société", et religions à la place de "notre histoire"
Religions oui bien sur, aussi ! Je veux dire que depuis le début de notre monde, les premiers hommes ont levé les yeux au ciel et se sont toujours posé les fameuses questions que faisons nous là , ou allons nous, Pourquoi tout ceçi, c'est quoi ce grand feu qui brule dans le ciel et qui tombe pour laisser le noir venir... Puis revient encore pour nous chauffer, nous éclairer. Ce cycle et à la base de notre société ( religions ) ( traditions ) ( etc.. ),  ce qui et en toute logique normale.

J'ai lu aussi Parks, l'interprétations des tablettes n'engage que lui . Son roman se vend, c'est sa principale préoccupation me semble t'il !

Question , Pourquoi aurait  t'on trouvé justement les tablettes qui serait la vérité sur nos origines ?


" Les choses ordinaires n'intéresse personnes , les choses extraordinaires sont beaucoup plus entendu ! "
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Marine (20/05/14)
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Marine
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MessagePosté le: Mar 20 Mai 2014 - 19:19    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ? Répondre en citant

On ne détruira pas la superstition universelle sans détruire son
support, on ne révoquera pas le mandat céleste sans en finir avec
l’économie qui l’a produit et perpétué.
Le judéo-christianisme, l’islamisme, l’hindouisme, le bouddhisme,
les sectes et leurs cohortes de rabbins, curés, imams, pasteurs, gourous,
bonzes, lamas sont le dernier avatar de dix mille ans d’exploitation de
l’homme par l’homme. Ils ne disparaîtront dans le naufrage de la
civilisation marchande qu’à la faveur d’une civilisation humaine fondée
sur l’affinement des désirs, non sur les mécanismes psychologiques et
sociaux d’un système hostile à la nature.


Raoul Vaneigem

Son livre est d'une beauté majestueuse !
Un hymne à la vraie vie...


En dépit d’un usage qui prescrit la majuscule pour le Dieu des
monothéismes et la refuse aux divinités du polythéisme, comme si leur
pluralité leur en ôtait le privilège, je tiens absolument à l’accorder à l’ensemble
des Dieux et des Déesses, lesquels ne me paraissent pas, dans l’infamie
religieuse, inférieurs au Dieu unique des mythologies chrétienne, hébraïque et
islamique.

  
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atrahasis
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MessagePosté le: Mar 17 Juin 2014 - 12:31    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ? Répondre en citant

Merci pour vos encouragements. J'avoue que, après en avoir fait le tour, j'avais laissé de côté ce travail qui nécessite d'importantes recherches. Mais j'avais quand même promis de donner suite... alors continuons :-)

Voici le chapitre II (enfin la première partie) que je viens de mettre par écrit.



Comparaison entre les nouvelles traductions des textes proposées par Anton Parks et les précédentes de GA Barton et SN Kramer. (Partie 1 / 2)

Après avoir analysé les motifs visuels utilisés dans le livre et les avoir comparés à l’ « interprétation officielle » - nous entendons par là la version qui est communément admise et enseignée dans les milieux universitaires -, nous allons procéder de même pour les textes. Semblablement au chapitre précédent je conserverai une certaine réserve sur mes opinions et me contenterai de montrer les choses telles qu’elles se présentent avec objectivité. Je choisis d’entrer avec prudence dans notre sujet en commençant d’abord par montrer des éléments factuels, vérifiables et incontestables, étant conscient de l’ampleur du puzzle qui est devant nous et qu’il reste encore à recomposer.

Je dois placer ici une considération : ce chapitre nécessiterait une connaissance approfondie car il soulève la question de savoir si Anton Parks est suffisamment qualifié à traduire l’écriture cunéiforme. Or il est important de signaler que je n’ai aucune connaissance dans les langues anciennes et je serai bien incapable de traduire le moindre cunéiforme qui se présenterait. Cette question est à poser aux experts en la matière. Pour ma part je peux seulement évaluer de manière superficielle ce que je vois, puiser dans les sources  et comparer ce qui comparable.

Ceci dit afin de ne pas enflammer une polémique inutile je réponds tout de même qu’Anton Parks s’en sort plutôt bien, et même admirablement bien de mon point de vue compte-tenu qu’il a découvert la langue par lui-même en tant qu’amateur auto-didacte. C’est tout à son honneur. Un autre point positif sont les textes eux-mêmes sur lesquels il attire notre attention. En effet, la mythologie sumérienne que l’on retrouve sur le net tourne généralement autour de quelques grands mythes célèbres : l’Enuma Elish, l’Atrahasis, l’épopée de Gilgamesh, les mythes d’Inanna et Dumuzi… le reste étant rarement mentionné. Les textes abordés dans Eden sont généralement méconnus et à vrai dire je ne connaissais pas le travail de GA Barton jusqu’ici. C’est une bonne découverte, quoique de mon point de vue ces textes n’apportent pas d’éléments aussi importants qu’il ne le semble.

Le livre de GA Barton est trouvable sur la toile :  http://www.archive.org/stream/miscellaneousba00bartgoog#page/n6/mode/2up Cette source nous permettra d’établir des comparaisons. Lorsqu’on lit le livre d’Anton Parks la comparaison se limite à des annotations en bas de page, et Anton Parks se justifie fréquemment tant et si bien que le lecteur est tenté de suivre l’avis de l’auteur ; il est difficile de discerner et de comparer vraiment la traduction nouvelle par rapport à l’ancienne. Cependant, comme nous le verrons, il existe un écart significatif important entre l’une version et l’autre. Comment s’expliquent de telles différences entre les traductions ? C’est ce que nous allons analyser. Je finirai en expliquant pourquoi les traductions antérieures possèdent plus de sens en montrant quelques exemples connus. Mais pour commencer il serait nécessaire de se renseigner sur l’écriture cunéiforme et son apprentissage.


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Cette entrée en la matière va nous permettre de relativiser un mythe moderne souvent véhiculé sur internet voulant que l’écriture cunéiforme soit particulièrement difficile à traduire et exigerait des connaissances poussées, la maîtrise du langage représentant une science détenue de seuls quelques érudits privilégiés (parmi lesquels Zecharya Sitchin… on connait la chanson). C’est vrai en partie, mais si l’on rencontre effectivement des difficultés particulières, il ne faudrait pas exagérer ;  le système est archaïque et la base du langage, d’abord primitive, a évoluée au fil des millénaires.

Ainsi dans ce compte rendu intitulé « Lire et écrire en Mésopotamie : une affaire de spécialistes ? », écrit par Mr. Dominique Charpin et daté de 2004, nous lisons ce passage :
Citation:
B) Pourquoi l’écriture cunéiforme n’est pas si difficile à maîtriser qu’on le croit
Si l’on a longtemps cru que la connaissance du cunéiforme dans l’Antiquité était très limitée, c’est parce que l’on tenait l’art du scribe pour difficile – façon sans doute inconsciente des assyriologues de se valoriser… [...] Certains auteurs ont montré que l’écriture cunéiforme n’était pas si difficile à maîtriser qu’on le croit couramment. […]
Dominique Charpin, « Lire et écrire en Mésopotamie : une affaire de spécialistes ? », Paris, 2004.

Ce travail nous montre que la connaissance de la lecture et de l’écriture étaient bien plus répandu dans l’Antiquité qu’on ne le croit généralement, et ce même au sein des masses populaires. Il explique ensuite les principales difficultés rencontrées :
Citation:
1) Une écriture moins complexe qu’il ne semble
D’où vient la difficulté supposée de l’écriture cunéiforme ? Du nombre des signes : les manuels d’épigraphie recensent environ 600 signes différents.
Du nombre des valeurs différentes : chaque signe peut avoir plusieurs valeurs logographiques et plusieurs valeurs phonétiques. Ainsi, à l’époque paléo-babylonienne, le signe UR a-t-il la valeur syllabique ur, plus rarement lik et taš, ainsi que la valeur logographique UR = « chien » (ou encore combiné avec un autre logogramme UR.MAH = « lion »). Le nombre total de possibilités est très élevé. Mais ces considérations doivent être nuancées par deux séries de remarques :
-        toutes les valeurs ne sont pas attestées à toutes les époques : il ne faut pas confondre le savoir de l’épigraphiste actuel avec celui de l’homme de l’Antiquité, qui n’avait besoin de connaître que le répertoire en usage de son temps ;
-        surtout, toutes les valeurs ne sont pas attestées dans tous les genres de textes ; différentes études ont donc porté sur des époques particulières, en faisant l’inventaire des besoins réels des lecteurs.

Source : http://www.ceei.univ-paris7.fr/04_bibliotheque/01/pdf/03_Dominique_Charpin.…

Enfin terminons brièvement la présentation. Les textes religieux étaient généralement écrits par les scribes, par les prêtres et par des personnes faisant partie de l’entourage du roi. Nombre de ces textes étaient des hymnes récités à l’occasion de rites et de fêtes religieuses, par exemple le récit de la Création de l’Enuma Elish était lu chaque année lors de la fête de l’Akitu. Ces textes ont une haute valeur religieuse. Ils chantent généralement la gloire du roi et des grands dieux qui l’ont assis sur le trône. Ce sont des textes de propagande qui annoncent la toute-puissance du souverain et ont été utilisés pour consolider la société autour de leur roi. Au-delà la vocation du mythe est de nous expliquer pourquoi les choses sont telles qu’elles sont, ou comment certaines choses en sont venues à l’existence. Tous ces textes possèdent une valeur historique indéniable même si ce n’était pas la préoccupation principale de leurs auteurs.


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Commençons sans plus attendre en plongeant directement dans les sources.


Voici donc celle que j’utiliserai :
http://en.wikipedia.org/wiki/Miscellaneous_Babylonian_Inscriptions
https://archive.org/stream/miscellaneousba00bartgoog#page/n22/mode/2up

Je structurerai de la manière suivante :
a)       la traduction d’Anton Parks (en bleu)
b)       la traduction de GA Barton (en vert)
c)       mon commentaire.


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Colonne 1 :


« […] [Ils] vinrent en puissance de l’au-delà du temps, ils furent portés, un jour, par la [rébellion] de l’univers. La nourriture d’Enlil leur donnerait la vie. A l’égard de la Dame Serpent, il y eut une imploration (car) elle accordait la faveur qui les ferait tous vivre […] ».
CBS 8383-a, colonne 1, lignes 1 à 7 (Eden p. 102).



1.      He came forth,
2.      from Kesh he came,
3.      the food of Enlil
4.      gives him life.
5.      Unto Sir there is a cry ;
6.      she grants favor,
7.      makes all live. *

G.A. Barton, The oldest religious text form Babylonia, colonne 1, lignes 1 à 7.

* remarque : Au regret de nos lecteurs francophones je choisis de conserver le texte dans sa langue d’origine de crainte qu’une traduction en français  n’introduise des approximations.


Commentaire

Le texte, retrouvé à Nippur, est présenté par les 2 auteurs comme datant d’une grande antiquité. Barton reconnait la période akkadienne et situe la période aux alentours de 2.800 - 2.600 av. notre ère, il compare son ancienneté avec celle des Textes des Pyramides. De son côté, Parks se contente de dire que nous ne savons pas à quand remonte ces évènements.

Les premières lignes sont perdues. Ce texte raconterait, selon Parks, l’arrivée des dieux sur terre. Pour Barton il s’agirait d’un texte incantatoire qui
Citation:
« (Le texte) contient une forme primitive, mais comparativement raffinée, de pensée religieuse. Les hommes qui l’ont écrit entretenaient le point de vue animiste. Le monde était rempli d’esprits qui les terrifiaient, mais les chefs de ces esprits étaient des dieux qui, quoique capricieux, étaient les créateurs de la vie et de la végétation. Ils pouvaient être suppliés, et l’espoir de l’homme demeure en leur apaisement. Le texte exhibe le mélange de religion et de magie si caractéristique à la pensée babylonienne. »
GA Barton, Miscellaneous babylonian inscriptions, p. 3-4.

D’emblée nous voyons que les deux traductions sont très proches, mais pas fidèles ; nous remarquons des différences minimes quoique significatives.

Tout d’abord le cadre dans lequel se situe l’action n’est plus le même. Barton reconnait Kesh comme étant un nom propre, il s’agit de la ville de Kesh, ou Kish http://fr.wikipedia.org/wiki/Kish_(Mésopotamie) , une cité bien connue située proche de Babylone et figurant dans les listes royales comme étant la première ville dans laquelle la royauté fut rétablie après le Déluge. Parks est conscient que Kesh est une ville ; il le signale dans une annotation. Mais il choisit pourtant d’appliquer une autre signification à ce texte. Kiš en symérien ou kiššatu en akkadien signifie « totalité » ou « monde » (cette signification porte en elle le sens d’un « Centre du Monde » comme nous le verrons plus loin à la fin de ce chapitre). Ainsi Anton Parks n’y voit pas un nom propre et traduit Kesh par le mot «  univers », parlant bien entendu du lieu d’origine des dieux. Quoiqu’étant d’un sens proche, « monde/totalité » et « univers » ne sont pas de parfaits synonymes.

Une autre différence dans ces traductions est le sujet. Il n’est pas question d’un pluriel mais d’un singulier, visiblement un roi. Barton hésite entre Naram-Sin et son successeur, Shargalisharri, tous deux souverains ayant régnés à Kish, et ayant bâtis pour le premier ou rénové pour le second le temple d’Enlil. Dans le texte, c’est ce roi qui vient de Kish et qui a été nourri par Enlil.

Comparez donc : d’un côté nous avons Naram-Sin (ou Shargalisharri) issu de la ville de Kish et rassasié par la nourriture d’Enlil, et de l’autre des dieux venant de l’univers et à qui Enlil donna la vie. On parvient ainsi à un résultat très différent.

Un autre glissement est que « Sir » devient la « Dame Serpent » chez Anton Parks. Celui-ci se justifie en remarquant que Sir signifie « serpent », « reptile ». La traduction de Parks est plausible, en effet Barton reconnaît que Sir est un autre nom pour Ninkharsag. C'est pourquoi il utilise le féminin. La fin de ce passage reste similaire dans les deux versions.

Ainsi donc, si l’action reste préservée, la traduction d’Anton Parks introduit des différences significativement importantes concernant le lieu et les intervenants, ce qui change drastiquement le sens du texte.


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Colonne 2 :


« […] Le saint Tigres et le saint Euphrate [formaient ?] le sceptre sacré d’Enlil qui fixait Kharsag. Les fleuves procuraient l’abondance. Le sceptre protégeait [notre] seigneur. Une prière [fut adressée ?] pour l’obtention des pousses de la terre […]. [A cette époque ?] l’homme n’était pas [productif ?]. [Les dieux ?] étaient innombrables. Le prince Enlil rendait (tout) éclatant. »
CBS 8383-a, colonne 2, lignes 2 à 12 (Eden p. 103).


2.      The holy Tigris, the holy Euphrates,
3.      the holy sceptre of Enlil
4.      established Kharsag ;
5.      they give abundance.
6.      His sceptre protects (?) ;
7.      [to] its lord, a prayer…
8.      the sprouts of the land…
9.      …. man (?) … is not (?)
10.   … are (?) … numerous (?)
11.   The hero, Enlil
12.   makes bright.

