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Le suicide français - Eric Zemmour

 
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Marine
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MessagePosté le: Jeu 9 Oct 2014 - 18:21    Sujet du message: Le suicide français - Eric Zemmour Répondre en citant

« La France se couche. La France se meurt.
 

La France avait pris l'habitude depuis le XVIIe siècle et, plus encore, depuis la Révolution française, d'imposer ses idées, ses foucades mêmes, sa vision du monde et sa langue, à un univers pâmé devant tant de merveilles.

Non seulement elle n'y parvient plus, mais elle se voit contrainte d'ingurgiter des valeurs et des moeurs aux antipodes de ce qu'elle a édifié au fil des siècles.

Nos élites politiques, économiques, administratives, médiatiques, intellectuelles, artistiques, héritières de mai 68, s'en félicitent. Elles somment la France de s'adapter aux nouvelles valeurs.

Elles crachent sur sa tombe et piétinent son cadavre fumant. Elles en tirent gratification sociale et financière. Elles ont désintégré le peuple en le privant de sa mémoire nationale par la déculturation, tout en brisant son unité par l'immigration. Toutes observent, goguenardes et faussement affectées, la France qu'on abat ; et écrivent, d'un air las et dédaigneux, les dernières pages de l'Histoire de France .

Ce vaste projet subversif connaît aujourd'hui ses limites. Le voile se déchire. Il est temps de déconstruire les déconstructeurs. Année après année, événement après événement, président après président, chanson après chanson, film après film... L'histoire totale d'une déconstruction joyeuse, savante et obstinée des moindres rouages qui avaient édifié la France. »

Éric Zemmour se livre à une analyse sans tabou de ces quarante années qui, depuis la mort du général de Gaulle, ont « défait la France ».
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MessagePosté le: Jeu 9 Oct 2014 - 18:21    Sujet du message: Publicité

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napo


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MessagePosté le: Jeu 9 Oct 2014 - 18:52    Sujet du message: Le suicide français - Eric Zemmour Répondre en citant

Il est vachement gonflé le mec !! Issu d'une famille juive algérienne et son épouse, Mylène Chichportich, juive d'origine maghrébine. Des bons français pur porc !!
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Marine
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MessagePosté le: Jeu 9 Oct 2014 - 18:57    Sujet du message: Le suicide français - Eric Zemmour Répondre en citant

Il doit vraiment aimer la France Mr. Green   J'en mettrai quelques lignes plus tard Shocked

Pour le chroniqueur, ''Le Suicide français'' est ''un voyage à travers l'âme malheureuse de la France''. Il y analyse les quarante dernières années qui ont conduit à la déchéance de la France. Mais pour Ruth Elkrief, il y a ''dans certains chapitres, une sorte d'ivresse de la transgression''. ''Non mais il y a une angoisse de la destruction car la France que j'aime se liquéfie devant mes yeux'', a enchaîné Eric Zemmour.

http://www.metronews.fr/culture/le-suicide-francais-eric-zemmour-s-explique…
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Marine
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MessagePosté le: Jeu 9 Oct 2014 - 20:38    Sujet du message: Le suicide français - Eric Zemmour Répondre en citant

Introduction



La France est l’homme malade de l’Europe. Les
économistes évaluent sa perte de compétitivité. Les
essayistes dissertent sur son déclin. Les diplomates et les
soldats se plaignent en silence de son déclassement
stratégique. Les psychologues s’alarment de son
pessimisme. Les sondeurs mesurent son désespoir. Les
belles âmes dénoncent son repli sur soi. Les jeunes
diplômés s’exilent. Les étrangers les plus francophiles
s’inquiètent de la dégradation de son école, de sa culture,
de sa langue, de ses paysages, de sa cuisine même. La
France fait peur ; la France se fait peur. La France est de
moins en moins aimable ; la France ne s’aime plus. La
douce France vire à la France amère ; malheureux comme
Dieu en France ?

