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SwissLeaks

 
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Marine
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MessagePosté le: Ven 13 Fév 2015 - 13:51    Sujet du message: SwissLeaks Répondre en citant

Qui sont les millionnaires africains d’HSBC ?


À Pointe-Noire, la capitale économique du Congo tournée vers l’océan, c’est au bord de mer que les expatriés français, ou congolais d’adoption, aiment à se retrouver. Comme à la Villa Madiba, le plus chic hôtel de la ville, au design épuré, non loin de la résidence secondaire du président Denis Sassou Nguesso. Le propriétaire, Henri Benatouil, dirige aussi la Société congolaise des transports. Ce Français de 64 ans, influent et affluent, est un proche du président. Autrefois, il recevait de temps à autre Roger Basso, gestionnaire de fortune chez HSBC dédié à l’Afrique francophone, venu de Genève pour prodiguer des conseils à ce client qui disposait de 1,9 million de dollars sur un compte qu’il a fini par clôturer en 2005, selon les documents consultés par Le Monde Afrique.



Roger Basso, né en 1946, basé à Genève après une carrière au Crédit lyonnais dans le sud de la France puis à Pointe-Noire, aux Antilles et à Dakar, profitait de ses séjours au Congo pour recruter de nouveaux clients comme Patrick Faudemay, entrepreneur français né à Libreville il y a 54 ans et fondateur parmi d’autres du Lions club Pointe-Noire Eucalyptus. En 2001, il cède aux sirènes de Roger Basso et place 3 millions de dollars dans la fraîcheur des coffres suisses. Très à l’aise dans ce milieu, le Monsieur Afrique de HSBC s’en allait alors démarcher une autre millionnaire française de la ville, directrice d’une société d’import-export également présente à Brazzaville.

Des clients plutôt agréables, presque des amis. Roger Basso avait l’habitude de contrevenir au règlement de la banque, faire signer sur place les formulaires d’ouverture de compte, « pour éviter à [mes] clients le déplacement en Suisse », comme il l’a expliqué aux enquêteurs de la police judiciaire française en mai 2013, selon des documents que Le Monde Afrique a pu consulter. « En Afrique, tout le monde se connaît, et ainsi je savais rapidement si tel ou tel était un voyou ou un riche industriel. Le service compliance (conformité) faisait ensuite les vérifications et les dossiers suspects étaient systématiquement écartés ».


Pourtant, les « vérifications » ne se sont pas attardées sur le cas de la congolaise Aziza Kulsum Gulamali, banale « femme d’affaires » selon HSBC. Son compte, actif jusqu’en 2006, affichait 3 millions de dollars. C’est que les rapports de l’Onu, pourtant publics, ont dû échapper à la compliance. Ils décrivent la façon dont la « reine du coltan » a fait main basse sur l’exploitation et l’exportation de ce minerai si convoité en République démocratique du Congo (RDC) au début des années 2000. Et l’accusent d’avoir financé la guerre civile au Burundi dans les années 1990. Si bien qu’elle a été condamnée par les justices suisse et belge en 2003. Ce qui n’a pas éveillé non plus les soupçons de HSBC, qui accueillait aussi son mari, le congolais Hamisi Singoma, avec un compte crédité de 1,6 million de dollars en 2007.

République démocratique du Congo

En RDC, la grande majorité des clients millionnaires de HSBC Private Bank sont des industriels d’origine belge, des entrepreneurs issus des communautés juive ou libanaises. Comme Hassan, riche importateur de produits pharmaceutiques et industriels, également à l’œuvre en Angola, dont le compte ouvert en 2006 abrite 3 millions de dollars. Un haut responsable congolais de l’usine de planification de Kinshasa dispose, lui, de beaucoup plus : 60 millions de dollars. Ce qui reste modeste au regard des fortunes brassées par un cartel d’hommes d’affaires israéliens où l’on retrouve Nir Livnat, diamantaire établi à Johannesburg, Daniel Steinmetz, dont le frère Benny est au cœur de l’affaire Simandou en Guinée, ou encore Mozes Victor Konig dont le compte est crédité de plus de 120 millions de dollars répartis entre plusieurs sociétés.