G.A. Barton, The oldest religious text form Babylonia, colonne 2, lignes 2 à 12.


Commentaire
Ici le texte de Barton est lacunaire sur plusieurs mots, ce qui nous renseigne de l’état de conservation de la tablette. Anton Parks traduit de manière équivalente et complète en plus certains manquements pour obtenir une forme plus aboutie. Il est difficile pour moi de justifier ces choix mais cette traduction nouvelle conserve sa cohérence.


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Colonne 3 :

« Seigneur (venu) de la nuit et de nos hommes du forage. Seigneur de la tempête et de nos hommes à la pioche. Seigneur de la fondation et de nos hommes du forage. Seigneur du sanctuaire et du forage de nos hommes, (maître) courroucé de la farine d’orge et du savoir des plantes de la terre. Dieu du lait et de nos hommes du voyage lointain, à la tête de notre terrasse de vie. Seigneur du forage [profond ?] et rapide ; Grand Satam (administrateur) de la fondation, du forage et des plantes chevelues (le blé) : tu avais créé notre socle de vie sur le rocher ! »
CBS 8383-a, colonne 3, lignes 1 à 12 (Eden p. 105).



1.      … protect (?) [man] !
2.      O lord of darkness protect man !
3.      O lord of light protect man !
4.      O lord of the field protect man !
5.      O lord of the sanctuary protect man !
6.      Clothe thy king in singu !
7.      O god be favorable to man !
8.      Make strong the new temple-platform !
9.      O divine lord protect the little habitation !
10.   O well of the mighty abyss, give protection !
11.   A large garment, a singu garment,
12.   A goat thou bringest (?) … let them be offerings (?) !

G.A. Barton, The oldest religious text form Babylonia, colonne 3, lignes 1 à 12.


Commentaire
A nouveau le sens n’est plus le même d’une version à l’autre. Nous reconnaissons l’aspect incantatoire du texte signalé par Barton, mais cet aspect est rendu moins évident chez Anton Parks. Il s’agit à priori d’un hymne religieux sommes toutes assez commun, mais le côté religieux est perdu au profit d’une vision plutôt matérialiste ou disons plus moderne chez Parks. Il parle de pioche, de forge, de farine d’orge, de lait et de blé… ; tout cela ne se retrouve pas chez Barton. La fin n’a plus rien à voir : la traduction de Barton parle d’un vêtement cultuel nommé singu et se termine par l’évocation du sacrifice d’une chèvre. A noter la présence du titre de « Grand Satam » conféré à Enlil pour lequel je cherche toujours l’équivalent chez Barton (non signalé dans la transcription littérale).

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Colonne 4 :


« […] L’abondance [des dieux ?], il la restaurait. Notre Satam (administrateur) s’exclamait : notre Satam s’exaltait ; il offrait sa protection à la cité. Il agrandissait la demeure : Oh, oiseau, qui peut te renverser ? (Sa femme Ninkharsag parle de son projet) : ‘Avec cet aménagement apparaîtra la prospérité ; un réservoir clos – un piège à eau – devra être installé. Ma bonne nourriture qui sera produite devra être abondante. Cet Eden ferme, traversé d’eau, devra être irrigué par un cours d’eau qui sera en cascades’. Un grand et puissant cours d’eau protégé devait jaillir en avant ; il augmenterait le rendement (d’eau) tournoyant de notre dame. Oh, oiseau, qui peut te renverser ? Ma nourriture qui sera répandue devra être abondante […]. »
CBS 8383-a, colonne 4, lignes 2 à 12 (Eden p. 106-107)



2.      Abundance (?) … he restores.
3.      His musician sings ; his musician sings :
4.      « To the city he gives protection, »
5.      The temple he strengthens ;
6.      O bird, who can overthrow it ?
7.      My gain is great. The flour – by whom is it increased ?
8.      A plain is filled. Thy water – by whom is it increased ?
9.      His hand makes the overflow of great waters ; it increases fatness.
10.   The demon, the cloud-lord is impetuous ;
11.   O bird, who can overthrow him ?
12.   My grain is great, - by whom is it poured out ?
G.A. Barton, The oldest religious text form Babylonia, colonne 4, lignes 2 à 12.



Commentaire
La première ligne est manquante. Les lignes 2 et 4 à 6 ont été traduites à l’identique. Le reste n’a plus rien à voir. Le « Satam » devient un musicien chez Barton. La « plaine » a été traduit par le nom propre « Eden » (Edin). A la ligne 10 il n’est plus question de démon et de seigneur des nuages chez Anton Parks. L’hymne religieux qui se poursuit chez Barton devient l’évocation des desseins de Ninkharsag. L’écart entre les traductions est significatif comme vous pouvez le constater.

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Colonne 5 :


« La dame de Kharsag soutint (son projet) de sa parole pure et l’émerveillement que sa main [voulait créer]. Bada (An) lui opposa sa parole. Elle voulait parler de sa demeure claire, elle voulait parler de sa demeure pure. Elle voulait parler (de sa demeure) élevée, la plus brillante de toutes. Indicible avec la luminosité des nombreux feux de bois de cèdre (qui seraient nécessaires). Sa gestation ne fut pas rejetée […]. Deux jarres [furent déversées] pour elle ; [les dieux] lui déversèrent deux grandes [coupes] ; ils lui ont apporté la nourriture qu’elle appréciait ; ils lui ont présenté un récipient. A l’égard de la Dame Serpent, il y avait une imploration. »
CBS 8383-a, colonne 5, lignes 2 à 14 (Eden p. 108)



2.      To Ninkharsag belongs demon-enchantement ;
3.      brilliant enchantement her hand [created ?] ;
4.      Bada opposed to her his sword (?)
5.      « The house is bright, » may she say ! « The house is pure, » may she say !
6.      « Which is lofty, brightest of all, » (may) she say !
7.      « Unspeakable with the brightness
8.      of many cedar fires » (may) she say !
9.      Her power is not overthrown (?) …
10.   Two jars they [pour out] for her ;
11.   two large … they pour out to her ;
12.   the food which she loves they bring her ;
13.   a vessel they present to her,
14.   unto Sir there is a cry.
G.A. Barton, The oldest religious text form Babylonia, colonne 5, lignes 2 à 14.



Commentaire
A nouveau le sens global est plus ou moins conservé mais nous retrouvons des différences significatives. Aux lignes 2-3, l’enchantement (magique) de Ninkharsag devient un émerveillement (émotion) et le démon a disparu dans la traduction de Parks. « Sa puissance » à la ligne 9 est rendue par « Sa gestation ». S’en suivent des sacrifices offerts à la Grande Dame. Le texte se termine par une imploration.

Le cas des sacrifices est connu, voyez en Inde où cette pratique persiste encore de nos jours (par ex. http://stehly.chez-alice.fr/5sacrifices.htm ). Contrairement à ce que semble croire Anton Parks, ce sont les hommes qui offrent des sacrifices aux dieux et non des dieux aux autres dieux. Je constate une ignorance importante chez l’auteur d’Eden en ce qui concerne les pratiques religieuses. Nous aurons encore l’occasion de développer. La traduction de Barton a plus de sens.


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Colonne 8 :


[… à cause du ?] seigneur de la réserve et de l’entendement. Le vaste (être) faible, dés lors, à cause de la connaissance de la grande porte, se jeta sur la terre cultivée de notre réserve et disposa de nos rations. Il se multipliait et il discutait de notre talus. Hélas, à cause […] arbres […] les hauteurs [3 lignes brisées]. Il parlait des nombreux arbres (fruitiers). Face à notre regard, il avait pris possession de sa nourriture et l’emportait, il renversait les arbres de vie plantés [par ses soins ?], témoignage de notre monticule. […] ».

CBS 8383-a, colonne 8, lignes 1 à 12.


1.      … the mighty divine lord
2.      increases greatness.
3.      The great gate to bolt he appoints,
4.      my door for protection he …
5.      …
6.      …
7.      …
8.      …
9.      … may he be favorable (?)
10.   To heaven he lifts an eye
11.   opened by the tree of life !
12.   … my dwelling.
G.A. Barton, The oldest religious text form Babylonia, colonne 8, lignes 1 à 12.



Commentaire
C'est ici que selon Anton Parks l'homme pénètre illégalement dans le jardin. A la ligne 1 le « puissant seigneur divin » devient « le seigneur de la réserve et de l’entendement » dans la traduction de Parks. C’est cet être puissant qui fixe les boulons sur la grande porte à la ligne 3, là où Anton Parks fait intervenir l’homme (le vaste être faible) pour ensuite jeter son dévolu sur les rations alimentaires (action absente chez Barton). Après quoi plusieurs lignes sont manquantes ; 4 pour Barton et seulement trois chez Parks. Celui-ci complète les vides comme d’accoutumée, peut-être à juste titre je ne sais pas, en tout cas l’ensemble reste cohérent. Il est ensuite question d’un œil « ouvert par l’arbre de vie », un motif repris dans le texte de Genèse sur lequel nous aurons à revenir lorsque je parlerai de la Bible. Le texte se termine par la mention d’un monticule sacré (voir la fin de ce chapitre – partie 2/2).

Et nous pourrions continuer plus loin la comparaison des traductions pour ce texte mais je vous laisse bouquiner par vous-même si vous le souhaitez. Ceci dit nous avons déjà un échantillon suffisamment représentatif, et je souhaiterai continuer si vous le voulez bien pour enchaîner sur un autre texte qui nous a été rapporté par SN Kramer.


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Suite la prochaine fois …


PS: je remarque que j'ai oublié les colonnes 6 et 7 ; ce n'est pas très important.
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Marine (17/06/14), (18/06/14)
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Hoheinhem
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MessagePosté le: Mar 17 Juin 2014 - 16:30    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ? Répondre en citant

J'espère ne pas être hors sujet mais j'ai l'impression que tout ce qui tourne actuellement autour des sujet OVNI enlevement n'est que le retour de l'occultisme occidental sous un forme plus materialiste que par le passé . Les personne comme anton park si elles sont honnête sont des medium qui s'ignorent . Dans un monde meterialiste comme le notre croire au aux extraterrestres est plus crédible que de croire aux esprits . 
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nemo44
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MessagePosté le: Mar 17 Juin 2014 - 16:57    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ? Répondre en citant

oui c est effectivement une bonne piste de réflexion 


en poussant un peut plus ....qui maîtrise l occultisme occidental ??      FM illuminatis ..


zut encore eux !!  Twisted Evil
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atrahasis
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MessagePosté le: Mar 17 Juin 2014 - 20:53    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ? Répondre en citant

Hoheinhem a écrit:
J'espère ne pas être hors sujet mais j'ai l'impression que tout ce qui tourne actuellement autour des sujet OVNI enlevement n'est que le retour de l'occultisme occidental sous un forme plus materialiste que par le passé . Les personne comme anton park si elles sont honnête sont des medium qui s'ignorent . Dans un monde materialiste comme le notre croire au aux extraterrestres est plus crédible que de croire aux esprits . 


Bonsoir Hoheinheim,

Non tu n'es pas hors-sujet et je suis d'accord avec la formulation de chacune de tes phrases.

Tu m'avais demandé de réécrire un sujet sur le thème des OVNI, je pourrai en effet compléter en ce sens car j'ai progressé depuis l'époque ONCT même si le message reste le même. Mais je ne sais pas si je le ferai. Je vais tout de même te donner plusieurs indices. Dans un tel sujet il est nécessaire d'expliquer en détails le phénomène des abductions car c'est sur ce point précis que nous retrouvons le plus de similitudes, cela nous permet d'écarter les faux-cas en restant concentré sur le véritable problème, et ainsi il est possible de comprendre énormément sur notre condition humaine et d'identifier les mensonges fréquents que l'on trouve sur le net et ailleurs. La solution consisterait à comparer plusieurs cas d'abductions avec ce qui existe dans le chamanisme ancestral, ce point est vraiment très parlant (Fabrice Bonvin avait fait des recherches sur ce sujet). Après quoi Mircea Eliade devient un auteur de premier plan, en tout cas il l'a été pour moi, il ne parle bien sûr pas des ET mais des esprits et c'est grâce à lui que j'ai compris énormément de concepts. Seulement voilà je pense que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire parce que nous nous retrouverions en présence d'archétypes et de peurs ancrées dans notre inconscient et ça pourrait être choquant pour certaines âmes sensibles. Ces thématiques on les retrouve dans de nombreux films (en particulier films d'horreur, là je pense par exemple au film "Les dents de la mer" très symbolique...), c'est vraiment partout autour de nous dans la société. Il faut être en mesure de dépasser ces peurs. Au risque de perdre la raison il y a un travail personnel à réaliser, ce qui n'est pas possible pour tout le monde car ça demande du temps et de la réflexion. J'espère également délivrer d'autres éléments dans le présent sujet, notamment au chapitre III mais déjà dans la prochaine partie. Il n'est pas nécessaire de tout savoir ; toute vérité n'est pas bonne à dire.

Je te recopie un passage significatif issu d'un excellent livre pour débuter qui nous informe du combat spirituel (très accessible et bien qu'un peu sommaire l'auteur nous en dit beaucoup à partir de sa riche expérience avec l'occultisme - je le conseille), ainsi tu auras mon point de vue. Le livre s'intitule Spiritual Warfare : Revelation of a New Age deception. Comme son titre l'indique ça parle de la tromperie du New Age et c'est écrit par un chrétien. Il est disponible gratuitement en français ici http://pilgrim777.wordpress.com/download-the-book/

Citation:

20 – Les extraterrestres (ET) et les ‘aliens’ parmi nous

Il est possible aujourd’hui que beaucoup tombent dans le panneau de cette vaste supercherie , à savoir que les ‘aliens’ d’autres mondes ou d’autres dimensions seraient des êtres supérieurs , et qu’ils viendraient d’une civilisation hautement évoluée pour nous aider à réaliser que tous sont Un et font partie de Dieu. Le monde est endoctriné au moyen de livres , de films , et de propagandes Nouvel Age/Nouvelle Spiritualité. Ces êtres sont en réalité des anges déchus et des démons qui amèneront une grande illusion trompeuse pour tous ceux qui sur la terre rejettent la vérité de Dieu. La quantité énorme d’endoctrinement prépare l’humanité à accepter ces êtres étrangers , venant soi disant de l’espace , comme des sauveurs de la race humaine. Afin de persuader d’accepter une fausse doctrine qui ne demande aucun sacrifice personnel , qui encourage à vivre dans la corruption de la chair , qui conforte à demeurer dans l’état de création déchue avec Lucifer comme Dieu, plutôt que d’être spirituellement né de nouveau par la foi en Jésus en une nouvelle création de Dieu.

L’enlèvement de l’église selon la Bible a été remplacée et reformatée en une grande mission de sauvetage par les Aliens. J’étais au nombre des « travailleurs de lumière » dans les années 1980 et 1990, qui croyaient que nous serions sauvés et transférés ailleurs au temps de la Grande Tribulation, enlevés par un faisceau à bord de vaisseaux spatiaux. Aujourd’hui il est embarrassant
d’admettre que j’ai crût à une telle absurdité , mais cela fait partie de la vérité que je me dois de partager avec vous.