Les Français ne reconnaissent plus la France. La Liberté
est devenue l’anomie, l’Égalité, l’égalitarisme, la
Fraternité, la guerre de tous contre tous. « Tout a toujours
mal marché », disait, fataliste, l’historien Jacques
Bainville. « C’était mieux avant », lui rétorque,
nostalgique, l’écho populaire. Pourtant, rien n’a changé. Le
pays est en paix depuis soixante-dix ans ; la Ve République
fonctionne depuis cinquante ans ; les médias informent, les
politiques s’affrontent, les acteurs et les chanteurs
distraient, les grandes tables régalent, le petit noir est servi
chaud au zinc des bistrots ; les jambes des Parisiennes font
tourner les têtes.
La France ressemble à ces immeubles anciens, à la
façade intacte, car elle est classée monument historique,
mais où les intérieurs ont été mis sens dessus dessous pour
se conformer aux goûts modernes et au souci des
promoteurs de rentabiliser le moindre espace.
De loin, rien n’a changé, la rue a fière allure ; mais de
près, tout est dévasté : rien n’est plus « dans son jus »,
comme disent les spécialistes. Tout est intact ; seule l’âme
du lieu s’est envolée. Le président de la République
préside, mais il n’est plus un roi ; les politiques parlent,
mais ils ne sont plus entendus. Les médias ne sont plus
écoutés. Les intellectuels, les artistes, les grands patrons,
les éditorialistes, les économistes, les magistrats, les hauts
fonctionnaires, les élus sont suspectés. Les mots euxmêmes
sont faisandés : on « fait Église », quand on n’y va
plus ; on « fait famille », quand on divorce ; on « fait
France », quand on ne se sent plus français. On exalte le
« vivre ensemble », quand les communautés se séparent.
On « déclare la guerre à la finance », pour s’y soumettre ;
on « moralise le capitalisme », pour sauver les banques ;
on « dégraisse le mammouth », en l’engraissant ; on
impose la parité homme-femme en politique, quand elle
devient subalterne dans le mariage. La République « une et
indivisible » est plurielle et divisée comme jamais.
C’est la République-Potemkine. Tout est en carton-pâte.
Tout est factice. Tout est retourné, renversé, subverti.
L’Histoire est toujours notre code, mais c’est une Histoire
altérée, falsifiée, dénaturée. Ignorée pour mieux être
retournée. Retournée pour être mieux ignorée. Nous ne
savons plus où nous allons, car nous ne savons plus d’où
nous venons. On nous a appris à aimer ce que nous
détestions et à détester ce que nous aimions.
Comment en sommes-nous arrivés là ?
Notre passion immodérée pour la Révolution nous a
aveuglés et pervertis. On nous a inculqué que la France
était née en 1789, alors qu’elle avait déjà plus de mille ans
derrière elle. On ne cesse de nous répéter depuis quarante
ans que Mai 68 fut une révolution manquée, alors qu’elle a
vaincu. Il y a quarante ans, de Gaulle était le père de la
nation, et Daniel Cohn-Bendit, un joyeux rebelle.
Aujourd’hui, de Gaulle est l’homme qui dit non, et Cohn-
Bendit, l’icône de la nation. Dans l’imaginaire collectif de
notre époque, il y a un avant et un après 1968, comme il y
eut un avant et un après 1789 pour Michelet, et un avant et
un après Jésus-Christ pour l’Église. Avant : une France en
noir et blanc, patriarcale et xénophobe, repliée sur ellemême,
enfermée dans ses frontières et ses préjugés,
corsetée dans une morale rigoriste, confite en dévotion ;
une France laborieuse et soumise, les corps étriqués,
engoncés dans des vêtements austères et stricts, sous la
férule toujours injuste et souvent cruelle du Père sur les
Enfants, de l’Homme sur la Femme, du Blanc sur le Noir,
et l’enrégimentement obscurantiste dans les Églises,
catholique ou communiste. Après : une France en couleurs,
de toutes les couleurs, et « que cent fleurs
s’épanouissent », ouverte sur l’Europe et le Monde,
libérée de ses chaînes ancestrales et de ses haines
recuites ; une France hédoniste et égalitaire, une France de
toutes les libérations, de toutes les insolences, de toutes
les minorités, jusqu’à la plus petite minorité qui soit,
l’individu, nouveau Roi-Soleil magnifié par tous les
coryphées.
