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Là où est l'argent - Maxime Renahy

 
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Marine
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PostPosted: Sat 1 Jun 2019 - 08:55    Post subject: Là où est l'argent - Maxime Renahy Reply with quote

La vie de Maxime Renahy ressemble à un roman d'espionnage. Il en a fait un livre-enquête, saisissant, où se mêlent services de renseignement et finance offshore.
Si vous avez dévoré le Bureau des légendes, si vous avez un jour rêvé de mettre vos idéaux au service de la France, ou d'aller nager dans les eaux troubles des paradis financiers et pourquoi pas de taper à la porte de la DGSE, alors le premier livre de Maxime Renahy, Là où est l'argent, pourrait presque se lire comme un mode d'emploi. Cette enquête écrite à la première personne, publiée ce 10 avril aux éditions Les Arènes, résume le singulier parcours d'un jeune français expatrié, mû par son souci de l'intérêt général. Tout cela en plein royaume des intérêts particuliers. 


Son histoire débute à Jersey, caillou presque plat jeté au milieu de la Manche et qui doit l'essentiel de son relief et de ses ombres à l'industrie de la finance et ses petits arrangements fiscaux. Nous sommes au milieu des années 2000. Après une école hôtelière, Maxime Renahy, 28 ans, se cherche professionnellement et décide de s'établir au Royaume-Uni, à Bristol. L'ambition est modeste: "s'immerger dans la culture anglaise", apprendre la langue. Il vit en colocation, enchaîne les petits jobs, mais ça ne durera pas.  
Au détour d'un déjeuner avec une amie, le jeune homme s'intéresse pour la première fois à Jersey et aux paradis fiscaux. La jeune femme y a quelque attache. Sur un coin de table, elle promet d'y diffuser son CV. Deux semaines plus tard, le voilà à Saint-Hélier, la capitale de l'île, pour un entretien chez Mourant Ltd, la plus importante compagnie fiduciaire de Jersey où celles-ci pullulent. Il ne le sait pas encore, mais il est à l'aube d'une courte, mais intense, carrière d'espion.  
"La finance offshore c'est l'Olympe"



"Dans la finance j'étais une gentille potiche, personne ne se méfiait de moi", résume Maxime Renahy auprès de L'Express en évoquant ses premiers pas. Peut-être en a-t-il la tête, il a surtout les us et coutumes de l'emploi qui consiste, pour l'essentiel, à servir des clients fortunés, souvent français, cherchant à échapper à l'impôt: "Dans l'hôtellerie, j'ai été formé pour servir les riches et être déférent, au moins en surface", explique-t-il. Dès lors, il fait rapidement ses preuves et gagne la confiance de ses chefs. Il est pourtant souvent heurté par les informations glanées au gré des conversations et des documents qui circulent dans son nouvel open space
Il y apprend comment telle entreprise minore artificiellement son résultat ou dissimule des fonds dans les paradis fiscaux pour justifier, in fine, un plan social ou une fermeture d'usine. Comment tel héritier fraude le fisc purement et simplement sous couvert d'optimisation. Ou comment tel fonds souverain étranger avance ses pions en Europe à visage masqué... 
"Je viens de l'Est de la France, et j'ai assisté aux premières loges aux ravages de la finance dérégulée : la désindustrialisation, la désillusion sociale et politique qui en résulte", témoigne-t-il pour expliquer comment l'idée de jouer contre son nouveau camp a germé. Quand il évoque "les suicides, les divorces, les burn-out et les séjours en HP", qui suivent les fermetures d'usines, depuis le siège de son éditeur, il s'anime. Au point qu'on a peine à croire qu'il ait pu conserver son flegme en jouant les agents doubles.  
Mais on n'en est pas encore là. À Jersey, pour l'heure, le jeune homme observe, écoute, gamberge, s'interroge... Et puis il conclut: "La finance offshore c'est l'Olympe, ils se sentent et se vivent au-dessus des hommes et de leurs lois". Il ne va plus tarder à trouver un moyen d'agir. 
À la DGSE, comme une lettre à la Poste
Comprenant que toutes les informations qui circulent autour de lui ont de la valeur pour les pros du renseignement, heureux d'apprendre que tel ou tel contourne le droit ou fausse sans vergogne les règles de la concurrence au détriment des intérêts français, Maxime Renahy décide de contacter les services. "Je ne savais pas tellement comment m'y prendre" et la littérature disponible sur le sujet ne lui est pas d'une grande aide. Le jeune homme fini par trouver une adresse postale sur le site du ministère de la Défense. Incrédule, il tente sa chance. "Quelques semaines plus tard, je reçois une lettre de France. Un lieutenant me demande d'adresser un CV et une lettre de motivation à une antenne du ministère", se souvient-il. Sur le document, ni tampon ni emblème, ni téléphone ni boite mail... Il n'enverra jamais le courrier demandé. 