Cette croyance que la puissance spirituelle peut venir à un individu en dehors du Dieu de la création, au moyen d’efforts par soi-même , ou par des forces de la nature , ou par des esprits , anges ou aliens séparés du Dieu de la Bible , remonte à la religion à mystères du paganisme Babylonien. Le Nouvel Age/La Nouvelle Spiritualité et les religions polythéistes orientales sont tous issus de la même racine. Toutes ces croyances ont pour origine la religion à mystères Babylonienne dont le début remonte à plus de 4000 ans , lors de la rébellion contre Dieu à la Tour de Babel.

C'est très succinct en fait mais c'est en rapport avec notre sujet. J'en ai déjà trop dit, par ce livre beaucoup de connaissances sont rendues accessibles.
Par contre maintenant je sais que ces choses sont plus anciennes encore ; Babylone n'a fait qu'instituer "quelque chose" qui existait déjà et qui a longtemps précédé l'invention de l'écriture. Ce "quelque chose" a probablement commencé aux temps de la mythique Atlantide.

Par ailleurs il existe d'autres livres qui traitent directement du sujet des OVNI que j'avais déjà mentionné, tels que "Veilleur où en est la nuit?" de J. Robin et "Le diabolique secret des O.V.N.I" par J.M. Lesage, ou encore le livre de Laurent Glauzy "Extraterrestres, les messagers du New Age" que je n'ai hélas pas eu le plaisir de lire.

Enfin, il ne s'agit pas non plus d'embrasser le christianisme benoîtement ou d'aller à l'église allumer un cierge car il y a énormément de choses à remettre en cause, mais les monothéismes dans leurs textes ont l'avantage de poser les bonnes questions et d'y répondre.


Cdmt,
atra.
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atrahasis
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MessagePosté le: Jeu 19 Juin 2014 - 16:12    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ? Répondre en citant

Comparaison entre les nouvelles traductions des textes proposées par Anton Parks et les précédentes de GA Barton et SN Kramer. (Partie 2 / 2)

L’analyse du document 8383 autrement publié sous le titre « The oldest religious text form Babylonia » dans le livre de Barton nous donnait des traductions très proches quoique significativement différentes. Nous pouvons déjà comprendre qu’Anton Parks possède une lecture très contemporaine, ou athée. L’aspect religieux, les croyances et le surnaturel, sont écarté dans les traductions qu’il fournit pour introduire à la place une vision néo-évhémériste des évènements relatés.

Pourtant cette traduction était encore relativement de bonne facture. L’écart se creuse encore davantage entre les traductions d’Anton Parks et celles fournies par les assyriologues lorsque nous comparons d’autres textes. Je vais vous montrer que c’est parfois assez hallucinant. La différence est parfois si importante qu’il est difficile de réaliser que nous sommes en présence du même texte à l’origine. N’ayant aucune connaissance de l’écriture cunéiforme je ne peux que constater ces différences et m’en étonner. Je vous laisse dans un premier temps juger de quelle version vous semble la plus plausible à travers deux autres textes, puis nous confronterons quelques idées qui devraient remettre Anton Parks à sa place d’essayiste amateur. Je précise que je n’ai pas passé mon temps à comparer la totalité des 15 textes employés dans le livre, et encore en écartant la deuxième partie sur Umma, mais j’ai comparé les traductions pour 4 textes qui ont leur importance dans l’édification de son point de vue. Nous pourrions en comparer d’autres que nous ne serions pas au bout de nos surprises, cependant pour notre présent travail j’estime cet échantillon suffisamment représentatif du travail de traduction d’Anton Parks.

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Le texte qui suit est très court, il correspond au chapitre 7 chez Anton Parks, intitulé « 7. Le Serpent Enki révèle le Secret des dieux – CBS 8322 » (Eden p. 144).

Barton a quant à lui opté pour titre « Old Babylonian oracle » (les textes des tablettes n’ont pas de titre ; le titre est arbitraire au traducteur), ce qui devrait déjà éveiller quelques soupçons. http://en.wikipedia.org/wiki/Old_Babylonian_oracle

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« De grands bosquets avaient été découpés et emportés pour protéger la route et aussi (nous préserver) du souffle étranger. La joie de l’outil estimé des dieux ne devait pas être emportée par la mère, responsable de l’homme. Le Serpent garant des destinées et de la demeure avait le pouvoir de révéler le destin de l’homme en charge du talus (divin). Le grand (…) »
CBS 8322, face a, colonne 1, lignes 1 à 7.


1.   The great victim(?) is cut open
2.   the oracle comes forth.
3.   O Alla-Kal,
4.   the wise priest firmly establishes (it).
5.   Of the apparent fate
6.   I, the wise priest, am beholding the whole.
7.   The great…
G.A. Barton, Old Babylonian oracle, colonne 1, lignes 1 à 7.

Commentaire :
Barton qualifie ce texte de « très énigmatique », il admet que sa traduction est proposée avec une grande réserve de sa part. Les limites avouées de Barton sont un terrain fertile et laisse le champ libre à l’interprétation pour Anton Parks. Il s’en suit que les deux traductions n’ont simplement plus rien à voir ! Nous avons une situation inverse par rapport au texte précédent : quelques mots à peine sont conservés et on retrouve péniblement le thème commun derrière ces lignes. Ce ne sont pas des bosquets qui sont coupés dans la version de Barton, mais une victime (l’auteur songe certainement à une forme de divination à travers les entrailles d’un animal). Aucune des idées proposées ne se retrouvent : d’un côté l’oracle, le prêtre, Alla-Kal (?), de l’autre la route, le souffle, l’outil, l’homme, le Serpent, le talus divin,… La ligne 7 est la seule idée conservée intègre mais elle ne représente que deux mots… La dernière ligne est manquante.

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« Le burin (nous) fit trembler. Enlil avait percé le caractère d’Enki, le responsable du battant de la porte (et) du mur du domaine. A chaque fois qu’Enki était présent, il (lui) fit goûter (son) destin (à l’homme) hélas, dans la propriété, hélas ! Le seigneur avait parlé du battant de la porte. L’être sombre avait goûté au luxe ! Le destin de l’homme fut élargit à chaque fois que [le sei]gneur enseigna l’humanité. »
CBS 8322, face a, colonne 2, lignes 1 à 10.


1.   The destructive axe
2.   Enlil
3.   from Enki
4.   verily will take.
5.   Standing with Enki
6.   In wisdom
7.   the lord verily will receive it ;
8.   verily he will guard it !
9.   I, the wise hight priest,
10.   whom Enzu exalts.
G.A. Barton, Old Babylonian oracle, colonne 2, lignes 1 à 10.


Commentaire :
Et cela continue. Anton Parks complète le texte, très bref chez Barton, il donne l’impression de sur-ajouter des mots bien que ceux-ci ne figurent pas  entre (). La traduction de Barton parle d’une hache appartenant à Enki et qui doit être saisie par Enlil, probablement pour aller couper du bois de cèdre, quoique l’idée reste difficile à saisir. La personne qui s’exprime ici est un grand prêtre du dieu lune. Chez Anton Parks il est question d’un Enki gardien de la porte du jardin soupçonné par Enlil de pactiser avec les hommes et la révélation d’un enseignement à ce dernier (mais quel homme ?). La hache devient un burin et le nom propre Enzu (un autre nom pour Nannar-Sin) est décomposé et traduit.

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 « Les nombreux dieux agités restaurèrent le jardin des hauteurs. Il fallait protéger la terre des dieux de l’outr[age] (du savoir) de la métallurgie. Le cloneur était présent ! Il intervint, il forma la hachette (au bâton) de cèdre ! A cette époque, le seigneur de la connaissance, le dieu, pratiquait le Eme-an (le langage du Ciel). En quel endroit, le seigneur de la connaissance avait-il formé l’outil ? »
CBS 8322, face b, colonne 3, lignes 1 à 9.


1.   the gods
2.   address.
3.   Unto the god i say :
4.   « May there stand
5.   the dwellings
6.   of cedar. »
7.   His mouth he opened,
8.   Enzu said :
9.   « Where Enzu dwells
G.A. Barton, Old Babylonian oracle, colonne 3, lignes 1 à 9.


Commentaire :
L’action continue chez Barton et les dieux peut-être adressent leur réponse à l’oracle du prêtre. La traduction de Barton semble posséder des lacunes, il est difficile de saisir ce qu’il se passe exactement. Le prêtre s’adresse aux dieux « Puisse là-bas se tenir les demeures de cèdre. » suivit de la réponse d’Enzu qui continue la colonne suivante. Rien de tout ceci ne se retrouve chez Anton Parks excepté le cèdre. Ont-ils traduits le même texte ? Pourtant oui.

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« Il avait apporté la métallurgie, notre unique seigneur avait propagé le secret de la demeure ! Face au mur brisé du domaine des dieux, il l’avait emporté jusqu’aux limites protectrices de la forêt. Là, il avait livré le ecre[t] de la métallurgie et le façonnage du pouvoir de la demeure du grain et des produits laitiers, de la propriété en bois aromatiques, de la grande forteresse élevée d’Enlil ! ».
CBS 8322, face b, colonne 4, lignes 1 à 10.


1.   he dwells.
2.   As one of the bearded princes he is exalted.
3.   His god
4.   shall fasten
5.   the foundation firmly ;
6.   with cedar he shall build.
7.   Strong are the houses ;
8.   the dwelling is of aromatic wood,
9.   the great dwelling
10.   of Enlil. »
G.A. Barton, Old Babylonian oracle, colonne 4, lignes 1 à 10.


Commentaire :
Enzu répond : « Enzu vit là où il vit. Comme l’un des princes barbus il est exalté. […] »  Il annonce la construction de maisons en cèdres, et de la demeure d’Enlil, faites de bois aromatiques. Chez Anton Parks nous retrouvons ci et là quelques idées mais le texte n’a plus définitivement plus rien à voir. C’est déroutant et peut-être aussi comique, enfin je ne sais pas pour vous :-) L’un des deux auteurs est forcément à côté de la plaque.

Rappelons qu’Anton Parks se sert de cette traduction afin d’établir des parallèles avec la Bible. Il rapproche ce passage de celui de Genèse 3 ; 1-5, l’épisode où le serpent vient tenter la femme dans le jardin. Il considère la révélation à l’humanité par les dieux de diverses sciences, dont la métallurgie fait partie, comme constituant ce secret. Or, si la traduction n’est pas la bonne, si le texte en réalité s’avérait parler de tout autre chose, alors dans le cas présent cette comparaison avec la Bible n’a pas lieu d’être, puisque cela reviendrait à dire qu’Anton Parks invente ses propres preuves.

Le texte s’arrête ici, il est très court comme je l’avais annoncé.

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Vient alors un autre chapitre : chapitre 8. La diffusion du Secret interdit à l’humanité et ses effets – CBS 11065-a (Eden p. 154)
C’est ici qu’il est question de la révélation par Enki du secret du tissage à la femme, ce qui correspondrait au péché commis par Eve et ses conséquences dans Genèse 3.

Ca c’est pour la version dans « Eden ». En réalité le document CBS 11065, qui vient lui aussi de l’université de Pennsylvanie, a été publié par Barton sous le titre « Hymn to Dungi », il s’agit d’un hymne adressé au roi Dungi (http://en.wikipedia.org/wiki/Shulgi). Le roi y est comparé à de nobles animaux et en diverses métaphores, c’est poétique. Je ne perdrai pas de temps à faire une comparaison ligne à ligne comme pour les précédents textes, des informations peuvent être glânées ici : http://en.wikipedia.org/wiki/Self-praise_of_Shulgi_(Shulgi_D)

Et bien sûr cela n’a rien à voir avec la traduction qu’en fait Anton Parks !

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Je choisis de mettre ce texte en décalage en dernier lieu car il est certainement le plus difficile. Il correspond au chapitre 6 d’ « Eden » : La servitude de l’homme dans le Jardin – CBS 14005-a-b (Eden p. 124). Nous en aurons besoin pour introduire les idées dont je voudrais discuter ensuite.

Il s’agit d’un mythe cette fois, numéro CBS 14005 ou autrement appelé « Debate between sheep and grain » http://en.wikipedia.org/wiki/Debate_between_sheep_and_grain
C’est un texte important, « l’un des plus remarquables » selon S. Langdon et « le second mythe significatif de la création de l’homme » selon SN Kramer.

La difficulté de ce texte réside dans le fait qu’il existe en plusieurs versions. Il fut d’abord traduit par S. Langdon en 1915, puis par Barton en 1918 sous le titre « A New Creation Myth », il fut ensuite complété en 1924 par E. Chiera à partir d’un autre document, et enfin SN Kramer l’a revu et augmenté en 1959 sous le titre « Céréale contre menu-bétail ». A ce sujet, wikipédia nous informe que les versions récentes ont retiré la déification de Lahar et d’Ashnan (car les copies préservées ne présentent pas le caractère divin - DIN.GIR – devant « lahar » ) en les renommant simplement « grain » et « sheep ». De 60 lignes dans la version Barton il est ainsi passé à près de 200 lignes dans sa version plus récente (SN Kramer). Je ne possède pas la version de Langdon, mais Anton Parks signale que les versions Barton et Langdon sont très similaires ; celle de Barton fera donc l’affaire. Je dois signaler qu’Anton Parks reste très honnête à ce sujet, il explique tout ceci dans son livre. Anton Parks précise encore que Langdon et Barton « n’y ont rien trouvé de particulier, si ce n’est une nouvelle évocation d’un récit de la Création et des débuts de l’humanité », mais que « le sumérologue Samuel Noah Kramer avait retravaillé ce texte en 1945, démontrant qu’il n’en était rien ou, tout au moins, que l’enthousiasme de Langdon à propos de ce texte était inopportun ». Il dit encore que sa version reste « assez semblable » à celle de SN Kramer mais que Kramer se différencie en « se focalisant sur le développement du grain chez les dieux ». Ceci est inexact, il y a en réalité beaucoup de différences, et la version de Kramer est pour lui un mythe destiné à expliquer comment le lait de chèvre et les céréales sont apparus en Mésopotamie.

Nous avons donc choisi de comparer la traduction d’Anton Parks avec la version de Barton, après quoi je vous recopierai celle de SN Kramer qui a l’avantage d’être en français, mais qui malheureusement, dans la version que je possède, ne fait que 42 lignes.

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«  A Kharsag, où le Ciel et la Terre se sont rencontrés, l’assemblée céleste des grands dieux – les Anunna de la tempête – les nombreux et nouvellement créés par le père (se dirigeaient). Le présage de la déesse du grain n’était pas encore arrivé et l’herbe n’était pas encore verte. Takku (« la déesse qui ordonne la fondation ») n’avait pas encore créé la terre de Kalam (Sumer) et l’eau (de Kharsag). La fondation n’avait pas été remblayée par Takku. Les brebis ne bêlaient pas, les agneaux n’avaient pas encore mis bas, les ânes n’avaient pas encore de descendance. ».
CBS 14005, face a, lignes 1 à 7.