De nombreux ouvrages savants nuancèrent,
interrogèrent, contestèrent cette vision manichéenne ; mais
aucune subtilité mandarinale, aucune grille de lecture
idéologique, marxiste ou libérale, aucun récit des origines,
qu’il soit gaullien, communiste, encore moins chrétien, ne
parvinrent à remettre en cause la suprématie des nouveaux
Évangiles qui, véhiculés par la culture populaire à travers
les médias de masse, télévision, cinéma, chanson,
bercèrent les jeunes générations avec une efficacité
incomparable.
Si l’Histoire est le récit laissé par les vainqueurs, on
sait qui a gagné en Mai 68. Les contemporains se
laissèrent abuser. Parce que la révolution n’avait pas
réussi à conquérir le pouvoir, on en conclut qu’elle avait
échoué. Les apparences furent trompeuses. L’hélicoptère
du général de Gaulle ne fut pas arrêté à Varennes : il
réussit à rejoindre Massu, quand Louis XVI ne parvint
jamais à trouver l’armée des émigrés. Les enragés de Mai
68 affichaient fièrement la caricature du célèbre képi en
effigie : « La chienlit, c’est lui » ; mais ils ne réussirent
pas à renverser la Ve République. À Matignon, Georges
Pompidou expulsa Cohn-Bendit et négocia avec le
secrétaire général de la CGT, Georges Séguy. Il voulait
éteindre l’incendie de la « grève générale », pendant qu’il
philosophait sur « la crise de civilisation ». Avec le
soutien du peuple (la fameuse manifestation du 30 mai sur
les Champs-Élysées), le pouvoir gaulliste rétablit la
situation. L’État fut sauvé, mais pas la Société. Personne ne
s’en aperçut. De ce déchirement fondateur entre l’État, le
Peuple et la Société, sont nés la schizophrénie,
l’aveuglement, le désarroi propres à notre pays. Mai 68
n’a pas réussi à renverser le régime, mais a conquis la
Société au détriment du Peuple. On connaît la célèbre
phrase de Prévost-Paradol : « La Révolution a fondé une
société, elle cherche encore son gouvernement. » Les
soixante-huitards ont été plus habiles que les quarantehuitards
ou même les conventionnels. Leur défaite
politique les sauva malgré eux. La Ve République fut
maintenue. Mais l’édifice était lézardé. Pourri de
l’intérieur. Rendu peu à peu inopérant. Retourné. Comme
Auguste transmua la République romaine en Empire sans
toucher aux institutions de la sacro-sainte République, une
« évolution des mentalités » menée tambour battant vida
peu à peu de sa substance l’esprit de la République
gaullienne, bien que fussent conservées intactes les
apparences institutionnelles. La couronne du président lui
fut ôtée, sans le renverser. Le suffrage universel,
débranché pour se débarrasser du peuple. La République,
exaltée sans cesse pour mieux abattre la France. 1789,
sacralisé pour mieux imposer la revanche d’une contrerévolution
libérale que n’aurait pas reniée Burke.
Car la France sortie de 1789 avait consacré la victoire
du peuple contre les aristocrates, de la Nation contre les
rois, de la Loi contre les juges (les parlements), de l’État
contre les féodaux, des jacobins contre les girondins, de la
raison contre la superstition, des hommes retrempés dans
une virile vertu spartiate contre la domination émolliente
des femmes dans les salons et à la cour.
La France sortie de Mai 68 sonnerait la revanche des
oligarques sur le peuple, de l’internationalisme sur les
nations, des nouveaux féodaux sur l’État, des girondins sur
les jacobins, des juges sur la loi, de la féminité sur la
virilité.
Sur le moment, les meilleurs esprits s’aveuglèrent. Mai
68 fut une révolution inédite et surprenante : pour la
première fois dans l’Histoire, les habituels perdants
l’emportaient. Les anarchistes prirent leur revanche sur les
staliniens, les libertaires sur les autoritaires, Proudhon sur
Marx, les communards sur les versaillais, les mencheviks
sur les bolcheviks, les anarchistes espagnols sur les
communistes. Cohn-Bendit repoussa au fond des cortèges
de manifestants Georges Marchais et ces « chiens de
communistes ». L’« anarchiste allemand » ridiculisa
l’ancien STO de Messerschmitt. Dans les mémoires, le
monôme étudiant supplanta la grève générale.