Lire aussi : HSBC ferme les yeux sur le trafic d'armes en Afrique

Lire aussi : HSBC, un écrin sur mesure pour le gotha du diamant

Le nom d’un homme d’affaires apparaît sur les comptes de chacun d’entre eux : Dan Gertler. Proche du président congolais Joseph Kabila, Gertler s’illustre en RDC par l’opacité de ses affaires dans le secteur minier, notamment au Katanga, mais aussi dans le pétrole avec sa société Oil of DR Congo. Il a déjà été identifié cvomme un problème : le FMI avait interrompu son programme de prêts à Kinshasa à la suite du rachat suspect par l’Israélien d’un projet de cuivre que n’a pas su justifier le premier ministre Augustin Matata Ponyo. La banque HSBC, elle, n’en a cure. Roger Basso fait confiance à sa compliance, laquelle fait confiance au client. Les six comptes qui affichent Dan Gertler comme mandataire ou bénéficiaire principal n’appellent aucune attention particulière, malgré des montants considérables, près de 434 millions de dollars en tout qui se répartissent comme suit : 120 millions de dollars sur un compte géré par M. Konig, près de 170 millions de dollars abrités par des sociétés écran à l’Ile Maurice et aux îles Vierges Britanniques notamment, 59,2 millions par d’autres sociétés en Israël, en Suisse, au Liechtenstein et au Panama, en association avec Daniel Steinmetz, sans oublier 85,6 millions sur le compte associé à Nir Livnat.

Afrique du Sud

Parmi les 1 787 clients sud-africains de HSBC (pour 2 221 comptes), on retrouve là encore le gotha de l’industrie des pierres précieuses, avec 58 clients qui se présentent comme diamantaires. Nombre d’entre eux sont millionnaires. Autre secteur où l’Afrique du Sud domine sur le continent : l’armement.

L’homme d’affaires et consultant Fana Hlongwane en sait quelque chose. Ancien commandant de la branche militaire de l’ANC, devenu conseiller spécial du ministre de la défense, Joe Modise, en 1995, il a été entendu en décembre dernier par les autorités sud-africaines dans le cadre d’une enquête menée par la commission Seriti sur un contrat douteux signé en 1999 entre Pretoria et British Aerospace. Il est entre autres accusé de “fraude et de corruption” dans cette affaire qui a inquiété l’actuel président Jacob Zuma. Son compte ouvert en mai 2001 est associé à plusieurs sociétés écran domiciliées aux îles Vierges Britanniques. En tout, son nom est lié à plus de vingt comptes chez HSBC, crédités de 12,7 millions de dollars.

On croise aussi des importateurs de biens manufacturés, des chefs d’entreprise, des traders et des ingénieurs, des médecins nantis, et des mystérieuses « femmes au foyer » riches à millions, sans doute des prête-noms. L’un des membres de cette élite économique, Martin Darryl Moritz, préside la compagnie aérienne sud-africaine Comair. Son compte était crédité de 27 millions de dollars en 1997, année de sa clôture. En revanche, 164 millions de dollars figuraient toujours fin 2007 sur le compte de l’ex-patron d’un fonds de pension, né en 1927. Les avoirs sud-africains chez HSBC se chiffrent à près de deux milliards de dollars.


Nigeria

L’homme aujourd’hui le plus riche d’Afrique apparaît brièvement dans les fichiers HSBC. Aliko Dangote, né en 1957 à Kano, a détenu un compte à HSBC Genève entre juillet 2003 et août 2004, rattaché à une adresse domiciliée dans les îles Vierges Britanniques pour la société Development Projects Corporation. Aucun montant n’est indiqué pour celui qui est aujourd’hui crédité d’une fortune de 21,6 milliards de dollars, 23e fortune mondiale. À côté des pétroliers aux comptes chargés de plus de 35 millions de dollars et des hommes d’affaires indiens et libanais établis à Lagos, on trouve un dinosaure de l’industrie nigériane. Cette année, Chief Bode Akindele va célébrer ses 82 ans et une réussite entrepreneuriale hors du commun. Cet homme d’affaires issu de l’ethnie yoruba et notable d’Ibadan, au nord de Lagos, est présent dans le secteur des télécommunications, de l’immobilier au Nigeria et à Londres, de la finance, de l’agroalimentaire, du transport maritime, de la pêche, de l’importation et de la distribution, de la production d’allumettes, de bière, de biscuits… Un touche-à-tout qui a caché 24 millions de dollars en Suisse, une fraction de sa fortune colossale estimée à 1,2 milliard de dollars, selon Ventures Africa.