1. The mountain of heaven and earth
2. The assembly of the great gods, entered, as many as there were.
3. A tree of Ezinu had not been born, had not become green.
4. Land and water Takku had not created.
5. For Takku a temple-terrace had not been filled in,
6. A ewe (?) had not bleated (?), a lamb had not been dropped,
7. An ass (?) there was not to irrigate the seed,
G.A. Barton, A new creation myth, face a, lignes 1 à 7.


Commentaire :
Les deux traductions de ce textes restent très proches tout au long de la face a de la tablette ; je privilégierai donc le matériel qui ne correspond pas. La première différence constitue une difficulté de taille : Anton Parks situe le lieu de l’action à Kharsag alors que Barton se contente de mentionner une « montagne de la terre et du ciel », le lieu où se trouve l’assemblée des grands dieux. La transcription littérale dans l’ouvrage de Barton laisse apparaître effectivement « kar-sag ». Or il existe une ambiguité avec le terme « kharsag » à savoir s’il s’agit effectivement d’un lieu précis. Christian O’Brien prétend avoir identifié en 1985 l’endroit où se serait déroulé l’épisode du jardin d’Eden sur une montagne au Liban, un lieu nommé Kharsag, à partir de ses recherches sur ce texte. Anton Parks reprend cette idée chez O’Brien et fait de Kharsag la cité terrestre des dieux, là où s’est déroulé l’épisode du jardin. Il m’est impossible de tirer ceci au clair. Le fait est qu’Anton Parks va rapprocher le terme « kharsag » avec celui de « duku » ( le « saint monticule », nous verrons ceci plus loin) en faisant de Duku un nom propre ; ce sera aussi le nom de la montagne de la cité de Kharsag. Or nous avons le même genre de problème du côté de « kharsag », qui est aussi le mot générique pour « montagne » http://www.wisdomlib.org/definition/kharsag/index.html
D’ailleurs si nous cherchons « Kharsag » sur wikipédia http://en.wikipedia.org/wiki/Kharsag
nous sommes redirigé sur la page pour « hursag », ou harsag, comme dans Ninhursag, littéralement la « Dame de la montagne ».

Mon sentiment est qu’il n’existe aucune région ni cité nommée Kharsag, mais que kharsag est simplement le terme sumérien désignant une montagne, mais voyez que ce problème devient rapidement compliqué par manque d’informations. La situation est similaire au cas du jardin d’Eden de Genèse, où « edin » est le mot pour « plaine », les historiens sont arrivés à la conclusion que Eden n’est pas le nom propre d’un lieu-dit. Les questions à ce propos sont trop complexes pour moi, de même la localisation estimée du site, je n’ai aucune certitude et je préfère ne pas entrer dans ce débat.
 
Le texte va ensuite énumérer quantité de choses qui n’existaient pas encore, un style narratif que l’on retrouve dans le mythe de l’Enuma Elish, ceci, ajouté au fait que notre mythe se termine par la création de l’homme et de la femme, lui valut d’être qualifié de second mythe de la création.
Ligne 3. Ezinu est la déesse des céréales / la déesse du grain chez Anton Parks. Cette ligne ne porte pas le même sens ; Barton parle d’un « arbre » qui devient un « présage » chez Parks. Il ne parle pas de l’herbe.
Ligne 4. Takku / Uttu est également le nom d’une divinité, fille du dieu suprême An, elle est la déesse du tissage. « Kalam » signifie « région », que l’on peut prendre dans le sens « la région de Sumer » comme l’avance Parks, quant à l’eau dont il fait celle de Kharsag ceci est une interprétation implicite quoiqu’étant (je suppose) acceptable considérant son point de vue.
Ligne 5. Le « temple à terrasse » devient une « fondation » chez Parks.
Ligne 7. Ici c’est Barton qui semble avoir manqué son coup. La traduction d’Anton Parks « les ânes n’avaient pas encore de descendance » reste le plus logique au vu du contexte.

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« Les puits et les canaux d’irrigation n’avaient pas été creusés, ils n’avaient pas été créés pour les ânes et le bétail. Mais le présage d’Ezinu (la déesse du grain) – la sainte isolée – son troupeau était à ses côtés. Les Anunna, les grands dieux, n’étaient pas encore arrivés. Il n’y avait pas encore de grain Ses qui pousse sous trente jours, il n’y avait pas de grain Ses qui pousse sous cinquante jours. Le petit grain, le grain des montagnes, le fourrage pour le bétail n’existaient pas. Il n’y avait pas de propriétés et d’habitations. La déesse qui ordonne la fondation n’avait pas semé le grain et l’enceinte n’avait pas été érigée. Ensemble, avec Ninki, le seigneur (Enki) n’avait pas encore engendré (d’hommes). »
CBS 14005, face a, lignes 8 à 17.

8. A well and canal (?) had not been dug.
9. Horses (?) and cattle had not been created.
10. The name of Ezinu, spirit of sprout and herd,
11. The Anunna, the great gods, had not know.
12. There was no ses-grain of thirty fold.
13. There was no ses-grain of fifty fold.
14. Small grain, mountain grain, cattle-fodder, there were not.
15. Possessions and dwellings there were not.
16. Takku had not been brought forth, a shrine not lifted up.
17. Together with Ninki the lord had not brought forth men.
G.A. Barton, A new creation myth, face a, lignes 8 à 17.


Commentaire :
L’énumération de ce qui n’existait pas encore se poursuit.
La traduction à la ligne 10 est très différente chez Parks. Cette phrase devrait dire quelque chose comme « le nom d’Ezinu, déesse des jeunes pousses et des troupeaux, n’était pas encore connu ».
La ligne 16. « tombeau, mausolée » (shrine) devient une « enceinte » chez Parks.
Le reste de la traduction possède le même sens.

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« Le seigneur de la colère et de la production agricole (Enlil) était venu en qualité de splendide dirigeant ; il était venu avec sa force militaire. L’espèce humaine, les gens du silex, il les produisit (comme) un flot de nobles esclaves. Il n’avait pas prévu de nourriture et de sommeil pour eux ; il n’avait pas prévu de vêtements et d’habitations pour eux. Les gens rampaient dans leurs demeures à quatre pattes, ils mangeaient de l’herbe avec leur bouche comme des moutons. L’eau remuante de nos jardins [… et notre eau] de pluie, ils l’ont bue et (ainsi) imprégné l’inflammation. En ces temps-là, nos seigneurs cultivaient nos plantes […] ».
CBS 14005, face a, lignes 18 à 26.

18. Shamsah as leader came, unto her desire came forth ;
19. Mankind he planned ; many men were brought forth ;
20. Food and sleep he did not plan for them ;
21. Clothing and dwellings he did not plan for them ;
22. The people with rushes and rope came.
23. By making a dwelling a kindred was formed.
24. To the garden they gave drink ;
25. On that day they were green ;
26. Their plants….
G.A. Barton, A new creation myth, face a, lignes 18 à 26.


Commentaire :
Shamsah est mal orthographié chez Barton, il s’agit du dieu Utu-Shamash, le dieu-soleil. Anton Parks le transforme en Enlil. Le sens des lignes 22 à 26 ne correspond plus. Ces lignes, chez Barton, ne disent pas que l’homme mangeait de l’herbe avec leur bouche ou qu’ils ont bu l’eau des jardins.

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« [En ce temps-là ?], père Enlil, […] [discutait ?] de l’espèce humaine […] [rations] d’Enki […]. Père Enlil [dit ?] […] : « Le Dukù (« le Saint monticule »), stupéfie (l’homme) ; il est le don qui protège les dieux ! […] Préservons le grand Dukù ! (« monticule du métal »), source des dieux, notre don qui protège notre retraite » […] Enki et Enlil avaient parqué les bovins et voulaient bâtir leur structure interdite (à l’homme). Dès lors, ils fondèrent celle-ci. L’enclos à bétail d’Ezinu (la déesse du grain) et des saintes rations offrirait au troupeau une protection contre la pluie qui frappe […]. Ils avaient enfermé le troupeau dans un mur de pierre. […] »
CBS 14005, face b, lignes 2 à 11.

2. Father Enlil (?) …
3. ………..
4. Of mankind ...
5. … creation (?) of Enki …
6. Father Enlil …
7. Duazagga is surrounded, O god, …
8. Duazagga, the brillant, I will guard (?) for thee, O god.
9. Enki and Enlil cast a spell …
10. A flock and Ezinu from Duazag[ga] they cast forth,
11. The flock in a fold they enclosed (?)
G.A. Barton, A new creation myth, face b, lignes 2 à 11.


Commentaire :
Nous arrivons sur la face B. Cette partie est endommagée. Anton Parks complète plusieurs mots manquant de manière cohérente. A la ligne 5, la « création d’Enki » devient « les rations d’Enki ». La ligne juste avant parle de l’espèce humaine, donc la version de Barton est plus plausible. Il est ensuite question du « duku », le saint monticule. Je comprends ici qu’Anton Parks prend le nom « Duazagga » (une cité ?) en tant que « duku », peut-être à raison, par contre il y a une ambiguïté car nous avons 3 occurrences de Duazagga et seulement 2 de duku chez Parks. A la ligne 9 le « sortilège » lancé par Enlil et Enki devient « une structure interdite ». Le mauvais état du texte ne facilite pas les choses.

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« Les plantes innondaient le fossé de l’entrepôt de notre mère. (Notre mère) avait frappé d’un serment la population d’hommes pour qu’elle répartisse les lots de notre talus. Des champs de notre talus, elle parla à l’affluence (d’hommes) en langage du sanctuaire. L’esprit de la charrue retournait la terre en mottes. Notre troupeau, notre population d’humains, devait répartir les lots de notre talus. Dans le parc à moutons, l’homme accomplissait son service et nous offrait (la dîme) ! Dans le parc à mouton, le berger apparaissait parmi les cèdres et les enfants sevrés. Du sanctuaire d’Ezinu (la déesse du grain), l’homme accomplissait son service et nous offrait (la dîme) ! La terre était lumineuse et verte, elle procurait beaucoup de joie. »
CBS 14005, face b, lignes 12 à 18.


12. His plants as food for the mother they created.
13. Ezinu rained on the field for them ;
14. The moist (?) wind and the fiery storm-cloud he created for them ;
15. The flock in the fold abode ;
16. For the shepherd of the fold joy was abundant.
17. Ezinu as tall vegetation stood ;
18. The bright land was green, it afforded full joy.
G.A. Barton, A new creation myth, face b, lignes 12 à 18.


Commentaire :
La ligne 18 est traduite à l’identique. Mis à part quelques mots ci et là tout le reste n’a plus rien à voir.

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« De nos champs l’esclave nous procurait la vie et notre abondance (ou plénitude). (Pour) les enfants de l’étain (ou des cieux), l’homme faisait des allers et retours ; hélas pour lui ! Les troupeaux de l’enclos de Ezinu (la déesse du grain) se multipliaient. L’homme étranger les nommait et les dénombrait beaucoup. Il demeurait auprès de notre assemblée. Il était le puissant présage élevé parmi les nombreux cèdres. Il demeurait auprès du pays de Kalam, la région de vie. Il était le puissant présage élevé parmi les nombreux cèdres. Nous, les dieux, nous l’avons changé, nous l’avons fait. Nous l’avons approché et lui avons dit de se tenir debout dans la glaise (l’argile ou la boue). Du pays du trône, (au) pays de Kalam, celui-ci témoignait de notre réserve et de notre demeure. Il était le mouton abondant, le peuple du sanctuaire. A la faveur du pays de Kalam, l’être noir, celui dont le nom est « peuple », avait prêté serment au sanctuaire. Le captif avait été conduit dans la retraite proche de la poitrine (de la montagne ?), dans le placenta de la terre, le lieu de repos, source du pays du sanctuaire. Ainsi, le peuple parlait et témoignait. L’unique témoignait, il avait prêté serment au nom des chars du ciel qui séjournaient parmi les nombreux cèdres. Ils étaient deux. En tout lieu, l’homme faisait du bruit. Son épouse accomplissait son service élevé en effectuant la cueillette des rations (des dieux). Hélas, elle l’accompagnait ! Le noir troupeau des champs, hélas, il fut délaissé et soumis pour nous ».

CBS 14005, face b, lignes 19 à 30.

19. From their field a leader arose ;
20. The child from heaven came to them ;
21. The flock of Ezinu he made to multiply for them ;
22. The whole he raised up, he appointed for them ;
23. The reed-country he appointed for them ;
24. The voice of their god uttered just decisions for them.
25. A dwelling place was their land ; food increased for the people ;
26. The prosperity of their land brought them danger ;
27. They made bricks of clay of the land for its protection.
28. The lord caused them to be ; they came into existence.
29. Companions were they ; a man with a wife he made them dwell ;
30. By night, by day there are set as helpers.
G.A. Barton, A new creation myth, face b, lignes 19 à 30.

Commentaire :
Ce passage est assez long. Il est frappant de voir combien les deux traductions s’excluent mutuellement. La face A était traduite de manière assez similaire chez les deux auteurs, mais maintenant la face B chez Parks raconte une histoire bien différente. On remarque une obsession chez Parks qui veut que l’espèce humaine soit rabaissée de vulgaires animaux ou à des esclaves. C’était le cas dans le texte précédent avec le « vaste être faible », et aussi ailleurs chez l’auteur qui prétend que « adam » signifie « animaux » en sumérien. Toutes ces allégations sont fausses si l’on vérifie les sources.  « Adam » vient de la racine cananéenne « adm », qui signifie « humanité » et non du sumérien. Barton parle d’un « leader » et non d’un « esclave » à la ligne 1. Il parle encore de « la nuit » à la ligne 30 là où Parks traduit par « le noir »  troupeau des champs. Je trouve Anton Parks insultant, mais bref. La fin se termine sur la création de l’homme et de la femme pour assister les dieux. SN Kramer note une différence à propos de cette création en ce sens que l’homme est ici créé parce que les dieux n’arrivent pas à produire en suffisance, alors que dans d’autres récits il est créé pour remplacer d’autres dieux dans cette tâche.

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Je vous recopie à présent les 42 lignes traduites par SN Kramer dans l’ouvrage « Lorsque les dieux faisaient l’homme ».