Dernière édition par Marine le Jeu 9 Oct 2014 - 20:42; édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 9 Oct 2014 - 20:40    Sujet du message: Le suicide français - Eric Zemmour Répondre en citant

Les gardiens de la révolution avaient raison de se
méfier. Les nouvelles revendications féministes et
libertaires détruisirent de l’intérieur leurs rugueuses
organisations sous le regard amusé des innombrables
« indics » du ministre de l’Intérieur de l’époque, Raymond
Marcellin. Les femmes des austères révolutionnaires se
révoltèrent contre les ultimes représentants du patriarcat
occidental qu’incarnaient ces révolutionnaires
communistes : « Qu’est-ce qui est le plus long ? Cuire le
steak d’un révolutionnaire ou celui d’un bourgeois ? »
Dans son remarquable ouvrage, Mai 68 ou l’héritage
impossible, Jean-Pierre Le Goff 1 expliquera que l’échec
du militantisme gauchiste entre 1970 et 1973 « procède
beaucoup moins des divergences politiques “objectives”
qui opposent les discours des différents groupuscules […]
que d’un phénomène dont la portée fut largement sousestimée
: le développement du courant de libération du
désir et l’irruption du féminisme ».
Sur le plan idéologique, la domination inédite des
libertaires préparait le terrain aux libéraux. Les
mouvements féministes annonçaient la fin du patriarcat ; le
« il est interdit d’interdire », la mort du père et de toute
autorité. L’influence communiste dans l’Éducation
nationale avait converti les chères têtes blondes grandies
dans les années 1960 à un internationalisme qui niait les
nations.
Le triptyque soixante-huitard : Dérision, Déconstruction,
Destruction, sapa les fondements de toutes les structures
traditionnelles : famille, nation, travail, État, école.
L’univers mental de nos contemporains devint un champ de
ruines. Le succès intellectuel des sciences humaines
détruisit toutes les certitudes. Comme l’avait deviné dès
1962 Claude Lévi-Strauss : « Le but dernier des sciences
humaines n’est pas de constituer l’homme, mais de le
dissoudre. » L’heure venue, le Marché s’emparera sans
mal de ces hommes déracinés et déculturés pour en faire
de simples consommateurs. Les hommes d’affaires sauront
utiliser l’internationalisme de leurs adversaires les plus
farouches, pour imposer la domination sans partage d’un
capitalisme sans frontière.
Jean-François Revel, bien que porté par un
antimarxisme militant qui l’aveuglait souvent, fut un des
rares intellectuels français à deviner ce qui se passait.
Peut-être une affaire de génération : il était né vingt ans
après les Sartre et Aron. Il n’avait pas leur vision
traditionnelle de la révolution. Dans son livre qui le rendit
célèbre dans le monde entier, Ni Marx ni Jésus 2, Revel
eut la formidable intuition que la révolution ne viendrait
pas de Moscou, de La Havane, de Pékin, ou même de
Paris, mais qu’elle était partie de San Francisco. La
révolution serait libérale ou ne serait pas. La révolution
serait encore une fois américaine, même si, comme au
XVIIIe siècle, la révolution française parvint à aimanter
tous les regards. Revel vit dans Woodstock la révolution
des individus ; et dans les mouvements noirs, féministes et
gays, la révolution des minorités. Il comprit que la
conjonction des deux forgeait, dans les universités
américaines des années 1960, ce politically correct qui
balaierait la société traditionnelle et patriarcale. Ni Marx :
en France, les révolutionnaires de Mai 68 utilisaient la
langue marxiste, pour accoucher d’une révolution
capitaliste. Ni Jésus : la quasi-extinction de la pratique du
culte catholique accoucha d’un postchristianisme, une sorte
de millénarisme chrétien sans le dogme (« les fameuses
idées chrétiennes devenues folles » de Chesterton) mariant
un universalisme qui vira au « sans-frontiérisme » et un
amour de l’autre poussé jusqu’à la haine de soi. Un
pacifisme absolu, tiré encore des Évangiles, se dénatura en
un refus absolu de toute guerre, de tout conflit, de toute
violence, associés à la virilité, par ailleurs dénoncée par
les féministes comme coupable de tous les maux.
Ces vagues de féminisation et d’universalisme
postchrétien brisèrent les digues d’une France encore
patriarcale, reposant sur l’imperium du père, à la maison
comme à la tête de l’État.
La victoire de la révolution passait par la mort du père.
De tous les pères. C’était la condition indispensable d’une
révolution réussie. Déjà, en 1793, la condamnation à mort
de Louis XVI, comme l’avait noté Balzac, avait guillotiné
tous les pères. Mais Bonaparte, avec le Code civil, avait
remis le père sur son trône. De Gaulle avait même réussi,
au bout de cent cinquante ans de tâtonnements
institutionnels, à le remettre à la tête de l’État. C’est ce
travail séculaire de restauration qui a été saccagé.
Notre époque a été tout entière dessinée par Mai 68.
Non les événements eux-mêmes, copie plutôt médiocre et
souvent parodique des grandes heures révolutionnaires des
XVIIIe et XIXe siècles ; mais le récit épique qui en a été
forgé, les leçons qui en ont été tirées, les élites qui s’y sont
révélées, les slogans qui y ont été scandés (« Il est interdit
d’interdire », « CRS-SS », « Nous sommes tous des Juifs
allemands », etc.), l’univers mental, culturel, idéologique
qui en est sorti, ont façonné le nouveau visage de notre
pays. Comme les révolutionnaires parisiens de 1789
imposèrent leurs foucades idéologiques successives à une
province fascinée et passive, les Enragés de 68 ont
enseigné leur vision du monde et de « ce pays », comme ils
disent, à un peuple rétif mais résigné. Nous sommes tous
les enfants de Mai 68, ou plutôt des quarante ans qui ont
suivi. Les « événements » auront été nos « trompettes de
Jéricho » : pendant quelques jours, les rebelles tournèrent
autour des remparts qui, depuis lors, n’ont jamais cessé de
s’effondrer. Et nous chérissons nos ruines davantage que
les plus beaux édifices.
Maurras exalta jadis les quarante rois qui ont fait la
France ; il nous faut désormais conter les quarante années
qui ont défait la France.
Il est temps de déconstruire les déconstructeurs. Année
après année, événement après événement, président de la
République après président de la République, loi après
loi, élection après élection, intellectuel après intellectuel,
unes des médias après unes des médias, réforme scolaire
après réforme scolaire, traité après traité, patron après
patron, livre après livre, chanson après chanson, film
après film, match de football après match de football.
L’histoire totale d’une déconstruction joyeuse, savante et
obstinée des moindres rouages qui avaient édifié la
France ; histoire d’une dépossession absolue, d’une
désintégration inouïe ; d’une dissolution dans les « eaux
glacées » de l’individualisme et de la haine de soi.
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MessagePosté le: Jeu 9 Oct 2014 - 20:46    Sujet du message: Le suicide français - Eric Zemmour Répondre en citant