Cameroun

L’unique millionnaire camerounaise chez HSBC est une de ces étranges « femmes au foyer ». Lydie est l’épouse d’un haut responsable du fournisseur d’électricité AES Sonel, devenu Eneo Cameroon. Alors que les Camerounais subissent toujours les fréquents délestages, Lydie dispose de trois millions de dollars déposés sur son compte ouvert en juillet 2002.

Au Gabon, comme en Guinée équatoriale, les rares millionnaires chez HSBC sont des hommes d’affaires libanais qui officient dans l’importation de biens. Tandis qu’au Kenya, tous sont d’origine indienne ou pakistanaise, et ont ouvert leur compte entre 2002 et 2006. Le Monde Afrique reviendra avec des articles spécifiques sur ces communautés.

Erythrée

HSBC compte des clients jusqu’à Asmara. Pays fermé et opaque, dirigé d’une main de fer par une figure de la guerre d’indépendance devenu président Issayas Afewerki, l’Erythrée compte néanmoins des drôles de millionnaires. En 1981, Hassen Abdalla Beshir, alors âgé de 24 ans, ouvre un compte chez HSBC à Genève en tant que « banquier ». L’Érythrée est alors en pleine guerre. Six ans plus tard, c’est un certain Ghebreselassi Kidane Habte, 37 ans, qui fait de même. Selon les documents auxquels a eu accès Le Monde Afrique, ce dernier, qui se présente chez HSBC comme « chauffeur de voiture », domicilié à Asmara, dispose en 2007 de plus de 106 millions de dollars tandis qu’Hassen Abdalla Beshir, le « banquier », a en plus de 209 millions. Aucune information n’est disponible sur ces deux personnages, dans un pays qu’Amnesty international qualifie d’« immense centre de détention, où des citoyens prisonniers de leur propre pays sont régulièrement raflés par l’armée, contraints à travailler pour un État phagocyté par le parti ».

Si le Soudan compte quelques très rares millionnaires chez HSBC, liés à des grandes sociétés nationales ou étrangères, c’est en revanche le désert dans les fichiers du Tchad, du Niger ou encore de la Mauritanie. Aucune personne physique issue de ces pays ne dispose de comptes crédités de plus d’un million de dollars chez HSBC en 2007.

Mali

Ce qui n’est pas le cas au Mali. À Bamako, tout le gotha politico-économique connaît « Tony ». Le pouvoir et la fortune d’Antoine Azar, 72 ans, attisent les convoitises. Mais cet homme d’affaires d’origine libanaise est indéboulonnable, quel que soit le pouvoir en place. Les Maliens qui en ont les moyens font leurs courses dans ses supermarchés, dansent dans sa discothèque, se distraient dans son bowling, et autres établissements du quartier de l’Hippodrome où il règne sur le business. Dans son entrepôt ultra-sécurisé, des défenses d’éléphants et un aquarium démesuré ornent le vaste bureau de cet ancien phalangiste libanais (chrétien) devenu un parrain de l’importation de produits manufacturés au Mali. Ce qui n’a pas manqué d’irriter les fonctionnaires du FMI qui pensaient entre autres à « Tony » lorsqu’ils ont conditionné le retour des aides au Mali, suspendues en juin 2014, au paiement des impôts de certains hommes d’affaires. Chez HSBC, « Tony » est de loin le plus riche des 99 Maliens détenteurs de compte, avec 35,3 millions de dollars en 2007. Le Monde Afrique reviendra plus en détail sur son cas.