1.      Lorsque, sur les Montagnes de l’univers,
2.      An eut mit les Anunna au monde,
3.      Il ne mit pas, du même coup, au monde ni ne fit apparaître Céréale (Asnan),
4.      Ni ne produisit, dans le pays, les fils d’Uttu
5.      Ni ne lui prépara de métier-à-tisser (?).
6.      Brebis-mère n’existant, non plus, pas encore, les agneaux ne se multipliaient pas ;
7.      Chèvre-mère n’existant pas davantage, les chevreaux ne se multipliaient pas ;
8.      Nulle brebis pour mettre au monde ses deux agneaux ;
9.      Nulle chèvre pour mettre au monde ses chevreaux !
10.   Compte tenu que les Anunna, les grands-dieux, ignoraient et Céréale-la-généreuse, et Brebis-mère,
11.   Il n’y avait ni grain, ni segusu
12.   Ni « de trente »,
13.   Ni « de quarante »,
14.   Ni « de cinquante jours »,
15.   Ni de « menu-grain », ni de « grain de montagne », ni de « grain de ville (?) » ;
16.   Il n’y avait pas de vêtements pour se couvrir,
17.   Et, comme Uttu n’avait pas été mis au monde, on ne portait même pas de pagne !
18.   {N’avaient été mis au monde, non plus, ni sire Nimgirsi, ni sir Kalkal},
19.   Et Sakan ne s’était pas encore élancé en la steppe.
20.   Aussi les hommes (?) de ces temps reculés
21.   Ne savaient-ils ni manger du pain
22.   Ni se couvrir de vêtements :
23.   Ils allaient et venaient tout nus,
24.   Se nourrissant d’herbages, comme (font) les moutons,
25.   Et ne buvant que l’eau des fondrières.
26.   C’est alors qu’en leur lieu Lieu-de-naissance,
27.   Leur Résidence : le Saint-monticule,
28.   Les dieux créèrent Brebis-mère et Céréale,
29.   Qu’ils introduisirent ensemble en leur auguste réfectoire !
30.   Ainsi les Anunna du Saint-monticule consommèrent-ils largement des produits
31.   De Brebis-mère et de Céréale,
32.   Sans, pourtant, parvenir à s’en rassasier.
33.   Les Anunna du Saint-monticule
34.   Burent le lait délicieux de leur auguste bergerie,
35.   Sans parvenir, pourtant à s’en soûler :
36.   C’est pourquoi, en leur auguste bergerie et pour leur bénéfice,
37.   Ils octroyèrent aux hommes le souffle-de-vie.
38.   Enki dit alors à Enlil :
39.   « Ô vénérable Enlil, Brebis-mère et Céréale, déjà présentes au Saint-monticule,
40.   Faisons-les descendre (sur terre) ! ».
41.   Voilà comment, à l’ordre d’Enki et d’Enlil,
42.   Brebis-mère et Céréale descendirent (ici-bas) depuis le saint-monticule !


SN Kramer & J. Bottéro, « Céréale contre menu-bétail », lignes 1 à 42.

Comme je l’ai signalé cette version est augmentée et complétée par d’autres sources, et elle fait normalement près de 200 lignes. Il est difficile de la faire coller exactement avec le texte de Barton. Ces deux versions des assyriologues possèdent assez bien de différences. Il existe une 4e traduction datant de 1998 disponible ici (au complet : 193 lignes) : http://etcsl.orinst.ox.ac.uk/section5/tr532.htm . Cette dernière, la plus récente, est très proche de la version de SN Kramer.

Kharsag est comme ailleurs traduit par « montagne ».
Le texte exprime des croyances animistes où l’on croyait autrefois que chaque espèce était gouvernée par une divinité, comme on peut le voir dans le film d’animation « Princesse Mononoke ».
… etc. A partir d’ici vous pouvez comparer par vous-même les différentes versions.

En définitive, nous comprenons qu’Anton Parks n’a pas pris en compte les nouvelles versions pour se concentrer uniquement sur le document CBS 14005, ce qui rend l’analyse délicate. De plus il s’avère que les versions des assyriologues, quand bien même elles possèdent des différences significatives entre ses versions les plus anciennes et les plus modernes, sont plus proches l’une de l’autre que ne l’est la version d’Anton Parks. Les traductions d’Anton Parks sont celles qui possèdent le plus grand nombre de distorsions au point où elles ne racontent plus du tout la même histoire. Or Anton Parks compare ce texte à plusieurs passages de Genèse 2. Voyez qu’en consultant les sources cette comparaison devient très limite ; il présente peu de choses en commun avec la Bible.

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Conclusion sur les traductions d’Anton Parks

Il y a de quoi être dubitatif. D’un côté les traductions d’Anton Parks montrent que l’auteur est capable de saisir le contenu d’un texte et qu’il est capable aussi de traduire plusieurs passages quasiment à l’identique aux assyriologues. Mais de l’autre il commet ce qui semblent être des erreurs grossières, ça ne colle plus du tout et l’histoire semble carrément tirée par les cheveux. Je ne sais comment il en vient à cela, c’est pour moi incompréhensible. Entre les deux, quantité de choses restent à déterminer. Il y a de l'inconstance dans ses traductions. On a l’impression qu’il cherche à cadrer ses traductions en fonction du texte de Genèse afin de s’en rapprocher le plus.

Il y a à chaque fois un rejet du religieux, de la magie, ou une incompréhension à ce niveau chez l’auteur. Il semble qu’Anton Parks soupçonne un assyriologue comme Barton d’être trop poussé dans l’interprétation religieuse, ce qui est vrai parfois chez les universitaires, ceci les amenant à commettre des erreurs. Mais du point de vue d’Anton Parks ce seraient tous les assyriologues qui se trouveraient dans cette situation, ce qui devient aberrant. L’explication la plus logique serait de dire que c’est plutôt Anton Parks qui est dans l’erreur.

En effet les pratiques religieuses de la Mésopotamie sont connues  des historiens, et les découvertes archéologiques du siècle dernier n’ont fait que confirmer ce que l’on savait déjà depuis longtemps. Il n’existe pas de nécessité à réinterpréter les textes de la sorte, l’ensemble est cohérent et est aujourd’hui vérifié  par l’archéologie.  Les sortilèges, la magie, … étaient des pratiques courantes, il suffit de lire un livre tel que celui-ci (« La magie assyrienne ») pour s’en rendre compte https://archive.org/details/lamagieassyrien02fossgoog
Bon nombre de textes découverts sont des incantations magiques, des formules de protection et des prières adressées aux dieux. Barton ne pouvait donc pas se tromper.

Ses traductions reflètent un néo-évhémérisme certain. Anton Parks ne comprend pas les règles du sacrifice, ni du service que l’homme devait rendre à ses dieux. Il fait de celui-ci un esclave servile et des dieux des êtres extraterrestres fait de chair. J’expliquerai ce que sont les dieux au prochain chapitre.

J’ai donc envie de dire qu’Anton Parks mystifie le mythe, rendant ainsi les choses encore plus compliquées qu’elles ne le sont déjà au départ. Avec lui, les évènements racontés par ces mythes sont placés dans un autre espace-temps, comme si ce qu’il se passait en Mésopotamie il y a 6.000 ans était complètement déconnecté de notre réalité. Mais il n’en va pas de la sorte. Je vais continuer avec quelques exemples qui montrent que les pratiques ou les croyances religieuses des Mésopotamiens ne nous sont pas aussi étrangères qu’il n’y paraît, et qu’elles sont en réalité très cohérentes.

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PS : je n’avais pas prévu cette seconde partie aussi longue, je terminerai la prochaine fois ce chapitre II - 2/2). Nous parlerons du saint monticule, d’arbres et de Centre du Monde :-)
Les membres suivants remercient Anonymous pour ce message :
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atrahasis
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MessagePosté le: Jeu 3 Juil 2014 - 06:01    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ? Répondre en citant

Quelques considérations sur le sacrifice, le duku "centre du monde", et le culte des arbres.

Tout d’abord je voudrais revenir sur le cas du sacrifice afin de préciser ma pensée car j’avais été bref sur ce point. Anton Parks fait des dieux Anunna les exploitants de l’espèce humaine afin qu’ils produisent la nourriture qui assurera leur subsistance dans la colonie ; c’est mal comprendre le rôle du sacrifice aussi bien que la relation qui relie les hommes avec ses dieux. Afin de développer je commencerais par un texte assez général concernant le sacrifice dans l’Antiquité, en particulier chez les Grecs, mais aussi chez les Égyptiens et les Étrusques, ce qui finalement ne nous éloigne pas tant que ça de notre sujet, au contraire :
Citation:


a) Les rites du sacrifice dans l’Antiquité
Mythe et sacrifices

Le sacrifice dans l’Antiquité est le rite par lequel s’accomplit la relation essentielle entre les hommes et les dieux. Il répare un désordre fondamental, qui renvoie au Chaos initial, à la Création et à la faute originelle de l’homme à l’égard de la Loi divine. Le sacrifice a donc vocation à réinstaller l’ordre, « la Création » selon la Genèse et à reproduire la façon dont le monde divin a opéré à cette occasion. Dans le temple hindou, le sacrifice est l’élément central qui, en rappelant le sacrifice originel de l’Homme Primordial (« Purusha »), permet la régénération du monde. La ruse dont fait preuve Prométhée dans le monde grec à l’occasion du sacrifice de Zeus a pour conséquence de séparer les hommes et les dieux et d’instituer un rite sacrificiel pour réparer le désordre occasionné. Dans la Bible, le sacrifice renvoie également au péché originel, de même que le sacrifice du Christ doit conduire à la rédemption du genre humain.

Le sacrifice implique nécessairement une mise à mort, une destruction de l’élément consacré, souvent par le feu. L’élément est beaucoup plus souvent d’origine animale (sacrifice sanglant) que végétale (le cas des oblations végétales concerne certains dieux en Grèce). L’animal sacrifié doit répondre à des critères de taille, aspect et couleur. Le sens des sacrifices est donné par les mythes. Si ces derniers ne fonctionnent pas comme des dogmes, ils n’en fournissent pas moins un exemple qu’il sied de copier pour ne pas rompre l’harmonie divine. L’origine du sacrifice animal est liée selon Hésiode au VIIe siècle avant J.C. (la théogonie) à la ruse du Titan Prométhée qui essaye de divulguer la part la plus belle du sacrifice à Zeus. La supercherie, vite déjouée, est suivie du courroux divin qui amène Zeus à ôter aux hommes le feu, instrument essentiel de la communion divine. Lui seul permet en effet cette délicate alchimie de la transformation du sacrifice en un fumet odorant, seule nourriture autorisée des dieux. On retrouve bien là les caractéristiques du mythe étiologique qui en même temps qu’il donne sens au rite par la cuisine divine, explique le monde, en créant les conditions d’une rupture entre le monde des hommes et des dieux, des hommes et des animaux. Le mythe explique aussi que le récit de la création relève uniquement du bon vouloir divin : à aucun moment Zeus ne perd le contrôle des évènements. La ruse de Prométhée est une épreuve sans enjeu puisque tout est donné et fixé par l’ordre des choses. Au final, c’est bien Zeus qui crée les conditions de la rupture et non Prométhée, en choisissant le feu comme instrument du dialogue avec les hommes. Quand Prométhée vole à nouveau le feu en le cachant dans les roseaux, cela ne relève pas non plus de son libre arbitre mais de la nécessité, du destin qui doit conduire à la création de la femme, présentée comme le « cadeau empoisonné ».

La part des dieux est celle qui ne peut être consommée, les splagchna, exta (les graisses, les viscères), celle des hommes est celle qui est consommable, les chairs. Cette dernière renvoie l’homme à sa nature profonde de simple mortel. Le sacrifice-don n’est donc jamais un gaspillage mais redistribution de la viande entre les membres d’une communauté.

La mise à mort fait l’objet d’un rituel très scrupuleux pour éviter toute souillure dans un cadre, le sanctuaire, au centre duquel se trouve l’autel. Pour consulter les oracles de la pythie à Delphes, les Grecs devaient procéder au sacrifice d’une chèvre avant d’entrer dans le temple. Il permettait d’avoir le consentement d’Apollon. Pour cela, les prêtres plaçaient la chèvre devant l’autel et versaient de l’eau froide sur son dos. Si la chèvre se mettait à trembler et secouait la tête (en signe d’acquiescement), cela était de bon augure : Apollon avait répondu favorablement. Ils pouvaient alors procéder au sacrifice proprement dit, l’holocauste où la chèvre était entièrement brûlée. Dans le cas contraire, il convenait de tenter sa chance un autre jour, car c’est le destin qui en avait décidé ainsi. Le sacrifice recoupait autant la sphère privée que celle de la cité. C’est pourtant le sacrifice public, accompli avec l’argent de la cité, qui donnait le plus à voir pour se relier aux mythes. L’hécatombe qui littéralement signifie le sacrifice de cent vaches devait être particulièrement impressionnant lorsque la procession se rendait en direction du grand autel d’Athéna Polias (la déesse protectrice de la cité) sur l’Acropole. Il en allait ainsi de chaque cité grecque, qui y voyait là un élément de prestige.

Le sacrifice dans le monde étrusque est lié à l’haruspicine. La part des dieux comprend à la fois les graisses et le foie considéré comme le centre vital de la victime. Le sacrifice revêt ici un aspect divinatoire dans la mesure où intervient la consultation d’un organe qui se veut le reflet du microcosme. La réponse donnée par les dieux est à considérer sur le plan du destin, de l’ordre tel que l’ont déterminé les dieux et que l’on peut rapprocher du terme grec moïra, laissant peu de place à la notion de liberté au sens actuel. L’aspect positif du sacrifice qui pouvait exister dans la religion étrusque disparaît avec les Romains. Il se transforme en une sorte de contrat juridique, celui de la pax deorum qui tient les hommes et les dieux dans un rapport de réciprocité. Les sacrifices prennent l’apparence d’un système de don contre don. En faisant un sacrifice l’homme attend une réponse des dieux. Le dieu se doit donc d’agir, au moins sur le plan symbolique.

Dans l’Antiquité égyptienne les holocaustes sont rares. Le sacrifice ici se traduit essentiellement sous la forme d’offrandes. Les dieux égyptiens s’alimentent du Ka (énergie vitale), contenu dans les offrandes et offert par les hommes. Le transfert de cette énergie du monde sensible au monde divin se faisait par l’intermédiaire de la statue du naos au cours du rite de consécration de l’ouverture de la bouche.