Du même auteur

Balladur, immobile à grands pas, Grasset, 1995.

Le Livre noir de la droite, Grasset et Fasquelle, 1998.

Le Coup d’État des juges, Grasset et Fasquelle, 1998.

Une certaine idée de la France , Collectif, France-Empire, 1998.

Les Rats de garde, en collaboration avec Patrick Poivre d’Arvor, Stock, 2000.

L’Homme qui ne s’aimait pas, Balland, 2002.

Le Premier Sexe, Denoël, 2006.

Mélancolie française, Fayard/Denoël, 2010.

Z comme Zemmour, Le Cherche Midi, 2011.

Le Bûcher des Vaniteux, Albin Michel, 2012.

Le Bûcher des Vaniteux 2, Albin Michel, 2013.

ROMANS
Le Dandy rouge, Plon, 1999.
L’Autre, Denoël, 2004.
Petit frère, Denoël, 2008.
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MessagePosté le: Mar 2 Déc 2014 - 01:15    Sujet du message: Le suicide français - Eric Zemmour Répondre en citant

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napo


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MessagePosté le: Mar 2 Déc 2014 - 08:31    Sujet du message: Le suicide français - Eric Zemmour Répondre en citant

Marine, le débat de cette vidéo pourrait être intéressant si ces deux idiots arrêtaient de se couper la parole s'en arrêt.
Quant à la féminisation de la société, je suis toujours surprise d'entendre ça, j'aurais bien voulu qu'il développe ses arguments. Surtout qu'ensuite il parle d'islamisation de la société française (l'islam se féminiserait-il ?).
Maintenant, au sujet de l'immigration, il y va un peu fort sur certains points comme par exemple le fait qu'il voudrait qu'un étranger qui travaille n'aurait pas droit à des allocations familiales.
Et qu'est ce que les juifs viennent faire là-dedans ?
Bref, cette conversation est un vrai chaos  Sad
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MessagePosté le: Mar 2 Déc 2014 - 11:19    Sujet du message: Le suicide français - Eric Zemmour Répondre en citant

C'est le problème de Bourdin, qui pense qu'en allant vite en paroles et questions, il va pièger son interlocuteur, une tentative de destabilisation qui gâche tout ! une sorte de mise à l'épreuve , c'est pas un mal non plus.

dommage je l'aime bien, je suis en train de lire son livre à Bourdin, j'en toucherai deux mots dans ce forum.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:19    Sujet du message: Le suicide français - Eric Zemmour

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