Sénégal et Côte d’Ivoire

Au Sénégal, on retrouve de rares et discrets entrepreneurs qui n’ont pas souhaité répondre à nos questions. Mais la majorité des millionnaires parmi les 309 détenteurs de compte sont des hommes d’affaires libanais implantés de longue date au pays de la teranga (hospitalité, en wolof). Il en va de même en Côte d’Ivoire où la communauté libanaise monopolise le fichier client HSBC. Ils sont garagistes, dans la fourniture de matériaux de bâtiment, dans la construction ou dans l’importation, à la tête d’une chaîne de boulangeries ou de magasins alimentaires, leurs comptes sont parfois crédités de plus de 35 millions de dollars. Ils forment le club des millionnaires ivoiriens de HSBC. Dans les fichiers consultés par Le Monde Afrique, figurent aussi un petit-fils de Félix Houphouët-Boigny ou encore Patrick Bedié, fils de l’ancien président Henri Konan Bedié, et exportateur de chocolat et de cacao. Ce dernier fut détenteur d’un compte chez HSBC de 1992 à 2000. Une période qui correspond à la présidence de son père, renversé par un coup d’Etat le 24 décembre 1999. Patrick Bedié n’a pas souhaité répondre à nos questions, comme la plupart des millionnaires d’Afrique subsaharienne de chez HSBC. Le secret bancaire suisse - ou ce qu’il en reste - compte de nombreux adeptes sur le continent.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/02/13/swissleaks-qui-sont-les-mi…
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MessagePosté le: Ven 13 Fév 2015 - 13:51    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 13 Fév 2015 - 14:01    Sujet du message: SwissLeaks Répondre en citant

Dans les données HSBC, les trafiquants de diamants ne sont pas non plus en reste. Parmi les clients : le Libanais Emmanuel Shallop, « condamné pour avoir trafiqué
et revendu pour 49 millions de dollars des diamants du sang pour des dirigeants du Front révolutionnaire uni en Sierra Leone ». Il disposait en 2006 de 2,9
millions de dollars chez HSBC. En 2001, il avait été mis en cause dans un rapport public du Conseil de sécurité de l’ONU.

Le quotidien Irish Times publie quant à lui une enquête sur Erez Daleyot, un magnat du diamant israélo-belge qui disposait de plus de 38 millions de
dollars sur des comptes ouverts au nom de sociétés enregistrées aux îles Vierges britanniques. Il est aujourd’hui visé par une enquête belge pour blanchiment
d’argent et évasion fiscale. L’examen des listes HSBC a permis d’identifier quelque 2 000 professionnels du diamant qui ont des partenaires ou une réputation troubles
ou sont sous enquête. Les journalistes de SwissLeaks racontent comment la banque a longtemps servi de coffre-fort aux diamantaires anversois. Avant de les
expulser sans ménagement en 2013, quand le fisc et la justice belge ont lancé des enquêtes.

« En 2009, peu après avoir obtenu les données d’Hervé Falciani, les autorités françaises ont cherché à savoir combien il y avait de comptes liés à des
criminels présumés chez HSBC Private Bank à Genève. Rien que sur les 2 956 noms de Français dans les fichiers, 120 correspondances avaient été trouvées
avec les différentes bases de données de la police nationale et d’Europol », écrit le Matin Dimanche. La banque genevoise n’a pas non
plus fait preuve de prudence sur le volet du financement du terrorisme. Elle a accueilli sans sourciller de riches Saoudiens soupçonnés aux États-Unis
d’avoir financé Ben Laden – le fameux réseau financier présumé du terrorisme « Golden Chain ». L’un deux disposait en 2006 de 70 millions de dollars sur son
compte.
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MessagePosté le: Ven 13 Fév 2015 - 14:04    Sujet du message: SwissLeaks Répondre en citant

Quant aux PEP – ces « personnes politiquement exposées » –, elles faisaient partie d’une clientèle particulièrement choyée. Des pratiques qui sont déjà
largement connues dans d'autres banques suisses. Dans les listings figurait du beau monde. Comme le révèle Le Monde, le roi du Maroc a pu en 2006 ouvrir un compte
sous un code « BUP » (business parter), et y abriter 7,9 millions d’euros pendant six mois. Ce dépôt était illégal puisque la législation marocaine interdit aux
résidents de détenir des fonds à l’étranger. Parmi les autres PEP épinglés : Li Xiaolin, la fille de l'ancien premier ministre chinois Li Peng (2,5 millions de dollars) ;
Rachid Mohamed Rachid, ancien ministre égyptien du commerce et de l’industrie condamné en juin 2011 pour abus de biens sociaux (31 millions de dollars) ;
Ramy Makhlouf (27 millions de dollars), le cousin du président syrien Bashar al-Assad, accusé en 2008 par le Département du Trésor américain de bénéficier d’un
vaste réseau de corruption en Syrie ; ou encore Belhassen Trabelsi, le frère de Leïla Ben Ali, l’épouse du dictateur (24 millions de dollars qui font partie des 60
millions d’avoirs bloqués en Suisse et que la Tunisie s’échine encore aujourd’hui à réclamer).
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MessagePosté le: Ven 13 Fév 2015 - 14:07    Sujet du message: SwissLeaks Répondre en citant