L’autel du sacrifice
L’autel se présente sous deux formes dans le monde gréco-romain. Il existe d’abord sous une forme érigée dans le cas d’un culte ouranien, destiné aux divinités du ciel (de Ouranos, le ciel) ou sous la forme d’une cavité ou fosse « mundus », destinée aux divinités chtonniennes (du grec Khthôn : « la terre »). […]

Extrait trouvé ici :
« L’église, un héritage de Rome : essai sur les principes et méthodes de l’architecture chrétienne. »
http://books.google.be/books?id=AXAacTBhlBsC&pg=PA112&lpg=PA112#v=o…



Grâce aux textes, à l’archéologie et aux poteries retrouvées nous savons que ces pratiques existaient en Mésopotamie. Les végétaux et les céréales étaient un sacrifice courant, certaines zones de culture étaient réservées pour les offrandes au temple. Ce passage (wikipédia) nous donne une idée de ce qui était offert, quoiqu’on peut voir également que les offrandes ne sont pas toujours constituées de denrées alimentaires :
Citation:


Il fallait assurer le quotidien du dieu par des offrandes (des sacrifices). Il s'agissait d'abord de repas destinés à le nourrir. Ils étaient parfois fixés dans des textes rituels. Généralement, le service alimentaire du dieu était étalé sur quatre repas quotidien, au rythme de deux repas (« grand repas » et « petit repas ») ayant lieu le matin et le soir. Il s'agit de véritables festins auxquels seule la table des rois pouvait se mesurer : un dieu recevait des aliments végétaux, notamment des céréales, de la viande d'animaux sacrifiés, et des boissons (vin, bière, lait) à foison. À Uruk à l'époque séleucide, Anu et les autres grands dieux locaux recevaient quotidiennement des centaines de miches et galettes faites avec plus de 600 litres de farine d'orge et d'épeautre, une quarantaine de moutons, des dizaines de volailles, etc. Au cours du sacrifice des animaux (surtout des moutons et des bœufs), on récitait des invocations. Ces différents mets pouvaient être cuisinés. Après une présentation devant le dieu, on les répartissait entre les officiants du temple et le palais royal, selon des règles précises93.
Les autres offrandes pour le quotidien du dieu consistaient en des vêtements et bijoux, du mobilier (lits, chaises), de la vaisselle et des bateaux ou des chariots pour ses déplacements processionnels. Il fallait donc lui fournir tout ce qui pouvait lui servir au quotidien94. Ces objets allaient dans le « trésor » du temple. Des rituels avaient également pour but de divertir le dieu, par de la musique notamment. Tout cela se faisait aux frais du temple, des autorités de la ville et du royaume, ou bien grâce aux offrandes faites par des particuliers. Ces derniers donnaient parfois des statuettes (certaines étant leur propre représentation), avec des dédicaces, dans l'espoir d'obtenir une faveur divine.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Religion_en_Mésopotamie



Nous pouvons dégager deux nécessités pour les hommes à réaliser le sacrifice. La première concerne les avantages directs dont ils bénéficiaient en retour. Si de tout temps les hommes ont offerts des sacrifices, des offrandes et des libations, aux dieux, c’est parce que ceux-ci en retour répondaient à leurs besoins. Les dieux tenaient entre leurs mains les destins, on s’adressait à eux pour obtenir leur protection et la réussite dans les entreprises, s’assurer la victoire sur l’adversaire, recevoir des oracles, se protéger du mauvais œil, guérir les maladies, … Ils remplissaient des fonctions aussi mondaines qu’essentielles pour la survie de la communauté : ils protégeaient encore la cité, ils faisaient tomber la pluie, faisaient germer les récoltes, multipliaient le bétail et apportaient l’abondance au pays. Par le pouvoir qui leur était conféré, les hommes avaient toute la nécessité de s’adresser à eux. En retour les dieux avaient besoin d’une attention particulière de leurs adorateurs, comme l’explique ici JG Frazer dans cet extrait du Rameau d’Or :
Citation:


(...) les femmes donnaient de leur fécondité à la déesse, qu'elles lui offrissent leur chevelure ou leur chasteté. Mais, pour quelle raison, peut-on demander, faisaient-elles une telle offrande à Astarté, qui était elle-même la grande déesse de l'amour et de la fertilité? Quel besoin avait-elle de recevoir la fécondité de ses adoratrices? N'était-ce pas plutôt à elle de la leur accorder? Ainsi posée, la question néglige tout un côté important du polythéisme, peut-être même la religion primitive en général. Les dieux avaient autant besoin de leurs adorateurs que les adorateurs avaient besoin d'eux. Les avantages conférés étaient réciproques. Si d'une part les dieux faisaient produire la terre avec abondance, s'ils donnaient la fécondité aux troupeaux et à la race humaine, ils espéraient d'autre part qu'on les récompenserait de leur générosité en leur octroyant la dîme de leurs bienfaits ou des tributs. Ils ne vivaient que de cette dîme; sans elle, il leur aurait fallu mourir de faim. Leur ventre divin demandait à être rempli et leur énergie procréatrice revivifiée; c'est pourquoi les humains devaient leur donner une part de leur viande et de leur boisson et sacrifier à leur intention ce qu'il y avait de plus viril chez l'homme (NDR: leur barbe) et de plus féminin chez la femme. Les sacrifices de ce genre ont été trop souvent méconnus ou incompris par les historiens des religions.

J.G. Frazer, « Le Rameau d'Or » tome 1, 1906-1915, p.30.



Par les célébrations et les offrandes que leur destinaient les hommes, les dieux conservaient leur vigueur et les hommes pouvaient continuer à recevoir leur bénédiction.
 
A l’inverse, si le rite du sacrifice n’était pas respecté, la communauté se mettait en grand danger face à la famine, la maladie, à l’ennemi et à la destruction. Pire, le maintiens de l’univers tout entier dépendait du service rendu aux dieux. C’est ici la seconde raison, celle-ci découlant de la première. Le rôle du sacrifice va jusqu’à prendre des dimensions cosmiques. L’homme de l’Antiquité est préoccupé par le temps qui passe, partout les choses naissent, se développent, puis se flétrissent et retournent à la terre, le temps est rythmé par les cycles et les fêtes religieuses. Chaque année qui se succède correspond à une nouvelle création du monde. Et comme toute chose sujette à l’action du temps, le monde (ou l’univers) également devait être régénéré, et il l’était par le sacrifice.
 
Voir par exemple ici chez les Mayas et les Aztèques :
http://www.academia.edu/1517958/Les_sacrifices_humains._Une_offrande_aux_di…

Bien entendu nous atteignons le paroxysme dans ce domaine puisqu’il est question ici de sacrifice humain, mais l’idéologie animiste reste dans le même courant d’idées. Et puisque nous mentionnons le sacrifice humain, il serait utile de préciser ce qu’il en était chez les mésopotamiens afin de ne pas faire d’amalgames sur ce point. Pour ces peuples du Moyen-Orient ancien le sacrifice humain existait effectivement, comme il a toujours existé en tout lieu et en tout temps, cependant il restait marginal et se limitait à la sphère de la famille royale et de ses sujets. C’était d’ailleurs très proche de ce qui était pratiqué en Égypte quand, à la mort d’un grand roi, ses serviteurs, ses concubines ou parfois son épouse, le suivaient dans la sépulture royale. On supposait probablement que le roi avait besoin de disposer de de sa suite dans l’autre monde ou peut-être que ces derniers jouissaient d’une félicité particulière dans l’après-vie. Cependant ce thème chez les mésopotamiens reste encore mal connu, j’en veux pour preuve cet article de 2009 publié sur le site du NY Times où l’on a découvert récemment que le décès pouvait être provoqué de manière violente à l’aide d’un objet pointu et où l’on découvre que des victimes ont continuées à être mises à mort pour reposer aux côtés du roi longtemps encore après son ensevelissement, deux éléments nouveaux qui viennent remettre en question nos connaissances préalablement établies : http://www.nytimes.com/2009/10/27/science/27ur.html?_r=1&
 
Je clos ici le thème du sacrifice pour terminer rapidement sur un dernier point. En plus d’assurer la fertilité du pays et leur protection au royaume, les dieux ont apporté diverses sciences et techniques aux hommes. L’agriculture, le tissage, la métallurgie, l’astrologie, les mathématiques, la médecine… etc. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais ce fait est connu, et Anton Parks finalement le développe suffisamment, même si à l’aide de traductions douteuses. On retrouve cette idée par exemple dans le Timée de Platon, lorsque Solon discute avec le prêtre de Saïs. Ici c’est le prêtre qui s’exprime :
Citation:


De plus, les premiers en Asie, nous nous sommes servis des mêmes armes que vous, de la lance et du bouclier, instruits par la déesse qui vous les a données et ensuite les introduisit parmi nous. Quant à la science, tu vois qu’ici dès l’origine la loi en a réglé l’étude, depuis les connaissances qui ont pour objet la nature entière jusqu’à la divination et la médecine, allant ainsi des sciences divines aux sciences humaines, et étendant son empire sur toutes celles qui dépendent de celles-là. Ainsi cette belle constitution, la déesse l’a établie d’abord parmi vous ; elle a choisi pour votre ville le lieu où vous êtes né, sachant bien que la bonne température du pays produirait des hommes d’une heureuse intelligence.
http://fr.wikisource.org/wiki/Timée_(trad._Cousin)



Anton Parks va plus loin encore en mentionnant le Livre d’Hénoch dans lequel il se dit la même chose à propos d’anges déchus, je ne saurai éviter de le rappeler car c’est effectivement une piste à creuser :

1. Azazyel enseigna encore aux hommes à faire des épées, des couteaux, des boucliers, des cuirasses et des miroirs ; il leur apprit la fabrication des bracelets et des ornements, l’usage de la peinture, l’art de se peindre les sourcils, d’employer les pierres précieuses, et toute espèce de teintures, de sorte que le monde fut corrompu.
2. L’impiété s’accrut ; la fornication se multiplia, les créatures transgressèrent et corrompirent toutes leurs voies.
3. Amazarak enseigna tous les sortilèges, tous les enchantements et les propriétés de racines.
4. Armers enseigna l’art de résoudre les sortilèges.
5. Barkayal enseigna l’art d’observer les étoiles.
6. Akibeel enseigna les signes.
7. Tamiel enseigna l’astronomie.
8. Et Asaradel enseigna les mouvements de la lune.

9. Et les hommes sur le point de périr élevèrent leurs voix, et leurs voix montèrent jusqu’au ciel.
Le livre d’Hénoch, ch. 8.


J’ai tenté de rapprocher les noms d’Azazel et Samyaza avec Enki et Enlil, ou peut-être Shamash, mais force est de constater que nous manquons d’éléments en ce sens. Toutefois ce genre de rapprochement n’est pas à exclure.

Enfin pour ceux qui aiment à réfléchir il y a un parallèle à faire avec le mégalithe du film « 2001 : l’odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick, où l’apparition du mégalithe propulse l’humanité dans une nouvelle ère technologique. Ce film de 1968 est aussi à l’avant-garde de la pensée New Age (Le « star child » à la fin du film, le mégalithe de couleur noire, la planète Saturne, ensuite regardez encore la forme du vaisseau : il ressemble à un serpent ou à la forme de la colonne vertébrale. Il y a 7 occupants, 1 seul survivant, etc… tout ceci prendrait du temps à expliquer en détails pour le non-initié).

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Le point suivant qu’il me fallait aborder concerne le cas du « duku », « Saint monticule », une thématique fort présente dans l’ouvrage comme dans la mythologie sumérienne.

Pour Anton Parks, le duku représente « Là où les divinités se seraient établies sur la Terre après leur arrivée ». Au cours d’un chapitre dans lequel il confronte les opinions de Zecharya Sitchin quant à l’origine supposée des Anunnaki, il explique (et je suis d’accord avec lui) :

« Je peux affirmer qu’aucune tablette en argile ne parle de Nibiru comme étant la planète des dieux Anunnaki de la mythologie mésopotamienne ! Le lieu céleste et intemporel des dieux à chaque fois évoqué dans les textes est, comme nous l’avons vu, le Duku (« la sainte colline »). Ce nom fut ensuite utilisé pour nommer la montagne où se dressera la cité de Kharsag, ainsi que pour désigner les chapelles divines implantées dans les plus grandes villes de Sumer. Ces chapelles Duku, lieu de culte des prêtres, exprimaient l’incarnation terrestre de l’étoile primordiale des dieux et non Nibiru ! » (Eden, p. 91)

Il fait venir ainsi les dieux d’une hypothétique Duku céleste qui aurait sa contrepartie terrestre dans le Duku, la montagne de la cité de Kharsag. C’est un peu complexe mais je crois que c’est bien l’idée qu’il avance. Mais peu importe, le lieu d’origine des dieux Anunna est donc le duku et c’est ce qu’il ressort à l’étude des textes en eux-mêmes.

Le mythe mésopotamien « Céréales contre menu-bétail » traduit par SN Kramer et que nous avons vu, nous confirme que le Saint monticule est le lieu de résidence des dieux Anunna. C’est aussi par là que Céréale et Brebis-Mère sont apparues.

26.   C’est alors qu’en leur lieu Lieu-de-naissance,
27.   Leur Résidence : le Saint-monticule,
28.   Les dieux créèrent Brebis-mère et Céréale,
29.   Qu’ils introduisirent ensemble en leur auguste réfectoire !


Dans son analyse du texte, SN Kramer nous dit à ce propos :

« […] Mais du moins où s’est faite cette apparition, à savoir sur le Saint-monticule (du.ku), localité mythique, dont nous ne savons quasi rien, sauf, peut-être, si on la rapproche des « Montagnes de l’univers » du début, que l’on imaginait volontiers les dieux, comme il se doit, en haut et sur des hauteurs, encore intemporelles. »

Et dans une note de bas de page du même ouvrage, nous explique que :

« Le « Saint-monticule » (du.ku) […] désignait le lieu, surnaturel et extratemporel, de résidence des grands dieux. »

Il y a de quoi en rester sur notre faim.
Je vais maintenant vous expliquer de quoi il s’agit.
Nous avons peut-être du mal à nous représenter les choses alors voici à quoi pourrait ressembler un « duku » :


Antoing

Les « duku » sont l’équivalent des monticules, tertres et tumuli de nos proches contrées.
Il existe de nombreux noms pour ces structures, il correspond encore au sidh de la mythologie celtique :
Citation:


Le sidh comme monticule
Une confusion apparaît dans le folklore et les langues, sur le sens du « sidh ». Le sidh désignait originellement l'Autre Monde de la mythologie celtique. Dans les textes anciens, le sidh désignait aussi « les palais, cours, halls et résidences » habitées par les êtres fantomatiques (Aos Sidh) de la mythologie3.
Le Sidh prend ultérieurement le sens de « monticule », « tertre » ou bien d'un « tumulus » (lieu de sépulture), en référence aux nombreuses buttes de terre ou petites collines du paysage irlandais et écossais, où sont censés habiter les Aos Sidh. Ceux-ci deviennent ainsi, dans la langue moderne, les « habitants des monticules »4,5, avec un fort lien (ou une symbolique) pour l'Autre Monde ou le royaume des morts.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Aes_sidhe


Concernant le tumulus :
Citation:


Le mot latin tumulus (au pluriel tumuli) désigne une éminence artificielle, circulaire ou non, recouvrant une sépulture. En haut français on emploie aussi le mot tombelle1.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tumulus



Ils sont à rapprocher des cairns http://fr.wikipedia.org/wiki/Cairn
et autres structures qui reflètent la verticalité telles que pierres dressées, montagne ou pyramide, symbolisant le lien Terre-Ciel.

Dans la même famille nous avons les stûpas bouddhistes http://fr.wikipedia.org/wiki/Stûpa
Citation:


Origine
Le stūpa trouve son origine dans le tumulus et ne consiste, à ses débuts, qu'en un mausolée, empilement de briques ou de pierres au cœur duquel est enfermée une relique du Bouddha. […]
http://fr.wikipedia.org/wiki/Stûpa



Voici encore des infos sur les tumuli plus proches de chez nous :
Citation:


Les tumuli
Origine des tumuli

Nombreux sont les tumuli érigés en mémoire de personnages importants de la période gallo-romaine. Principalement, ils sont érigés à proximité des tracés inhérents aux anciennes voies romaines. Je cite par exemple ceux de la région flamande : Tirlemont, Landen, de manière concentrée Vorsem, Vechmaal, Thys, Herstappe et Koninksem près de Tongres, Glimes et Grand Rosières dans le Brabant, ST Martens près de Bruxelles, le Tumulus d’Antoing dans le Hainaut ou encore celui du Trou de Billemont ou celui d’Ottomont.