De retour en France pour de menues vacances, il change de méthode, décroche son téléphone et appelle le standard de l'État-major de l'armée: - "Bonjour, la DGSEs'il vous plaît" - "Un instant". Cette fois l'incrédulité frise la sidération: sa ligne est transférée et il s'annonce auprès d'une jeune femme à la voix mal assurée: "J'ai des informations cruciales pour les intérêts de la France". Un peu au bluff, il laisse sans trop y croire ses coordonnées. Il ne faudra que quelques heures pour qu'il soit rappelé et le contact formellement établi. S'ensuivent les précautions d'usage : Maxime Renahy créé une boîte mail anonyme sous le nom de Bernard Larocheau.  
Pendant trois semaines, il ne voit rien venir, jusqu'à cette convocation à sa formation d'espion: "Salut Bernard", lui lance un certain "Jean" qui suggère qu'ils préparent ensemble le prochain marathon. Rendez-vous est pris à Paris. Au fil des mois suivants, l'agent de liaison de Maxime Renahy lui met le pied à l'étrier. Au programme, trois jours de formation à la semi-clandestinité, des exercices de rupture de filature, et en guise de gadget hi-tech, une clé USB chiffrée qui lui servira dorénavant à honorer les "listes de courses" transmises par "la Boîte", le surnom donné par ses agents à la DGSE. 
"Un tout petit grain de sable, pas si efficace que ça"
La formation est laborieuse, mais Maxime Renahy est vite comme un poisson dans l'eau. "J'étais depuis longtemps un familier de la clandestinité, j'ai grandi avec les souvenirs de mon grand-père du temps de la Résistance. Et mon père, militant maoïste convaincu, a vécu longtemps sous pseudo", raconte-t-il. Mais ce poisson qui ne veut ni médaille ni gratification pour les renseignements qu'il procure, intrigue ses agents traitants à la DGSE: "Ils me prenaient pour un idéaliste quand je leur parlais de casse sociale. C'est pour ça que j'ai fini par tout arrêter pour voler de mes propres ailes". 
Car si la suite des aventures de Maxime Renahy est à lire dans Là où est l'argent, elles ne s'achèvent pas au sein des services français. Au tournant des années 2010, il quitte Jersey pour le Luxembourg, mais ne tarde pas à tout plaquer : la finance, la DGSE, les paradis fiscaux... Mais pas ses idéaux. "Je suis parti mener une vie chiche et souple dans les Vosges", puis désormais dans les environs de Besançon. 
"J'ai fini par éprouver de la lassitude à faire ces allers retours avec mes clés USB classées secret-défense. A la fin, j'avais l'impression d'être un tout petit grain de sable pas si efficace que ça". Surtout, il comprend que le renseignement français n'a d'autre objet que de préserver les intérêts des grands groupes nationaux, qui ne lavent pas toujours plus blanc que leurs concurrents étrangers: "En bossant pour la boîte, même gratuitement, j'ai fini par comprendre que je bossais pour le grand capitalisme français et pas autre chose". "Au lieu d'aider les milliardaires et les champions tricolores à se maintenir à flot dans la mondialisation, ils feraient mieux de servir directement les citoyens", rêve-t-il.  
De son passage à la DGSE jusqu'en 2013, ne subsistent qu'une immatriculation dans leurs fichiers et une clé USB de service, gadget obsolète, devenue son fétiche. Mais celui qui aura 41 ans l'été prochain peut toujours se prévaloir d'un réseau de correspondants dans les paradis fiscaux et chez les grands acteurs de la finance. Et il n'a pas renoncé à l'action. Son réseau, il le met à profit désormais pour le compte d'ONG, ou de syndicats, en traquant les esquives fiscales et la fraude aux plans sociaux qui continuent de ravager l'industrie. "Je ne tire aucune fierté de ce dont je vis aujourd'hui en chassant les fraudeurs. Pour moi c'est comme faire mon jardin, ni plus ni moins".  


Ce 11 avril, au lendemain de la parution de son livre, hasard du calendrier judiciaire, le géant agroalimentaire Lactalis devra s'expliquer devant le tribunal de commerce de Paris pour "non-publication de ses comptes". Une action en justice lancée grâce à l'opiniâtreté d'un certain Maxime Renahy, plus vraiment espion, définitivement empêcheur de frauder en rond. 


https://www.lexpress.fr/actualite/societe/une-taupe-de-la-dgse-au-coeur-des…


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PostPosted: Sat 1 Jun 2019 - 08:55    Post subject: Publicité

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