Le rôle des sociétés-écrans et des trusts

Les fichiers HSBC viennent ainsi ruiner le discours des autorités helvétiques sur la grande efficacité de l’outil législatif anti-blanchiment mis en place à la
fin des années 1990. Et ouvrent de nombreuses questions. En premier lieu, les articles révèlent l’emploi massif des sociétés-écrans et des trusts, ces
multiples paravents dressés virtuellement entre l’argent caché et son véritable bénéficiaire, aux îles Vierges, à Panama, à Luxembourg ou au Liechtenstein, à
Jersey mais aussi dans l’État américain du Delaware. Rappelons que selon l’économiste Gabriel Zucman, plus de 60 % des comptes en Suisse sont détenus
par l’intermédiaire de ces écrans.

Il faut aujourd’hui considérer sérieusement le fait que la plupart des ultra-riches ont peu de chances de tomber dans les mailles des filets des enquêteurs
qui travaillent sur la fraude fiscale. Principalement parce que leurs conseillers savent déployer tout l’arsenal autorisé par l’utilisation de ces coquilles vides,
destinées à faire perdre la trace, même aux limiers les plus acharnés. Tous les activistes de la transparence fiscale militent pour que ces sociétés-écrans et
ces trusts soient listés dans des registres internationaux, et publics. Or, le travail est en cours, mais pas encore complété, comme nous le détaillions.

En mars, le Parlement européen a voté à une très large majorité un texte prévoyant l'inscription du nom des bénéficiaires effectifs des sociétés-écrans, trusts et
autres fondations dans des registres publics, centralisés par pays et accessibles à tout citoyen en faisant la demande. Un immense pas en avant, puisque dans de très
nombreux pays européens, notamment en Grande-Bretagne, les trusts (dont Jersey est le champion) ne sont absolument pas répertoriés par les autorités, et encore
moins leurs propriétaires. Mais le vote du parlement n’était en rien contraignant.Cette proposition devait être adoptée par le Conseil européen, composé des
gouvernements des États membres.
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MessagePosté le: Ven 13 Fév 2015 - 14:09    Sujet du message: SwissLeaks Répondre en citant

Mais plusieurs pays, dont l’Allemagne, la Pologne ou l’Espagne, ont refusé que les listings soient rendus publics.

Jean-Claude Juncker, le président de la commission européenne et ancien dirigeant du Luxembourg, a décidé de conclure le plus vite possible. Et donc de
céder aux États réfractaires, en réservant les fichiers qui recenseront les trusts et les sociétés-écrans aux fiscs des États membres.

Il a simplement concédé le fait que devra être mise en place « la possibilité d’accès aux données par des tiers qui démontrent un intérêt légitime justifié », concernant les sociétés-écrans. Que veulent dire ces trois derniers mots ?

Mystère. Ils ne garantissent en tout cas pas l’accès à n’importe quel citoyen, ce que les eurodéputés avaient pourtant demandé. « Nous reconnaissons, et sommes
responsables des défaillances »

Sollicitée par le pool de journalistes d'investigation, la banque a refusé d’accorder un entretien, pour expliquer son rôle dans la multiplication des
sociétés-écrans comme dans toutes les autres activités douteuses où ses clients étaient impliqués. Son directeur général en Suisse, Franco Morra, a proposé une
interview écrite, par courriel, ce qui a été refusé. Dans une prise de position que l’on peut lire ici, la banque admet ses défaillances, ce qui constitue une première
dans le monde bancaire.
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