        Ottomont                      Antoing                           Glimes                             Billemont

Mais il est une concentration dans la province de Liège, ce sont ceux de la Hesbaye.

La région de Hesbaye est très riche en Tumuli. Le plus remarquable est sans doute celui d’Omal accompagné de pas moins de quatre Tumuli secondaires (voir ci-dessus). Ces Tumuli, fouillés il y a plus d’un siècle ont livré des poteries, des ornements en os, des vases de métal, une lampe, une pièce et un vase en or, un manche de couteau en ivoire. La tradition locale rapporte qu’y furent enterrés cinq généraux dans une bataille sur le plateau d’Omal; une autre légende attribue ces cinq sépultures à un général et à ses quatre fils, tués en combat en ces lieux. Nous trouvons à proximité les fortins successifs de Braives. Les tombes et les vestiges sont nombreux dans la région. L’agriculture intensive a livré énormément de secrets et laisse à présent un paysage à ciel ouvert presque entièrement exempt de traces du passé. En guise de chapelles St Donat, quelques piliers de pierre. Cette région semble avoir voué un culte particulier au dieu du Tonnerre car elle y est souvent livrée compte tenu de son relief assez plat. Mais Donat = Donner = Tonnerre. Remarquable, ces ponts énergétiques visibles facilement de l’un à l’autre pour les personnes qui savent les reconnaître. Témoin, l’arbre inversé de Braives.

Revenons à nos tumuli : les deux tombes jumelles du Bois des tombes à Waremme, la villa de Corswarem, La Tombe de Saives à Celles, le Tumulus de Jeneffe, ceux de Oteppe, de Seron, d’Avennes, de Moxhe, d’Avernas et j’en passe. Ces citations n’ont pour but qu’attirer l’attention sur la récupération des gallo-romains des sites énergétiques encore plus anciens. Le panorama typique consécutif à l’organisation romaine est bien le résultat d’une transformation récente à l’échelle du temps de celui des temps plus reculés dans la Hesbaye.

                 Avennes                          Avernas                               Landen                                   Crisnée

La toponymie des lieux (rue Cornu Champs, Avernas, Avennes, Waleffe, Haneffe, Aineffe, Jeneffe, St Donat) nous renseignent sur l’ancienneté des lieux et nous emmènent de façon spéculative dans une idée approximative de l’essence même de cette région. La terre, elle, possède toujours ses lieux telluriques encore rendus visibles à l’heure actuelle par les monuments. Malheureusement, paradoxalement, la richesse de l’histoire efface la richesse des enseignements du passé. Je veux dire que là-bas, ces traces sont beaucoup moins nombreuses et que l’énergie de la terre est triste. L’homme l’a épuisée.

[…]


Tumuli (étude)
Site assez exhaustif :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tumuli_de_Belgique

Hypothèses et symboliques
Il me plaît à penser (c’est peut-être évident pour certains) que les tumuli furent à l’origine des espaces sacrés à haute valeur spirituelle, véritable matrice pour les âmes destinées à renaître. Ceci fait assurément penser aux pyramides égyptiennes (ou autres), aux catacombes, aux dolmens et autres grottes. Il est intéressant de comprendre ces symboles essentiels que constitue la terre qui compose ces tertres, réceptacle féminin, et les arbres qui les habitent, avec tout ce que cela comporte comme significations : arbre, cosmos vivant en perpétuelle régénérescence, lien entre le monde chthonien et le monde ouranien, entre le ciel et la terre, arbre de la Vie, arbre de la Connaissance, axe du Monde , arbre se dressant sur le nombril de la terre... Chaque tumulus, en effet, avec ses particularités, n’évoque-t-il pas le ventre d’une femme enceinte, et l’arbre qui se dresse en son sommet (c’est le cas à Ramelot, par exemple) ne peut-il pas se voir comme une sorte de cordon ombilical qui va permettre au défunt d’entreprendre une nouvelle existence ?
Il me semble également que la présence de ces tumuli répond à une volonté des Celtes de créer un monument élevé là où les terrains sont plutôt plats, ce qui leur apporte davantage une signification magique. «  On imagine sans peine que le tertre, bien que purement utilitaire à l’origine, fût censé évoquer la colline qui émergea des eaux primordiales lors de la naissance de la terre et représenta ainsi l’existence. La mort pouvait donc être combattue sur le plan magique par la puissance de ce puissant symbole. (Dico des Symboles, sub verbo : pyramide). En ceci, le symbolisme des tumuli rejoint celui des pyramides : symbole ascensionnel, symbole solaire, lieu de rencontre entre deux mondes, lieu de passage à une vie supra-temporelle...

Tout ceci m’apporte une vision différente sur ces étranges témoins de notre passé celtique... Admiration, respect, étonnement, désir d’aller plus loin encore dans la perception de ces rites antiques. La recherche promet d’être passionnante.

Dans un livre récemment lu, l’auteur comparait le tumulus à l’élément ciel, vu de l’intérieur. En effet, en transparence, le tumulus forme une voûte semblable à la voute céleste en regard du cosmos. Mais j’aime bien cette rondeur féminine, telle une matrice ou le sein maternel. L’évocation nous relie à la terre nourricière dans la mesure où le défunt la rejoint. Clairement, c’est un monument funéraire. Mais pas uniquement celtique.

En effet, au cours des âges, les différents types de vocation aux morts se croisent et se côtoient : incinération, ensevelissement, jarres, tumulus, air libre sur hauteur sur le sol ou sous un tas de pierre. Ce qui distingue le tumulus, c’est son aspect princier. Ce dernier aspect a été transmis aux princes de le Tène via les princes sumériens où de l’est. Toutefois à l’ouest, au même moment, existaient déjà les cairns, sorte de caveaux funéraires mais pas seulement.

Il faut également considérer le côté initiatique et le guidisme des ancêtres. Ce genre de monuments avait un côté sacré dans la tradition d’un groupe d’individus.
Sur base d’observations, les tumulus gallo-romains sont nettement détachés du paysage en forme semi-sphérique de 10 à 20m mais ne représentent que peu d’intérêt cultuel.
On commence à trouver des tombelles un peu partout dans le paysage se confondant souvent avec des excroissances naturelles. Il faut vraiment les étudier pour les discerner. Elles sont préromaines. Et là, nous trouvons des emplacements privilégiés car marqués par un centre, un cercle énergétique et une correspondance d’alignement. Elles sont plus grandes et plus évasées (environ 50m).

Dans les hauts-lieux comme Wéris, nous trouvons des véritables collines de cailloux recouverts de cailloux et entourées de cercles de pierre qui sont autant d’entrées vers l’autre monde. Ces lieux peuvent avoir plusieurs tailles mais j’en connais un qui fait au moins 100m de circonférence. Il y a un réel travail à faire dans ces lieux et l’énergie est généralement pompante. La courbure est très faible.
[…]

http://ardwenna.e-monsite.com/pages/pierres-des-flandres/autres-regions/les…



Il est nécessaire de comprendre ici le lien étroit qui existe entre que ces aménagements et autres structures artificielles et leur pendant naturel, c’est-à-dire la montagne. Voici un premier texte qui nous plonge dans la portée archétypique de ces piliers naturels, lieux de communication vers l'au-delà.
Citation:


[..] et Otto Rahn, sont allés jusqu’à assimiler le château romanesque du Graal et le très réel château de Montségur construit sur une montagne qu’on dit sacrée, bastion du catharisme complètement détruit en 1244.

Sans doute parce qu’elle est associée à la divinité positive, la montagne connaît encore dans nos romans deux traitements narratifs, qui mettent en jeu ses vertus d’Autre Monde pour les vivants.

C’est d’abord un lieu privilégié de sépulture dans toutes les civilisations. L’on peut songer en particulier pour notre propos au tumulus ou cairn des Celtes, tas de pierres qui se donne pour une montagne artificielle. Bendigeit Vran dans le Mabinogi de Branwen, fille de Llyr, demande à être enterré sous la Colline Blanche (Gwynn Vrynn) à Londres, le visage tourné vers la France, ce qui devrait permettre à son île de Bretagne de ne pas connaître de fléau et la couleur blanche de la colline indique ici qu’il doit s’agir d’un centre primordial, d’une montagne sainte. On a rappelé aussi que dans la tradition judéo-chrétienne Adam aurait été enfoui sous le Golgotha ; quant à Elinas, dans le roman de Mélusine, il est enseveli à l’endroit même où il a terminé sa vie : sous le mont Brumborenlion en Northumberlande.

Mais, pour reprendre ce que dit Paul Zumthor à propos des rites d’inhumation qui « incitent à quelque retour à l’intimité d’une matrice », la montagne se donne comme le « lieu des défunts » plutôt que celui « des morts ». Cette affirmation pourrait paraître bien énigmatique ; elle réfère tout simplement à l’idée que la montagne est axe et centre du monde ; elle assure la communication entre le monde des vivants et celui des trépassés - et c’est une façon de sous-entendre que ceux qui y sont enterrés y connaissent peut-être une autre vie -, elle est aussi un lieu de rémission extraordinaire pour les blessés qui n’avaient plus rien à espérer de ce monde. La montagne permet ainsi d’échapper à la mort, elle évite aussi à l’homme de lettres d’avoir à penser la fin, c’est-à-dire d’avoir la nécessité d’enterrer définitivement le personnage romanesque. Ainsi, Floriant finit sa vie sur la montagne sacrée par excellence puisqu’elle s’appelle Montgibel (djebel signifie en arabe la »montagne, gib’âh signifie la « colline » en hébreu) et qu’elle est la demeure des fées sous la tutelle de Morgane. C’est là, affirme cette dernière au héros qui vient d’y parvenir, que le roi Arthur grièvement blessé sera transféré après la bataille de Salesbierres. 

« La montagne dans le texte médiéval : entre mythe et réalité. »
http://books.google.be/books?id=y-dFFxH6qeUC&pg=PA280&lpg=PA280&amp…



Ceci devrait déjà vous faire réaliser pas mal de choses, je pense non seulement en ce qui concerne l’identité des dieux mais encore au-delà, songez notamment à la pyramide sur le billet de 1 dollar….
Mais le thème de la montagne sacrée se retrouve dans la plupart des religions et des légendes.
Citation:


La montagne
Dressée contre le ciel, la montagne. Elle le touche, elle touche les nuages. Comment ne pas en faire une demeure divine ou un lieu de rencontre d’êtres supérieurs ? Chaque civilisation possède sa montagne sacrée, point de rencontre de la terre et du ciel. C’est sur le mont Olympe que résident les dieux de la Grêce. C’est sur le mont Sinaï que Moïse reçoit du Seigneur les Tables de la loi. Et – comme par hasard – la vieille loi est remplacée par la nouvelle loi avec le discours de la montagne de Jésus. Pour la tradition Hindoue, le mont Mérou, situé au Pôle Nord,  est tout en or. On a là un rappel à l’axe du monde qui relie notre terre au Règne Céleste. La montagne blanche du monde celtique, centre d’isolement et de méditation, est en opposition avec la plaine où habitent les hommes communs. Ce n’est pas par hasard que dans le taoïsme, les « réalisés », les Immortels, allaient vivre sur la montagne du centre du monde, autour de laquelle poussait, dans les jardins de la Reine d’occident, le pêcher dont les fruits donnaient l’immortalité. Dante place le paradis terrestre sur le sommet de la montagne du Purgatoire. Dans la tradition musulmane, le mont Qaf, mère de toutes les montagnes, est inaccessible à tous les hommes. Faite d’émeraude, elle est la frontière entre le monde visible et le monde invisible, ainsi que le soutien de la terre. Seul Allah connaît les créatures qui y vivent. On croit en particulier que l’oiseau miraculeux Simurgh, dont les plumes guérissent les blessures, y demeure.

La montagne personnifie les forces cosmiques et la vie. Les roches sont des os, les fleuves du sang, la végétation est une chevelure, et les nuages sa respiration. Il arrive souvent qu’en Afrique, les montagnes prennent la forme et le rôle d’être fabuleux. Les esprits, forces cachées, les habitent ; on ne peut y monter sans guide. Du reste, l’ascension de la montagne suggère le chemin vers la réalisation intérieure. Cette ascension est aussi ascète. Saint Jean ne parle-t-il pas de la Croix de la vie mystique comme d’une « ascension du mont Carmel » ? Et c’est souvent sur les montagnes que se réalisent les sacrifices. C’est sur un mont, qui a été identifié comme la colline du Temple, qu’Abraham a l’intention de sacrifier Isaac et que l’ange du Seigneur le retient.

Les pyramides égyptiennes et précolombiennes peuvent être considérées comme des montagnes artificielles ; il en est de même pour les ziggurat mésopotamiennes, pour les cathédrales et leurs flèches, pour les châteaux, pour les pagodes, pour les stupa bouddhistes, pour les cairn, tombeaux de pierre des Celtes. […]

« Histoire illustrée universelle de l’imaginaire »
http://books.google.be/books?id=s4oWEMphJUAC&pg=PA93&l#v=onepage&am…



Et j’ajoute une 3e source que vous pourrez aller consulter : « Le symbolisme de la montagne » par Brigitte Boudon :
http://www.sagesse-marseille.com/lhomme-sage/symbolisme/le-symbolisme-de-la…

Les montagnes tiennent un rôle considérable dans la Bible notamment : c’est sur une montagne que Moïse reçoit les tables de la Loi, c’est sur une montagne qu’Abraham s’apprête à sacrifier son fils Isaac, c’est dans une caverne du mont Horeb que le prophète Élie rencontre Dieu… etc. La thématique de la montagne se retrouve quantité de fois dans les Écritures, quelques exemples :

« C'est moi qui ai oint mon roi Sur Sion, ma montagne sainte ! Je publierai le décret; L'Éternel m'a dit : Tu es mon fils ! Je t'ai engendré aujourd'hui. » Psaumes 2 :7

« Alors Salomon bâtit sur la montagne qui est en face de Jérusalem un haut lieu pour Kemosch, l'abomination de Moab, et pour Moloc, l'abomination des fils d'Ammon.» 1 Rois 11 : 7

« Et Moïse faisait paître le bétail de Jéthro, son beau-père, sacrificateur de Madian. Et il mena le troupeau derrière le désert, et il vint à la montagne de Dieu, à Horeb. » Exode 3 :1


« Te voilà tombé du ciel, Astre brillant, fils de l'aurore ! Tu es abattu à terre, Toi, le vainqueur des nations ! Tu disais en ton coeur : Je monterai au ciel, J'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu ; Je m'assiérai sur la montagne de l'assemblée, A l'extrémité du septentrion ; Je monterai sur le sommet des nues, Je serai semblable au Très Haut. » Esaïe 12 :12-14.

etc…

Des recherches plus imposantes mériteraient d’être menées de ce côté, je ne fais que d’exposer ce qui pour moi présente assurément des analogies avec notre sujet. Voyez que toutes ces sources se recoupent, constituent un système cohérent de croyances, et est répandu de nos jours encore. Songez par exemple  au mont Bugarach dans le cadre de l'hystérie de décembre 2012.


Le point suivant que j’aborderai concerne un concept fondamental qu’est la notion de « Centre du Monde ». J’aurai probablement dû commencer par ceci mais nous nous serions éloigné sans aucun doute du contenu du livre Eden et le lecteur n’aurait probablement pas compris où je voulais en venir.
 
Puisqu’il était question de tumulus, ajoutons que celui-ci peut être considéré, sur un plan tout à fait conceptuel, comme étant un Centre du Monde. Par exemple :
« Qin Shi Huangdi est enterré sous un tumulus, qui est le coeur du site. Il est censé symboliser le centre du monde, incarné par l’empereur en personne. »
http://www.chine-chinois.com/le-mausolee-de-qin-shi-huangdi/#ixzz35CRvZnXf

Qu’est-ce qu’un Centre du Monde ? Je choisirai pour y répondre ce texte de Mircea Eliade très complet et fort bien écrit, il exprime avec érudition la richesse des idées religieuses. L’extrait commence en exprimant la verticalité à travers les poteaux sacrés (dans le chamanisme) :
Citation:


[…] Le poteau sacré des Achilpa « soutient » leur monde et assure la communication avec le Ciel. Nous avons ici le prototype d’une image cosmologique qui a connu une grande diffusion : celle des piliers cosmiques qui soutiennent le Ciel tout en ouvrant la voie vers le monde des dieux. Jusqu’à leur christianisation, les Celtes et les Germains conservaient encore le culte de tels piliers sacrés. Le Chronicum laurissense breve, écrit vers 800, rapporte que Charlemagne, à l’occasion d’une de ses guerres contre les Saxons (772), fit démolir dans la ville d’Eresburg le temple et le bois sacré de leur « fameux Irmensûl ». Rodolphe de Fulda (vers 860) précise que cette fameuse colonne est la « colonne de l’Univers soutenant presque toutes choses » (universalis columna quasi sustinens omnia). On retrouve la même image cosmologique chez les Romains (Horace, Odes, III, 3), dans l’Inde ancienne avec le skambha, Pilier cosmique (Rig Veda, 1, 105 ; X, 89,4 ; etc.), mais aussi chez les habitants des Îles Canaries et dans des cultures aussi éloignées que celle des Kwakiutl (Colombie britannique) et des Nad’a de Flores (Indonésie). Les Kwakiutl croient qu’un poteau de cuivre traverse les trois niveaux cosmiques (le monde d’en bas, la Terre, le Ciel) : là où il s’enfonce dans le Ciel, se trouve la « Porte du Monde d’en haut ». L’image visible de ce Pilier cosmique est, dans le Ciel, la Voie lactée. Mais cette œuvre des dieux qui est l’Univers est reprise et imitée par les hommes à leur échelle. L’Axis mundi que l’on voit dans le Ciel, sous la forme de la Voie lactée, est rendue présente dans la maison cultuelle sous la forme d’un poteau sacré. C’est un tronc de cèdre de dix à douze mètres de longueur, dont plus d’une moitié sort par le toit de la maison cultuelle. Il joue un rôle capital dans les cérémonies : c’est lui qui confère une structure cosmique à la maison. Dans les chansons rituelles, la maison est appelée « notre monde », et les candidats à l’initiation, qui l’habitent, proclament : « Je suis au Centre du Monde… Je suis près du Pilier du Monde », etc. Même assimilation du Pilier cosmique au poteau sacré et de la maison cultuelle à l’Univers chez les Nad’a des Flores. Le poteau de sacrifice s’appelle « Poteau du Ciel » et il est censé soutenir le Ciel.

Le « Centre du Monde »

Le cri du néophyte kwakiutl : « Je suis au Centre du Monde ! », nous révèle d’emblée une des significations les plus profondes de l’espace sacré. Là où, par la voie d’une hiérophanie, s’est effectuée la rupture des niveaux, s’est opérée en même temps une « ouverture » par en haut (le monde divin) ou par en bas (les régions inférieures, le monde des morts). Les trois niveaux cosmiques – Terre, Ciel, régions inférieures – sont rendus communicants. Comme nous venons de le voir, la communication est parfois exprimée par l’image d’une colonne universelle, Axis mundi, qui relie et à la fois soutient le Ciel et la Terre, et dont la base se trouve enfoncée dans le monde d’en bas (ce qu’on appelle « Enfers »). Une telle colonne cosmique ne peut se situer qu’au centre même de l’Univers, car la totalité du monde habitable s’étend autour d’elle. Nous avons donc affaire à un enchaînement de conceptions religieuses et d’images cosmologiques qui sont solidaires et s’articulent dans un « système » qu’on peut appeler le « système du Monde » des sociétés traditionnelles : a) un lieu sacré constitue une rupture dans l’homogénéité de l’espace ; b) cette rupture est symbolisée par une « ouverture », au moyen de laquelle est rendu possible le passage d’une région cosmique à une autre (du Ciel à la Terre et vice versa : de la Terre dans le monde inférieur) ; c) la communication avec le Ciel est exprimée indifféremment par un certain nombre d’images se référant toutes à l’Axis mundi : pilier (cf. l’universalis columna), échelle (cf. l’échelle de Jacob), montagne, arbre, liane, etc. ; d) autour de cet axe cosmique s’étend le « Monde » (= « notre monde »), par conséquent l’axe se trouve « au milieu », dans le « nombril de la terre », il est le Centre du Monde.
Un nombre considérable de croyances, de mythes et de rites divers dérivent de ce « système du Monde » traditionnel. Il n’est pas question de les rappeler ici. Mieux vaut nous limiter à quelques exemples, choisis dans des civilisation différentes et susceptibles de nous faire comprendre le rôle de l’espace sacré dans la vie des sociétés sous lequel se présente cet espace sacré : lieu saint, maison cultuelle, cité, « Monde ». Nous rencontrons partout le symbolisme du Centre du Monde, et c’est lui, qui, dans la plupart des cas, nous rend intelligible le comportement traditionnel à l’égard de l’ « espace dans lequel on vit ».
Commençons par un exemple qui a le mérite de nous révéler d’emblée la cohérence et la complexité d’un tel symbolisme : la Montagne cosmique. Nous venons de voir que la montagne figure parmi les images exprimant le lien entre le Ciel et la Terre ; elle est donc censée se trouver au Centre du Monde. En effet, dans de nombreuses cultures on nous parle de telles montagnes, mythiques ou réelles, situées au Centre du Monde : Meru dans l’Inde, Haraberezaiti en Iran, la montagne mythique « Mont des Pays » en Mésopotamie, Gerizim en Palestine, qui était nommé d’ailleurs « Nombril de la Terre ». Puisque la Montagne sacrée est une Axis mundi qui relie la Terre au Ciel, elle touche en quelque sorte le Ciel et marque le point le plus haut du Monde ; il en résulte que le territoire qui l’entoure, et qui constitue « notre monde », est considéré comme le pays le plus haut. C’est ce que proclame la tradition israélite : la Palestine, étant le pays le plus élevé, ne fut pas submergée par le Déluge. D’après la tradition islamique, le lieu le plus élevé de la Terre est la Kâ’aba, parce que « l’étoile polaire témoigne qu’elle se trouve face au centre du Ciel ». Pour les chrétiens, c’est le Golgotha qui se trouve au sommet de la Montagne cosmique. Toutes ces croyances expriment un même sentiment, profondément religieux : « notre monde » est une terre sainte parce qu’il est l’endroit le plus proche du Ciel, parce que d’ici, de chez nous, on peut atteindre le Ciel ; notre monde est donc un « haut lieu ». En langage cosmologique, cette conception religieuse se traduit par la projection du territoire privilégié qui est le nôtre au sommet de la Montagne cosmique. Les spéculations ultérieures ont cristallisé par la suite toute sorte de conclusions, par exemple celle que nous venons de voir : que la Terre sainte n’a pas été noyée par le Déluge.
Le même symbolisme du Centre explique d’autres séries d’images cosmologiques et de croyances religieuses, dont nous ne retiendrons que les plus importantes : a) les villes saintes et les sanctuaires se trouvent au Centre du Monde ; b) les temples sont des répliques de la Montagne cosmique et par conséquent constituent le « lien » par excellence entre la Terre et le Ciel ; c) les fondements des temples plongent profondément dans les régions inférieures. Quelques exemples nous suffiront. Nous tâcherons ensuite d’intégrer tous ces divers aspects d’un même symbolisme ; on verra plus nettement alors combien sont cohérentes ces conceptions traditionnelles du Monde.
La capitale du Souverain chinois parfait se trouve au Centre du Monde. […] Le pèlerin islandais Nicolas de Therva, qui a visité Jérusalem au XIIe siècle, écrit du Saint-Sépulcre : « Là c’est le milieu du Monde ; là, le jour du solstice d’été, la lumière du Soleil tombe perpendiculairement du Ciel ». […] Même conception en Iran : le pays iranien (Airyanam Vaejah) est le Centre et le cœur du Monde. […]
Quant à l’assimilation des temples aux Montagnes cosmiques et à leur fonction de « lien » entre la Terre et le Ciel, les noms mêmes des tours et des sanctuaires babyloniens en portent témoignage : Ils s’appellent « Mont de la Maison », « Maison du Mont de toutes les Terres », « Mont des Tempêtes », « Lien entre le Ciel et la Terre », etc. La ziqqurat était à proprement parler une Montagne cosmique : les sept étages figuraient les sept cieux planétaires ; en les gravissant, le prêtre parvenait au sommet de l’Univers. Un symbolisme analogue explique l’énorme construction du temple de Barabudur, à Java, qui est bâti comme une montagne artificielle. Son ascension équivaut à un voyage extatique au Centre du Monde ; en atteignant la terrasse supérieure, le pèlerin réalise une rupture de niveau ; il pénètre dans une « région pure », qui transcende le monde profane.
Dur-an-ki, « lien entre le Ciel et la Terre » : ainsi désignait-on nombre de sanctuaires babyloniens (à Nippur, à Larsa, à Sippar, etc.). Babylone avait une foule de noms, parmi lesquels « Maison de la base du Ciel et de la Terre », « Lien entre le Ciel et la Terre ». Mais c’est toujours à Babylone que se faisait la liaison entre la Terre et les régions inférieures, car la ville avait été bâtie sur bâb-apsû ; « la porte d’Apsû », apsû désignant les Eaux du Chaos d’avant la Création. On rencontre la même tradition chez les Hébreux : le rocher du Temple de Jérusalem plongeait profondément dans le tehôm, l’équivalent hébraïque d’apsû. De même qu’à Babylone on avait la « Porte d’Apsû », le rocher du Temple de Jérusalem renfermait la « bouche de tehôm. »
L’apsû, le tehôm symbolisent à la fois le « Chaos » aquatique, la modalité préformelle de la matière cosmique, et le monde de la Mort, de tout ce qui précède la vie et la suit. La « Porte d’Apsû » et le rocher qui renferme la « bouche de tehôm » désignent non seulement le point d’intersection, et donc de communication, entre le monde inférieur et la Terre, mais aussi la différence de régime ontologique entre ces deux plans cosmiques. Il y a rupture de niveau entre tehôm et le rocher du Temple qui en ferme la « bouche », passage du virtuel au formel, de la mort à la vie. Le Chaos aquatique qui a précédé la Création symbolise en même temps la régression dans l’amorphe effectuée par la mort, le retour à la modalité larvaire de l’existence. D’un certain point de vue, les régions inférieures sont homologables aux régions désertiques et inconnues qui entourent le territoire habité ; le monde d’en bas, au-dessus duquel s’établit fermement notre « Cosmos », correspond au « Chaos » qui s’étend à ses frontières.

« Notre monde » se situe toujours au Centre.

De tout ce qui précède il résulte que le « vrai monde » se trouve toujours au « milieu », au « Centre », car c’est là qu’il y a rupture de niveau, communication entre les trois zones cosmiques. Il s’agit toujours d’un Cosmos parfait, quelle qu’en soit l’étendue. Un pays tout entier (la Palestine), une ville (Jérusalem), un sanctuaire (le Temple de Jérusalem) représentent indifféremment une imago mundi. Flavius Josèphe écrivait à propos du symbolisme du Temple que la cour figurait la « Mer » (c’est-à-dire les régions inférieures), le sanctuaire représentait la terre, et le Saint des Saints, le Ciel (Ant. Jud, III, VII, 7). On constate donc que l’imago mundi aussi bien que le « Centre » se répètent à l’intérieur du monde habité. La Palestine, Jérusalem et le Temple de Jérusalem représentent chacun et simultanément l’image de l’Univers et le Centre du Monde. Cette multiplicité de « Centres » et cette réitération de l’image du Monde à des échelles de plus en plus modestes constituent une des notes spécifiques des sociétés traditionnelles. […]

Mircea Eliade, « Le sacré et le profane », p. 36-43.



Loin de constituer un lieu unique le terme exprime une pluralité de sites se rapportant à la notion de verticalité, c’est-à-dire l’axis mundi reliant les trois mondes ; l’échelle par laquelle la divinité descend sur Terre et par laquelle les hommes peuvent se hisser au rang des dieux. Ainsi tout lieu sacré est un Centre du Monde :
Citation:


Tout lieu sacré est Centre du Monde
Dieu est partout, de même que l’espace n’est formé que de points. Donc potentiellement, chaque lieu de l’espace est un Centre du Monde en puissance.
Mircéa Eliade discerne ce symbole d’une façon générale qui montre bien l’aspect sacré du Centre du Monde:


"Au centre du monde se trouve la Montagne Sacrée, c’est là que se rencontrent le ciel et la terre. Tout temple ou palais et, par extension, toute ville sacrée ou résidence royale sont assimilés à une montagne sacrée et sont ainsi promus chacun centre. A leur tour, le temple ou la cité sacrée, étant le lieu par où passe l’Axis Mundi, sont regardés comme le point de jonction entre Ciel, Terre et Enfer."


En d’autres termes, tout lieu peut être promu Centre du Monde si l’on lui donne ce sens, par un bâtiment ou une colline sacrée, et très certainement par un rite ou un rituel symbolisant sa
qualité de Centre.
http://misraim3.free.fr/divers2/centre_du_monde.pdf



La cité également, dans sa dimension spatiale, est un Centre du Monde : http://www.sciencesdelhomme.com/reseau-hermes/la-geographie-sacree/la-sacra…
 
Nous ne saurions être en mesure de faire le tour de cette thématique, il existe tant à dire et d’exemples innombrables à citer pour être complet. Ceci montre avec suffisance combien Anton Parks passe à côté de points essentiels. Il faut dire que si l'auteur avait développé ceci alors sa théorie initiale de visiteurs venus de l'espace aurait été mise à mal.

Je poursuivrais sur une autre expression de l’axe cosmique dans le cadre du culte des arbres, lui aussi très répandu dans nos contrées depuis les Celtes, et que l’on retrouve également dans la mythologie et la religion des mésopotamiens. Cependant pour m’être trop étendu sur ce qui devait constituer au départ quelques remarques dans le cadre du second chapitre je continuerai la prochaine fois.
 
A suivre.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 03:08    Sujet du message: Eden d'Anton Parks, désinformation ?

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